Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport d'Ivato le 15 mars vers 22 h, après 11 heures de vol depuis Paris avec Air Austral. Première galère : les deux valises de ma copine n'ont pas suivi. On les a récupérées deux jours plus tard à l'hôtel Ibis Antananarivo Ankorondrano, rue Rainitambo. Rien de dramatique, mais suffisant pour qu'on louent des vêtements de rechange au marché Analakely le lendemain matin. Antananarivo nous a saisis à la gorge dès la première promenade. Le bruit : des klaxons constants, des pousse-pousse qui criaillent partout, les vendeurs des petits restaurants de rue qui crient leurs prix. La ville grimpe sur sept collines, les rues sont étroites, les maisons coloniales côtoient des constructions en tôle. On a pris le taxi-brousse depuis la gare routière d'Anosibe (nord de la ville) pour Andasibe, un trajet de 3 heures sur une route défoncée. Le taxi, une vieille Renault 21 jaune et orange, était bourré : nous quatre assis à l'avant, cinq à l'arrière, deux sur le toit. Pas exagéré, c'est comme ça qu'on roule ici. Andasibe nous a changé de la capitale. La forêt tropicale vous enveloppe littéralement : cette odeur d'humidité mélangée à la décomposition de la matière organique, c'est entêtant. On s'est levés à 5 h du matin le 18 mars pour une sortie guidée dans la réserve spéciale d'Analamazaotra. Notre guide, Rakoto, nous a montré les lémurs indris qui hurlent une sorte de chant mélodieux – c'est dingue, c'est pas un bruit d'animal ordinaire. Prix du guide : 200 000 ariary pour cinq heures (environ 45 euros). On a vu aussi des caméléons minuscules, des orchidées qui sortaient de nulle part. Rakoto nous a expliqué que la forêt rétrécit d'année en année à cause du déboisement. On l'a senti, cette tension. À Andasibe même, on a mangé dans un petit restaurant sans enseigne, juste un panneau « Chez Lanto » peint à la main. Riz avec un mélange de légumes et des crevettes d'eau douce, environ 25 000 ariary (5,50 euros). Le goût était léger, un peu bland, mais ça remontait bien. On a dormi deux nuits à l'hôtel Feon'ny Ala (chambre double : 180 euros la nuit, avec petit-déj). L'eau chaude venait au compte-gouttes, mais on s'en est fait une raison. Direction l'île Sainte-Marie ensuite. On a pris un vol domestique Air Madagascar depuis Antananarivo (40 euros par personne, décollage 11 h 15). L'avion, un ATR 72, était petit et bruyant. Arrivée à Ambodifotatra à 13 h 45. L'île est minuscule, plate, avec des plages de sable blanc. On a trouvé un bungalow chez Bella Vue Bungalows sur la plage nord : 90 euros la nuit pour un petit bungalow avec ventilateur (pas de clim). Le propriétaire, un Français établi là depuis 20 ans, nous a conseillé d'éviter la plage sud après 17 h (pas sûr, paraît-il). On a croisé des baleines à bosse, c'était le 20 mars, en plein saison migratoire. On a payé une sortie en bateau avec Captain Ovy : 60 euros pour trois heures. Les baleines passaient à environ 500 mètres du bateau, ça restait lointain, mais l'expérience valait le coup. J'ai senti l'embrun salé sur mon visage, cette température qui monte d'un coup quand le soleil tape vraiment. C'était bon. Petit moment chiant : on s'est fait proposer un « excursion à la plage privée » par un type rencontré à l'hôtel. Tarif annoncé : 80 euros. On a découvert après que la plage était juste à 200 mètres et qu'il était guide touristique officiel nulle part – juste un mec qui nous prenait 80 euros pour une balade qu'on aurait pu faire seuls. On a payé 40 euros et c'est tout. C'est pas une arnaque massale, mais c'est du opportunisme bien connu ici. Retour sur le continent : vol retour le 22 mars vers Antananarivo, puis une demi-journée avant le vol international. On a mangé des brochettes de zébu à la gare routière d'Anosibe avant de partir : viande grillée sur charbon, épicée, 15 000 ariary (3,30 euros la brochette). Savoureux, gras, rassasiant. On a aussi goûté du rhum arrangé malgache au bar Le Trianon (avenue de l'Indépendance) : 25 000 ariary le verre (rhum local avec fruits macérés, pas mauvais du tout). Madagascar, c'est pas fluide. Les routes sont pourries, les gens parlent vite et mélangent français et malgache, les tarifs touristiques sont flous. Mais la nature est hyper préservée, les gens sont souriants même quand rien ne fonctionne, et il y a une honnêteté dans le chaos qui finit par placer.
Les bons plans repérés sur place.
Réserve spéciale d'Analamazaotra : voir les lémurs indris au lever du jour avec le guide Rakoto (environ 45 euros, départ 5 h 30)
Marché Analakely à Antananarivo : fruits, épices, vêtements, ambiance bruyante et vivante (venez avec du cash, aucun DAB fiable)
Baie de Sainte-Marie en saison des baleines (juillet-septembre) : sorties en bateau Captain Ovy, 60 euros pour 3 heures
Taxi-brousse depuis Anosibe vers Andasibe : l'expérience de route malgache pure, 3 heures, 40 000 ariary (9 euros)
Chez Lanto à Andasibe : petit resto sans enseigne, riz crevettes d'eau douce, 25 000 ariary, cadre local authentique
Photos — Antananarivo / Andasibe / Île Sainte-Marie
Et au final.
On revient avec les jambes molles et l'envie de dormir 48 heures, c'est vrai. Antananarivo nous a usés avec son bruit et son agitation : on aurait préféré moins de temps en capitale, plus dans les forêts. Mais la réserve d'Andasibe et Sainte-Marie ont compensé les galères. À faire, mais avec de la patience.
