Comment ça s'est passé.
Arrivée à 23h30 à l'aéroport Jomo Kenyatta. Vol Turkish Airlines depuis Paris, pas mal mais les repas étaient tièdes. À la sortie, taxi blanc Nissan qui m'a coûté 3500 shillings (28 euros) jusqu'à l'hôtel Ibis Styles Nairobi Westlands. La route depuis l'aéroport : cauchemar routier, clignotants qui ne servent à rien, klaxons constants. J'ai compris vite que les embouteillages de Nairobi ne sont pas une légende. Premier matin, levé à 5h30 sans dormir vraiment. Petit-déjeuner à l'hôtel : œufs brouillés, pain blanc, café amer mais très chaud. J'ai traîné jusqu'à 7h avant de sortir explorer Westlands. Le quartier sent la poussière rouge et les gaz d'échappement, même à cette heure. Les rues grouillaient déjà de gens : vendeurs ambulants avec leurs piles de fruits, femmes avec des seaux sur la tête, motos-taxis (boda-bodas) qui frôlent les piétons. Le marché de Nairobi City MarketVers 8h, direction City Market. C'est un bâtiment gris aux allures de souk couvert, rue Muindi Mbingu. L'odeur : mélange écrasant d'épices, de poisson, de mangues écrasées. Les vendeurs crient en swahili. J'ai acheté des mangues à 150 shillings le kilo, du maïs grillé à 50 shillings l'épi. Un vendeur m'a proposé du matoke (bananes plantains cuites) mais j'ai refusé — il avait mis les doigts dedans avant de me le montrer. Moment galère : un enfant m'a arraché mon téléphone des mains pendant que je prenais une photo, mais un vendeur voisin l'a rattrapé et me l'a rendu. Sueurs froides, 30 secondes qui ont fait 30 minutes. Après le marché, j'ai pris un matatu (minibus collectif) de la ligne 110 direction Nairobi National Park, depuis la station de Accra Road. 350 shillings, assis serré entre huit autres passagers, ça sentait la sueur et le désinfectant citronné. Le trajet dure 40 minutes — porte ouverte pendant tout le voyage, le vent chaud du matin fouettait les visages. Nairobi National Park : girafes et gratte-ciels en arrière-planLe parc : entrée à 8500 shillings (68 euros). Première surprise, le parc n'est qu'à 7 km du centre-ville. On voit les gratte-ciels de Nairobi en arrière-plan pendant qu'on observe les girafes. Weirdly beautiful, comme ils diraient. J'ai loué un guide local, Mr. James, qui connaissait chaque animal par son prénom. On a vu : trois lions endormis sous un acacia, un troupeau de zèbres à 50 mètres, une girafe qui a mangé les feuilles juste au-dessus de nos têtes. Le moment marquant : un jeune lion mâle a traversé la piste juste devant le véhicule. Les yeux. On n'oublie pas des yeux jaunes qui vous regardent comme ça. Restaurant Carnivore et première vraie déceptionSoir du premier jour, j'ai réservé au restaurant Carnivore, rue Langata, très célèbre paraît-il. Prix : 4500 shillings (36 euros) pour un all-you-can-eat buffet de viande grillée. L'établissement fait genre safari-lodge avec murs en pierre brute, lampes à pétrole. J'ai goûté du kudu, de la girafe, du crocodile. Honnêtement ? La girafe était filandreuse, le crocodile goûte le poulet fade. Les brochettes de bœuf étaient les meilleures, bien assaisonnées. Mais l'ambiance était trop touristique, j'ai croisé six groupes d'Espagnols avec des badge de tour-opérateurs. Vers le Masai Mara : six heures de routeJour 3 : minibus 4x4 avec AccentAfrica Travel (compagnie locale). Départ à 6h du matin de Nairobi, direction Masai Mara National Reserve. Chauffeur : Joseph, qui fumait Marlboro et écoutait de la musique gospel à bas volume. La route : dégradée, bosses énormes, j'ai dormi en saccades. On s'est arrêtés à Narok à midi pour manger de l'ugali et du nyama choma (viande grillée) dans un resto sans nom, juste « mama Mary's place ». L'ugali : pâte blanche de maïs, sans goût, juste de la texture. Mais c'était chaud et ça remplissait le ventre. 400 shillings. Arrivée au Masai Mara vers 15h. Lodge : Mara Serena Safari Lodge. Vue sur la savane depuis la terrasse. La température a baissé, le vent s'est levé, odeur d'herbe sèche et de feu de bois (ils brûlent des bois pour éloigner les insectes). Safari du lever au coucher : la migrationJe suis venu en pleine migration des gnous. Septembre, les troupeaux traversaient la rivière Mara. Levé à 5h, café noir avalé en 30 secondes, et départ avec un ranger à 5h30. Dans le jeep : cinq autres touristes, tous trop bruyants. Vers 7h30, on a trouvé le troupeau. Pendant deux heures, j'ai regardé des milliers de gnous avancer dans le brouillard du matin. Pas de bruit de claquement de fouet, juste les sabots, les respirations, le froissement des herbes. Un gnou s'est séparé du troupeau, a paniqué, les crocodiles de la Mara l'attendaient. Les ranger ont dit « c'est la vie ici ». J'ai photographié, mais les photos ne rendent rien comparé à être là. Après-midi : on a croisé des fauves — trois lionnes qui dormaient, une hyène qui regardait une proie, une famille de zèbres avec les petits. Le ranger a dit qu'on avait eu de la chance. Retour au lodge à 17h. Dîner : poulet grillé, salade verte (fraîche !), riz blanc. Bière Tusker locale, 550 shillings. Galère internet et dernier jourWi-Fi du lodge : inexistant. Trois jours sans vraiment checker mes messages, c'était étrange. Le jour 5 au Mara, j'ai décidé de revenir à Nairobi pour rencontrer des amis. Trajet retour avec une autre compagnie (Jamii Tours), minibus qui a eu une crevaison à 50 km de Nairobi. Deux heures d'attente sur le bord de la route, assis sous un arbre, en train de regarder le chauffeur changer le pneu avec un cric qui tenait à peine. Pas terrible. Derniers jours à Nairobi : café au Java House de Westlands (chaîne locale, très bien), visite du Karen Blixen Museum (entrée 1500 shillings, sympa mais court), balade au marché d'artisanat de Kazuri Beads pour des souvenirs. Les perles faites à la main coûtent cher mais elles sont vraiment belles.
Les bons plans repérés sur place.
Masai Mara National Reserve : traversée de rivière des gnous à l'aube (juillet-septembre), lodge Mara Serena avec vue savane
City Market de Nairobi : mangues fraîches à 150 shillings, atmosphère intense rue Muindi Mbingu
Nairobi National Park : lions à 50 m, girafes qui mangent à hauteur de votre tête, avec skyline de la ville en fond
Restaurant Carnivore : kudu, girafe et crocodile grillés, 4500 shillings tout inclus (trop touristique mais expérience unique)
Trajet en matatu ligne 110 : transport local authentique, 350 shillings, à faire au moins une fois
Et au final.
Le Kenya m'a donné ce que je cherchais : la savane, les animaux, le choc émotionnel. Mais Nairobi est chaotique, les routes usantes, et j'aurais préféré passer moins de temps en ville et plus au Mara. Les gens sont bienveillants, la nourriture correcte mais pas transcendante, et la sécurité demande de rester vigilant sans paranoïa.