Comment ça s'est passé.
Arrivée à Maseru : première galère logistiqueNous avons atterri à l'aéroport international de Moshoeshoe I en fin d'après-midi avec un vol South African Airways qui avait 2 heures de retard. Le taxi depuis l'aéroport jusqu'au centre de Maseru coûtait 150 maloti (environ 8 euros), mais le chauffeur a essayé de nous faire payer le double en prétendant que la route était dangereuse la nuit. Après une petite négociation ferme en anglais, nous avons payé le tarif correct. Nous avons dormi les trois premières nuits à la Lesotho Boutique Hotel, rue Main Road, chambre avec salle de bain commune à 280 maloti par nuit (15 euros). L'hôtel empestait l'humidité et la moisissure, mais le gérant était adorable et nous a donné les bons tuyaux sur les restaurants. Maseru : capitale modeste, marché surpeupléMaseru n'est pas une capitale tape-à-l'œil. Les rues de terre battue côtoient des petits immeubles en béton gris. Nous avons passé notre premier matin au Maseru Central Market, une explosion de couleurs et d'odeurs de poisson séché, de maïs grillé et de fruits tropicaux. Les femmes vendeurs nous interpellaient en sesotho, puis riaient de nous voir perdus. Nous avons acheté des bananes (2 maloti le kilo), des tomates et un fromage blanc local appelé morula à 15 maloti le pot. Le goût était aigre, presque fermenté, mais c'était bon sur du pain blanc de la boulangerie d'à côté. Pour le déjeuner, nous nous sommes arrêtés à l'Aroma Café, petite place Motšoeneng. Plat de poulet aux légumes (70 maloti, 3,70 euros), thé chaud pas bon, mais l'endroit était calme et climatisé. L'après-midi, nous avons traîné au Lesotho Craft Market : tapisseries, poteries, sculptures en pierre savonneuse. Les prix étaient gonflés pour les touristes, mais nous avons trouvé un jeune artisan qui vendait des petites statuettes de montagnards en tenue traditionnelle pour 40 maloti pièce. Route pour Sani Pass : la vraie montagne commenceLe jour 3, nous avons loué un 4x4 chez Hertz Lesotho (parking avenue de l'Indépendance à Maseru) : 450 maloti par jour (24 euros), essence comprise. Notre itinéraire : Maseru → Hlotse (route N1, 2 heures) → Sani Pass (route montagne, 3 heures supplémentaires). Dès Hlotse, le paysage change radicalement. Les routes goudronnées laissent place à des pistes, les vallées s'approfondissent, et la température chute rapidement. Nous avons dormi à l'Sani Mountain Lodge, petit lodge en pierre avec 6 chalets. 380 maloti la nuit (20 euros). Depuis notre fenêtre, nous voyions la ligne de crête du Drakensberge en Afrique du Sud. Le coucher du soleil était orange pâle, presque gris, et le froid mordait déjà. À 19 h, nous avons mangé une soupe d'orge et de courge à la taverne locale, chez une femme sans enseigne, juste une maison ouverte. 25 maloti le bol. Sani Pass : paysage lunaire et vertigeNous nous sommes levés à 5 h 30 pour la montée vers Sani Pass (2 874 mètres). Le sentier principal part du lodge en direction nord-est. Les herbes jaunes et sèches craquaient sous nos pieds, l'air était glacé, notre respiration formait des petits nuages blancs. Après 3 heures de marche, nous avons atteint le col. Là, le vent était si violent que nous pouvions à peine tenir debout. La vue sur la plaine d'Afrique du Sud, en contrebas, était vertigineuse. Aucun bruit, juste le sifflement de l'air et nos cœurs qui battaient la chamade. Vers 11 h 30, nous nous étions arrêtés au Sani Top Chalet, petite construction réchauffée par un poêle à bois. Café chaud et très sucré (40 maloti), un sandwich au fromage de mouton (50 maloti). La tenancière, Refiloe, nous a expliqué en anglais qu'elle était née ici, qu'elle n'avait jamais quitté la montagne, et qu'elle aimait les hivers « parce qu'ils étaient vrais ». Galère météo et village de TsehlanyaneNotre plan était de continuer jusqu'au village de Tsehlanyane, mais un brouillard dense et soudain a bloqué la visibilité à 20 mètres. Refiloe nous a conseillé de redescendre avant 14 h. Nous n'avons pas traîné. La descente a été éprouvante, les pieds dérapaient, les jambes tremblaient. De retour au lodge à 15 h, nous étions épuisés. Le lendemain, nous avons exploré les villages alentour. Huts de pierre avec toits de paille, corrals pour les moutons, enfants qui couraient pieds nus dans le froid. Pas une voiture, pas une route bitumée en vue. Nous avons mangé chez l'habitante qui nous louait un chalet voisin : pap (bouillie de maïs) avec sauce de légumes verts, 20 maloti. Retour à Maseru : reflux urbainNous avons regagné Maseru en deux jours. En route, nous avons arrêt au marché de Hlotse pour acheter du miel local (80 maloti le pot, 4,20 euros). À Maseru, avant de partir, nous avons diné au Fratelli's Pizzeria (avenue du Roi), pizza moyenne cuite au feu de bois (85 maloti, 4,50 euros). L'endroit était rempli d'expats de la diplomatie. Nous nous sentions étrangers à ce Maseru urbain après 5 jours en montagne.
Les bons plans repérés sur place.
Sani Pass au lever du soleil : le sentier depuis Sani Mountain Lodge, départ 5 h 30, 3 heures de marche, les genoux tremblent de froid et de vertige
Maseru Central Market le matin en semaine : vendeurs de poisson séché, fruits tropicaux chaotiques, impossible de pas se faire interpeller
Sani Top Chalet pour un café chaud et un sandwich au fromage de mouton à 90 maloti total, vue sur l'Afrique du Sud
Village de Tsehlanyane : rester une nuit chez l'habitant qui propose le pap et sauce verte, immersion sans touristes
Route N1 Maseru-Hlotse : paysage de vallées qui s'approfondissent, odeur de terre mouillée après les pluies, environ 2 heures
Photos — Maseru
Et au final.
Le Lesotho, c'est vraiment la montagne qui mord, les routes qui n'existent pas et les gens qui sourient quand même. On repart avec des mollets et des bronches qui crient grâce, et zéro regrets. Par contre, il faut aimer l'inconfort et les mauvaises routes : la portion entre Hlotse et Sani Pass était pire que prévu, avec 2 crevaisons d'autres touristes autour de nous (merci Hertz pour la roue de secours).








