Comment ça s'est passé.
On arrive à Maseru un jeudi matin par le vol South African Airways depuis Johannesburg. L'aéroport Moshoeshoe I est minuscule, quasi désert. On récupère une voiture de location chez Avis (comptez 400 LSL, environ 20 euros par jour) et c'est là que commence la réalité : les rues sont défoncées, les klaxons permanents, les taxis minibus bleus surpeuplés foncent comme des fous. On décide de déjeuner au Lancers Inn sur Main Road, juste à côté du rond-point central. Steak de biltong avec pap (maïs bouilli) pour 85 LSL. Le serveur nous prévient que le générateur va sauter dans deux heures. C'est effectivement ce qui se passe vers 16h. On accepte. On loge au Avani Lesotho Hotel, un quatre-étoiles un peu décalé au milieu des petits commerces. La chambre sent vaguement la moisissure et l'air conditionné fait un bruit de tracteur, mais le lit est correct et le Wi-Fi marche trois fois sur quatre. Petit-déj vers 7h : pain grillé trop dur et café instantané infâme à 65 LSL. On se fait recommander un guide local, Thabo, qui prend 150 LSL pour la journée. Pas de contrat signé, on lui donne juste du liquide. Les montagnes changent toutOn monte vers Teyateyaneng, à environ 60km de Maseru, sur une route de montagne qu'on partage avec des bergers et leurs moutons. La température baisse, les odeurs changent : plus de diesel et de poussière urbaine, mais l'herbe mouillée et l'odeur de fumée des cabanes en pierre. On arrive au village vers midi. Thabo nous fait visiter le marché : fruits, légumes, des femmes qui vendent du maïs grillé dans des feuilles (prix négociable, on paie 20 LSL pour deux épis). Les regards convergent tous sur nous, les deux Blancs qui débarquent. Personne n'est hostile, juste curieux. Le moment marquant : on visite une école primaire locale. Environ 150 enfants assis par terre, pas de chaises, un tableau noir craie. La mère de Thabo enseigne là. Elle nous fait entrer dans une classe et les enfants crient « Lumela! » (bonjour) en chœur. Trois gamins de 8-9 ans nous posent des questions en anglais hésitant sur la France. Ça vous serre le cœur et ça met en perspective. On sort une boîte de bonbons Haribo. Galère immédiate : on crée un chaos, il y a presque une bagarre, les autres profs nous font signe de partir vite. Leçon apprise : les petits gestes créent des problèmes. Galères et remontéesOn essaie de rejoindre les Sehlabathebe National Park, à 140km de Teyateyaneng, pour voir les cascades. Route non goudronnée, très mauvaise. À mi-parcours, on croise un type qui nous dit que le pont est cassé. Thabo traduit, mais on ne sait pas s'il nous arnaque ou si c'est réel. On demi-tour. Frustration à 100%. On passe plutôt par le marché artisanal de Teyateyaneng : chapeaux de paille, paniers tissés, tout fait à la main. On achète deux paniers pour 280 LSL. Le vendeur finit par nous dire qu'il ne voulait d'abord que 200 LSL mais il a vu des touristes alors il a augmenté. Au moins il est honnête. On redescend à Maseru en fin d'après-midi. Le trajet en voiture dure trois heures au lieu des deux prévues à cause d'un accident de minibus sur la route. On attend une heure immobilisés. Deux hommes changent un pneu avec un cric rouillé. La température monte, l'odeur d'essence crue et de sueur est écrasante. On distribue des litres d'eau qu'on a apportés. Dernier soir à Maseru : on dîne au Rendezvous Restaurant, en terrasse. Crevettes grillées avec riz blanc et sauce piquante (189 LSL). Un groupe de musiciens joue de l'harmonica à côté. Pas un concert, juste des mecs qui jouent pour les touristes assis. On les paie à manger, c'est mieux que rien. Dernière nuit à l'hôtel, on pack à la lampe torche parce que l'électricité recoupe à 21h.
Les bons plans repérés sur place.
Teyateyaneng market : voir les femmes tisser les paniers à la main, arriver tôt le matin (avant 8h) pour éviter la chaleur
Lancers Inn steakhouse à Maseru : viande de bonne qualité malgré les coupures d'électricité, compter 90-120 LSL par personne
La route Maseru-Teyateyaneng : 60km de montagne, paysages de bergers, arrêter à Mafeteng pour boire de la bière artisanale locale (75 LSL)
Sehlabathebe National Park (si accessible) : camper ou dormir en lodge simple à 250 LSL la nuit, cascades à 2400m
Marché principal de Maseru (Moshoeshoe Square) : fruits frais le matin, négocie vraiment les prix, prévoir 200-300 LSL pour des souvenirs
Photos — Maseru / Teyateyaneng
Et au final.
Le Lesotho n'est pas un paradis touristique bien huilé. C'est chaotique, parfois frustrant, pas toujours propre. Mais les montagnes valent vraiment le coup, les gens sont curieux plutôt qu'hostiles, et il y a une authenticité qu'on ne trouve pas en Afrique du Sud côté sud. À refaire, oui. Mais avec moins d'illusions et de meilleures chaussures de rando.
