Deux semaines à Antananarivo et la Côte Est : entre chaos urbain et forêts primaires
CarnetMadagascar202614 jours

Deux semaines à Antananarivo et la Côte Est : entre chaos urbain et forêts primaires

On a débarqué à l'aéroport d'Ivato le 15 mars vers 22 h, après 11 heures de vol depuis Paris avec Air Austral. Première galère : les deux valises de ma copine n'ont pas suivi. On les a récupérées deux jours plus tard à…

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Publié le · mis à jour le
14 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a débarqué à l'aéroport d'Ivato le 15 mars vers 22 h, après 11 heures de vol depuis Paris avec Air Austral. Première galère : les deux valises de ma copine n'ont pas suivi. On les a récupérées deux jours plus tard à l'hôtel Ibis Antananarivo Ankorondrano, rue Rainitambo. Rien de dramatique, mais suffisant pour qu'on louent des vêtements de rechange au marché Analakely le lendemain matin. Antananarivo nous a saisis à la gorge dès la première promenade. Le bruit : des klaxons constants, des pousse-pousse qui criaillent partout, les vendeurs des petits restaurants de rue qui crient leurs prix. La ville grimpe sur sept collines, les rues sont étroites, les maisons coloniales côtoient des constructions en tôle. On a pris le taxi-brousse depuis la gare routière d'Anosibe (nord de la ville) pour Andasibe, un trajet de 3 heures sur une route défoncée. Le taxi, une vieille Renault 21 jaune et orange, était bourré : nous quatre assis à l'avant, cinq à l'arrière, deux sur le toit. Pas exagéré, c'est comme ça qu'on roule ici. Andasibe nous a changé de la capitale. La forêt tropicale vous enveloppe littéralement : cette odeur d'humidité mélangée à la décomposition de la matière organique, c'est entêtant. On s'est levés à 5 h du matin le 18 mars pour une sortie guidée dans la réserve spéciale d'Analamazaotra. Notre guide, Rakoto, nous a montré les lémurs indris qui hurlent une sorte de chant mélodieux – c'est dingue, c'est pas un bruit d'animal ordinaire. Prix du guide : 200 000 ariary pour cinq heures (environ 45 euros). On a vu aussi des caméléons minuscules, des orchidées qui sortaient de nulle part. Rakoto nous a expliqué que la forêt rétrécit d'année en année à cause du déboisement. On l'a senti, cette tension. À Andasibe même, on a mangé dans un petit restaurant sans enseigne, juste un panneau « Chez Lanto » peint à la main. Riz avec un mélange de légumes et des crevettes d'eau douce, environ 25 000 ariary (5,50 euros). Le goût était léger, un peu bland, mais ça remontait bien. On a dormi deux nuits à l'hôtel Feon'ny Ala (chambre double : 180 euros la nuit, avec petit-déj). L'eau chaude venait au compte-gouttes, mais on s'en est fait une raison. Direction l'île Sainte-Marie ensuite. On a pris un vol domestique Air Madagascar depuis Antananarivo (40 euros par personne, décollage 11 h 15). L'avion, un ATR 72, était petit et bruyant. Arrivée à Ambodifotatra à 13 h 45. L'île est minuscule, plate, avec des plages de sable blanc. On a trouvé un bungalow chez Bella Vue Bungalows sur la plage nord : 90 euros la nuit pour un petit bungalow avec ventilateur (pas de clim). Le propriétaire, un Français établi là depuis 20 ans, nous a conseillé d'éviter la plage sud après 17 h (pas sûr, paraît-il). On a croisé des baleines à bosse, c'était le 20 mars, en plein saison migratoire. On a payé une sortie en bateau avec Captain Ovy : 60 euros pour trois heures. Les baleines passaient à environ 500 mètres du bateau, ça restait lointain, mais l'expérience valait le coup. J'ai senti l'embrun salé sur mon visage, cette température qui monte d'un coup quand le soleil tape vraiment. C'était bon. Petit moment chiant : on s'est fait proposer un « excursion à la plage privée » par un type rencontré à l'hôtel. Tarif annoncé : 80 euros. On a découvert après que la plage était juste à 200 mètres et qu'il était guide touristique officiel nulle part – juste un mec qui nous prenait 80 euros pour une balade qu'on aurait pu faire seuls. On a payé 40 euros et c'est tout. C'est pas une arnaque massale, mais c'est du opportunisme bien connu ici. Retour sur le continent : vol retour le 22 mars vers Antananarivo, puis une demi-journée avant le vol international. On a mangé des brochettes de zébu à la gare routière d'Anosibe avant de partir : viande grillée sur charbon, épicée, 15 000 ariary (3,30 euros la brochette). Savoureux, gras, rassasiant. On a aussi goûté du rhum arrangé malgache au bar Le Trianon (avenue de l'Indépendance) : 25 000 ariary le verre (rhum local avec fruits macérés, pas mauvais du tout). Madagascar, c'est pas fluide. Les routes sont pourries, les gens parlent vite et mélangent français et malgache, les tarifs touristiques sont flous. Mais la nature est hyper préservée, les gens sont souriants même quand rien ne fonctionne, et il y a une honnêteté dans le chaos qui finit par placer.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Réserve spéciale d'Analamazaotra : voir les lémurs indris au lever du jour avec le guide Rakoto (environ 45 euros, départ 5 h 30)

2

Marché Analakely à Antananarivo : fruits, épices, vêtements, ambiance bruyante et vivante (venez avec du cash, aucun DAB fiable)

3

Baie de Sainte-Marie en saison des baleines (juillet-septembre) : sorties en bateau Captain Ovy, 60 euros pour 3 heures

4

Taxi-brousse depuis Anosibe vers Andasibe : l'expérience de route malgache pure, 3 heures, 40 000 ariary (9 euros)

5

Chez Lanto à Andasibe : petit resto sans enseigne, riz crevettes d'eau douce, 25 000 ariary, cadre local authentique

Album · 9 photos

Photos — Antananarivo / Andasibe / Île Sainte-Marie

Deux semaines à Antananarivo et la Côte Est : entre chaos urbain et forêts primaires
Antananarivo / Andasibe / Île Sainte-Marie — 2
Antananarivo / Andasibe / Île Sainte-Marie — 3
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Conclusion

Et au final.

On revient avec les jambes molles et l'envie de dormir 48 heures, c'est vrai. Antananarivo nous a usés avec son bruit et son agitation : on aurait préféré moins de temps en capitale, plus dans les forêts. Mais la réserve d'Andasibe et Sainte-Marie ont compensé les galères. À faire, mais avec de la patience.

En résumé

Avis Antananarivo / Andasibe / Île Sainte-Marie : carnet de voyage de 14 jours par clementv-voyages

Destination
Antananarivo / Andasibe / Île Sainte-Marie
Pays
Madagascar
Durée
14 jours
Période
mars · Printemps
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@clementv-voyages
L'essentiel

Antananarivo / Andasibe / Île Sainte-Marie en bref

Pourquoi choisir Antananarivo / Andasibe / Île Sainte-Marie

  • Forêts primaires exceptionnelles avec lémurs indris au chant unique à Andasibe
  • Observation des baleines à bosse en saison migratoire, mars-avril, depuis l'île Sainte-Marie
  • Immersion authentique dans une capitale chaotique mais honnête et souriante
  • Coût de vie très bas : repas complets 5-10 euros, guides 45 euros pour expériences complètes
  • Nature préservée contrastant radicalement avec l'agitation urbaine d'Antananarivo

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête de nature primaire et biodiversité unique
  • Couples tolérants au chaos urbain et aux conditions spartiates
  • Aventuriers acceptant routes défoncées et inconfort relatif
  • Naturalistes et observateurs de faune sauvage
  • Backpackers cherchant destinations authentiques et bon marché

À éviter si…

  • Vous exigez confort moderne, eau chaude régulière et infrastructure lisse
  • Le bruit, la foule et l'agitation urbaine vous insupportent
  • Vous êtes allergique aux négociations tarifaires et aux guides opportunistes
  • Vous avez peu de patience pour les défaillances logistiques récurrentes
À découvrir aussi
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Questions fréquentes

FAQ — Antananarivo / Andasibe / Île Sainte-Marie

Combien de temps faut-il prévoir à Antananarivo ?

Le récit suggère 2-3 jours maximum. La capitale est bruyante, agitée et épuisante. Le temps gagné peut être réinvesti dans les forêts, où l'expérience est plus enrichissante. Les visites essentielles : marché Analakely et gare routière d'Anosibe.

Est-ce que le trajet en taxi-brousse à Andasibe est vraiment comme décrit ?

Oui, les taxis-brousses sont surpeuplés (9-10 personnes dans une Renault 21, passagers sur le toit inclus) et la route est effectivement défoncée. Comptez 3 heures pour 140 km. C'est inconfortable mais l'expérience fait partie du voyage.

Quel est le meilleur moment pour observer les lémurs indris à Andasibe ?

L'aube (5 h du matin) dans la réserve spéciale d'Analamazaotra. Les indris sont vocalisants et visibles à cette heure. Prévoyez un guide local (environ 45 euros pour 5 heures) comme Rakoto, qui explique aussi le déboisement en cours.

Combien coûte un séjour à l'île Sainte-Marie ?

Comptez 90 euros/nuit pour un bungalow simple (Bella Vue Bungalows), les sorties en bateau 60 euros pour 3 heures, et les repas 5-10 euros. Attention : certains guides non officiels proposent des excursions gonflées (80 euros négociables à 40).

Quelle est la meilleure saison pour voir les baleines à bosse ?

Mars-avril, saison migratoire. L'observation se fait à 500 mètres du bateau environ, mais l'expérience vaut le détour. Réservez avec Captain Ovy ou des opérateurs locaux officiels.

Quel est le coût de la vie réel à Madagascar ?

Les repas locaux coûtent 5-10 euros (riz, légumes, crevettes d'eau douce), les brochettes de zébu 3,30 euros, le rhum arrangé 5,50 euros. Les guides touristiques officiels demandent 45 euros pour 5 heures. Les hôtels vont de 90 à 180 euros/nuit.

Y a-t-il des arnaques touristiques à Sainte-Marie ?

Oui, du petite opportunisme : guides non officiels proposant des excursions simples à prix gonflés (plages à 200 mètres facturées 80 euros). Négocier ou refuser. Évitez la plage sud après 17 h selon les recommandations locales.