Comment ça s'est passé.
Levé à 4 h 30 le premier matin à l'hôtel Ibis Styles Nairobi Centre, près de la gare routière Nairobi Coach Service. La douche chaude n'a fonctionné que 5 minutes. J'ai avalé un chapati-œuf au café d'en bas (200 KES, environ 1,50 euro) en regardant les taxis jaunes et noirs s'entasser sur Koinange Street. Le bruit des klaxons, incessant, m'a rappelé que Nairobi n'est pas une ville calme. Premier jour consacré au musée national du Kenya, situé en bordure du parc Uhuru. L'entrée coûte 1000 KES (7 euros). Les squelettes de dinosaures et les crânes hominidés m'ont fasciné, mais la climatisation brisée rendait la visite étouffante. L'odeur du lino mouillé envahissait les corridors. Un enfant kényane à côté de moi pointait du doigt chaque fossile avec une excitation que je n'oublierai pas. Deuxième jour, tentative ratée pour visiter le marché de Kibera. Notre minibus (guide local nommé David) s'est retrouvé coincé deux heures dans les embouteillages de Mombasa Road. David a dit « bienvenue au Kenya » avec un sourire las. On a rebroussé chemin et mangé des samosas chez Mama Ouma, petite gargote cachée près de la station Shell de Westlands. Les samosas à la viande coûtaient 30 KES pièce, croustillants et savoureux. C'était mon moment marquant de ce jour : assis sur un tabouret en plastique, conversant avec des travailleurs locaux. L'un d'eux m'a conseillé les bus de la compagnie Coastal Sands pour rejoindre Masai Mara ; il se trompait, ce bus était complet le lendemain. Le mercredi, départ à 6 h 15 en minibus privé pour Masai Mara National Reserve. Cinq heures de route sur la B3, paysage alternant villes endormies (Narok) et savane ocre. L'air sec du Rift Valley m'a asséché les lèvres. Arrivée au lodge Naibor Serena vers midi. Chambre 42, vue sur la plaine. Le responsable, Joseph, m'a remis un dossier avec les horaires des safaris et la liste des animaux à photographier. Trois safaris en jeep ouverte. Le premier, à 14 h, n'a livré que des girafes et des zèbres lointains. Mais le lendemain à l'aube, levé à 5 h 45, le guide Patrick nous a menés vers un troupeau de gnous en pleine traversée du Mara River. Environ 2 000 gnous pressés les uns contre les autres, beuglements sourds, tonnerre des sabots. Un jeune gnou s'est noyé à 50 mètres de nous. J'ai ressenti un malaise étrange, mélange de fascination et de culpabilité d'assister sans agir. Temperature extérieure : 32 degrés à 6 h du matin. Repas au lodge : lunch très cher (1 800 KES = 13 euros pour une salade de fruits et du poulet). Dîner servi à 19 h, buffet sans choix réel. J'ai mangé du nyama choma (viande grillée) trois soirs de suite, la seule option carnée décente du menu. Quatrième jour au Mara, guide différent, moins loquace. Nous avons croisé une mère lion et ses trois lionceaux sous un acacia. Patrick a coupé le moteur de la jeep. Silence total durant 20 minutes, sauf le souffle du vent et les cris d'oiseaux. Les lionceaux jouaient, se mordillaient. Aucun filtre Instagram ne peut restituer cette intensité. Retour à Nairobi le samedi matin, même route, même minibus défaillant (climatisation capricieuse). Arrêt à Narok pour ravitaillement : mangues à 50 KES pièce chez un vendeur ambulant. Arrivée à Nairobi vers 18 h. Dernier soir à l'Ibis, dîner au restaurant Tamambo (petite pizzeria italienne rue Loita), pizza moyenne (1 200 KES). Départ dimanche 10 h 30 via Kenya Airways pour Bruxelles. L'aéroport Jomo Kenyatta est moderne mais congestionné. Files d'attente à la douane jamais moins de 45 minutes.
Les bons plans repérés sur place.
Masai Mara National Reserve au lever du soleil (5 h 45) : la traversée des gnous vaut vraiment le réveil
Marché de Wakulima Way à Nairobi : fruits tropicaux bon marché, ambiance locale authentique, présent dès 7 h
Lodge Naibor Serena, chambre vue plaine : coucher de soleil sur 40 km de brousse sans obstacle
Gare de Nairobi Coach Service : prendre un bus de jour, jamais la nuit (moins de criminels repérés)
Restaurant Carnivore à Nairobi : viandes variées (buffle, girafe, zèbre testés), 1 500 KES avec boisson
Photos — Nairobi / Masai Mara
Et au final.
Le Kenya m'a marqué par ses contrastes : la majesté brute du Mara face aux embouteillages murs de Nairobi. Les safaris valent le détour, mais le coût des lodges et la chaleur sèche m'ont épuisé. À refaire, je n'y resterais que 8 jours au lieu de 12.
