Comment ça s'est passé.
Levé à 4 h 30 du matin à l'hôtel Safari Park Hotel de Nairobi pour attraper le vol Kenya Airways KQ 100 de 6 h 15 vers la Masai Mara. L'air était frais, humide, chargé de l'odeur du café kenyan en grain qu'on servait au bar de l'hôtel. J'ai commandé un cappuccino local (350 KES, soit 2,40 euros) avant de monter dans un taxi jaune et noir qui m'a traîné dans les embouteillages de Langata Road pendant une heure et demie. Le chauffeur, habituellement sympathique, roulait comme un fou entre les minibus colorés de Nairobi, presque me faire rater mon vol. Une fois arrivé à la Masai Mara National Reserve, installé au camp Serena Mara pour trois nuits, j'ai compris pourquoi on parle de ce coin. La première sortie en jeep, à 6 h 45, les lions dormaient sous les acacias éparpillés sur la savane ocre. Le son des oiseaux qui se réveillaient, c'était dingue. On en a compté quatre tués la veille : antilopes gnou, zèbres. J'ai sentir la chaleur sèche du soleil qui monte d'un coup vers 8 h, ça sèche les lèvres en deux minutes. Nairobi : trois jours de ville dureAvant le safari, j'ai passé trois jours à Nairobi. Descendu à l'hôtel Crowne Plaza sur Upper Hill, chambre 412. J'ai bouffé au restaurant Thorn Tree Café du hotel, espèce de tradition touristique un peu surfaite : nyama choma (brochettes de viande) à 800 KES, ugali (farine de maïs) à 300 KES. C'était bon mais pas transcendant. Le problème vrai, c'est qu'on se sent observé tout le temps. J'ai été escroqué une fois au marché de City Market : on m'a refilé des fausses pierres de soapstone pour 2 000 KES que j'ai réussi à rendre en engueulant le vendeur. J'ai pris le bus Akamba au départ du terminal Accra dans le centre-ville pour aller à Kibera, le plus grand bidonville d'Afrique de l'Est. Expérience crue, déstabilisante. Les ruelles sont étroites, les tôles rouillées, les enfants qui jouent dans les flaques d'eau. Pas de tourisme sucré, juste le réel de Nairobi. J'ai mangé du githeri (maïs et haricots rouges) avec une dame qui tenait un petit stand : 150 KES, délicieux. Le goût fumé des grains de maïs bouillis, ça change complètement du nyama choma des hôtels. Masai Mara : quatre jours de peur et d'aubeRetour à la Masai Mara. Les deux dernières sorties en jeep avec mon guide Jackson (excellent, connaissait chaque léopard par son surnom), j'ai vu des charges de troupeaux, un combat de girafes, des éléphants à trois mètres de la jeep. Le soir, au camp, on dînait sous les étoiles à 19 h 30, repas buffet classique mais efficace. Un soir, hyène qui s'est approchée des tentes à 23 h, les gardiens ont dû crier, sons glaçants. Ça m'a vraiment foutu la boule au ventre, même si statistiquement c'est sans danger. Le jour du départ, trajet retour de quatre heures en petite route défoncée avant le vol de retour à Nairobi. Le minibus Prestige Shuttle était climatisé mais en panne pendant 40 minutes. On a patienté sous un baobab, à 32 °C, en buvant de l'eau tiède. Un vrai moment de galère. Nairobi National Museum : entrée 800 KES, squelette de Lucy impressionnant, mais musée moyenâtre dans l'ensemble.Giraffe Centre à Nairobi : les girafes de Rothschild qui mangent dans ta main, c'est sympa mais très touristique, 2 000 KES.Marché de Maasai Market le dimanche matin : artisanat, faux et vrai mélangés, mais c'est là qu'on trouve les vrais prix.
Les bons plans repérés sur place.
Masai Mara au lever du soleil : jeep à 6 h 45 avec Jackson, lions visibles à 100 m
City Market de Nairobi : marché aux épices, négociation obligatoire, nyama choma grillée sur place
Restaurant Serena Mara du camp : repas sous les étoiles avec bruits de hyènes la nuit
Kibera à pied : le bidonville réel, pas un musée, une révélation
Route défoncée entre Masai Mara et aéroport : panne de 40 min sous baobab, jus d'orange frais vendu par enfants locaux
Photos — Nairobi / Masai Mara
Et au final.
Kenya, c'est intense et pas toujours facile. Le safari de la Masai Mara dépasse les attentes, mais Nairobi peut être oppressante : on y croise de vraies inégalités, il faut rester attentif. Les prix augmentent vite pour les touristes, la circulation est infernale. Malgré ça, je repartirais, mais plus prudent et mieux préparé.
