Comment ça s'est passé.
Levée à 5h30 à l'hôtel Radisson Blu, avenue Mama Ngina, pour attraper le vol Kenya Airways 6h15 depuis Jomo Kenyatta International. L'aéroport était déjà bondé, la file d'attente serpentait entre des panneaux jaunes usés. C'est là que j'ai compris : le Kenya, c'est organisé, mais avec du chaos dedans. Nairobi m'a d'abord déçue. Imaginez des tours de béton gris, des embouteillages d'enfer sur la Uhuru Highway, des klaxons qui sonnent dès 7h du matin. La première nuit au Crowne Plaza, j'ai cru que j'avais fait une erreur. Mais le personnel parlait anglais, le wifi fonctionnait, et les femmes de ménage apportaient le café à 6h sans qu'on le demande. Le vrai tournant ? Le marché de Nairobi (City Market, ouvert 8h-18h). On m'avait dit « ne vas pas seule ». Peur infondée. Sentiment d'étouffement agréable, odeur mélangée de mangues pourries et de poisson fumé qui prenait à la gorge. Une vendeuse, Pamela, m'a fait goûter des samosas au miel pour 50 shillings (0,40 €). Croustillants, gras, vraiment bons. Elle m'a raconté qu'elle vendait là depuis 12 ans. Pas de langue de bois, juste la réalité. Jour 3, départ pour Nakuru en matatu (minibus local, compagnie Easy Coach). Arrêt à 6h du matin à la gare routière de Tom Mboya Street. Trajet 2h30, cahot permanent, un enfant a vomi à l'avant. L'air chaud envahissait par la fenêtre cassée. Arrive à Nakuru vers 9h. L'hôtel Lake Nakuru Sopa Lodge était calme, avec vue sur le lac. Et là : le lac Nakuru. Pas rose comme sur les photos – l'eau était plutôt brune, les flamants moins nombreux en cette saison. Mais en fin d'après-midi, vers 17h, on en a vu environ 2000 qui décollaient ensemble. Le bruit était dingue, presque un rugissement d'ailes. Moment où j'ai compris pourquoi les gens parlent de ce endroit. Excursion au parc national de Nakuru le jour 4. Guide Charles, ponctuel, 8h sharp au lodge. Piste rouge poussière, soleil tapant à 40°C. On a croisé des buffles, des zèbres, trois girafes massai qui regardaient notre véhicule sans peur. Retour 13h, j'avais mal à la tête, assoiffée, mais électrisée. Lunch au restaurant Tamarind, dans le centre-ville : nyama choma (viande grillée) avec ugali (pâte de maïs), 450 shillings (3,80 €), servi avec bière Tusker fraîche. Jour 5-6 : Naivasha. Trajet via la route B104, paysage qui change, moins de béton. L'hôtel Crescent Camp, au bord du lac Naivasha, était étrange – c'est un campement de luxe avec des tentes toile et lit queen-size. Bruits de hyènes nocturnes à partir de 22h. Pas rassurant, mais la nuit c'est resté des bruits. Balade en bateau électrique sur le lac avec Liam, un guide local taciturn. On n'a pas vu d'hippos (moment déceptif), mais des aigles pêcheurs, des cormorans. Prix : 2500 shillings par personne (21 €). Liam a expliqué que le lac était en train de mourir, que les fermes florales polluaient, que ses parents l'utilisaient pour laver le linge. Pas de langue de coton. Le soir, barbecue au camp : tilapia grillée pêchée le matin même, maïs rôti, bière locale. Échange bizarre avec un couple allemand : eux faisaient un tour de 28 jours, étaient déjà blasés au jour 5. Je trouvais ça triste. Jour 7 : route vers Hell's Gate National Park. Entrée 1150 shillings (9,50 €). On pouvait marcher entre les gorges de lave – sensation de marcher au fond de la planète, rochaille ocre, un vent chaud qui vous soulève la peau. Geysers fumants à 80°C. Une autre touriste (britannique) s'était tordu la cheville. Les rangers l'ont évacuée en jeep sans drame. Retour à Nairobi jour 8. Cette fois, j'ai pris un Uber (contrairement au matatu, mais plus sûr) : 2200 shillings (18,50 €), 3h30 de trajet. Embouteillages monstre autour du centre-ville, on n'a bougé que 200 mètres en 20 minutes. J'ai commencé à détester les bouchons de Nairobi. Sérieusement. Jours 9-11 : Nairobi à nouveau. Musée national (8h-18h, 900 shillings, 7,50 €), squelette de Lucy (fossile de 3,2 millions d'années), squelettes dinosaures, collection d'oiseaux empaillés. C'était instructif mais les vitrines étaient poussiéreuses. Puis marché de Kibera, bidonville au sud, avec un guide organisé par l'hôtel (11h-14h, 3000 shillings, guide inclus). Atmosphère crue, sans folklore. Maisons tôle et bois. Femmes qui faisaient du savon artisanal. Enfants curieux mais calmes. Je n'ai pas ressenti du voyeurisme « morbide », juste une réalité différente. Dernier jour : Nairobi Giraffe Centre (8h30-17h, 2000 shillings). On pouvait nourrir les girafes à la main. Sensation de leur langue rugueuse sur la paume. Les girafes, c'est bête mais c'est grand et touchant. Café au center avant de partir vers l'aéroport vers 17h.
Les bons plans repérés sur place.
Lac Nakuru en fin d'après-midi (17h-18h) : flamants roses en vol massif, le bruit des ailes vaut le détour seul
City Market de Nairobi : samosas de Pamela au miel pour 50 shillings, vraiment à tester dès l'arrivée
Hell's Gate National Park : marche entre les gorges de lave rouge, geysers à 80°C, tarif 1150 shillings
Crescent Camp à Naivasha : balade en bateau électrique sur le lac (2500 shillings), hyènes nocturnes incluses
Nairobi Giraffe Centre (9h-12h c'est moins bondé) : nourrir les girafes à la main, 2000 shillings
Photos — Nairobi / Nakuru / Naivasha
Et au final.
Le Kenya n'est pas une destination facile pour les voyageurs en quête de tranquillité : les embouteillages de Nairobi m'ont frustrée, les prix touristiques sont montés pendant le séjour, et le niveau de pollution est réel. Mais j'ai croisé des gens vrais, mangé des plats goûteux, et vu des paysages qui n'existaient que dans les documentaires. C'est pas parfait, mais c'est vivant.
