Comment ça s'est passé.
Arrivée à Porlamar le 3 novembre en fin d'après-midi, après un vol sur Aserca Airlines depuis Caracas. L'aéroport Santiago Mariño est petit, presque vide. Dès la sortie, chaleur moite et odeur de sel marin mélangée à l'essence. Nous avons pris un taxi collectivo (2 USD par personne) jusqu'au centre-ville. Le chauffeur roulait vite, trop vite, sur la Route 31. C'est là que j'ai compris qu'on n'était pas en Colombie : l'atmosphère était plus tendue, les gens plus réservés aux arrêts. Premiers jours : Margarita, l'île aux contrastes Nous avons dormi à l'Hôtel Margarita Princess, rue Velásquez, chambre 205. Petit déjeuner inclus à 7 h : fromage blanc local (queso de mano) avec des arepas tièdes, café noir sucré. Le personnel parlait peu anglais, communication par gestes. La plage de Playa El Agua était à 15 minutes à pied. Levé à 5 h 30 le premier matin pour voir le lever du soleil : sable blanc cassé, eau turquoise mais avec des algues brunes près du rivage, température de l'air déjà 28°C. Les cabanas de bois se remplissaient lentement. Nous avons mangé des crevettes grillées (camarones a la plancha) chez Rosa, petit restaurant sans enseigne près de la plage : 350 bolivars (0,12 EUR au taux officiel, mais nous avions payé 10 USD de poche). Rosa elle-même, 60 ans, nous a montré des photos de sa fille partie en Espagne trois ans plus tôt. Beaucoup de Vénézuéliens parlent d'émigration, c'est récurrent, presque mélancolique. Après deux jours de plage, ennui. Margarita est touristique mais vidée : peu de touristes, peu de commerce. Les boutiques de la Avenida 4 de Mayo étaient à moitié fermées. Un hôtel affichait « À vendre » depuis longtemps selon le gardien. Nous avons tenté d'acheter des provisions au Supermercado Gourmet : files longues, rayons vides d'huile et de farine, des gens cherchaient du lait. Galère administrative locale : la monnaie était instable, les prix changeaient. Un café coûtait 50 bolivars le matin, 70 l'après-midi. Virage vers Canaima : la jungle et l'Orénoque Le 6 novembre, vol de 45 minutes sur Rutaca Airways (compagnie locale, avion petit mais correct) de Margarita vers Canaima. Atterrissage sur une piste en terre rouge à Ciudad Bolívar, puis transfert en jeep vers le camp de base à Canaima. Trois heures de route sur une route en latérite orange vif, secousses, pluie soudaine vers 14 h. Paysage de savane plate, arbres parsemés, aucune construction pendant 80 km. Nous avons logé au Camp Canaima Base, gérée par José Luis, guide-propriétaire de 55 ans. Cabanes en bois sur pilotis, toilettes sèches, eau de pluie collectée. Nous partagions le camp avec trois autres voyageurs (un couple allemand, un type seul du Brésil). Soir du 6 novembre : dîner à 18 h, riz blanc, poisson blanc sans sel (carure de rio), banane plantain bouillie. Goût fade, prévisible. José Luis buvait du rhum blanc en racontant des histoires de caïmans. À 21 h, bruits continus : grenouilles, insectes, quelque chose qui ressemblait à un singe hurleur loin. Pas dormi bien. Les chutes de l'Orénoque Excursion du 7 novembre : pirogue motorisée (petite embarcation instable) remontant le Rio Orénoque vers les sauts de l'Orinoco, environ 20 km vers le sud-est. José Luis montrait des dauphins roses, appelés « toninas » localement. L'eau du fleuve était couleur chocolat, tempérée (environ 26°C). Nous avons campé une nuit sur une île, feu de bois, José Luis a cuisiné une soupe avec poisson frais et yuca. Odeur de fumée et d'eau stagnante. Le moment marquant : le 8 novembre, tôt, nous avons observé un groupe de 15 dauphins roses au coucher du soleil. Silence total, juste le moteur coupé, l'eau qui clapote. C'était calme, presque religieux. Retour au camp le 9 novembre. Petite arnaque : José Luis a « oublié » de mentionner que l'excursion aux chutes durait deux jours (il avait dit un jour et demi), donc frais supplémentaires (40 USD). Pas énorme, mais l'honnêteté était moindre que prévu. Retour et bilan Nous avons quitté Canaima le 10 novembre, vol Rutaca en début d'après-midi, retour à Porlamar le soir. Vol de retour vers Caracas le 11 novembre. La transition était étrange : jungle dense, silence, eau trouble, puis aéroport, wifi, touristes.
Les bons plans repérés sur place.
Playa El Agua à Margarita : eau turquoise avec camarons a la plancha chez Rosa (ouvert 10h-17h)
Rio Orénoque en pirogue motorisée avec José Luis : observation de dauphins roses au coucher du soleil
Piste en terre rouge vers Ciudad Bolívar : paysage de savane plate, aucun réseau téléphonique
Arepas fraîches au Mercado de Porlamar : fromage blanc local, prix 15 bolivars l'unité
Camp Canaima Base : nuit en cabane sur pilotis avec bruits de jungle jusqu'à 23h
Photos — Île de Margarita + Parc national de Canaima
Et au final.
Margarita et Canaima m'ont montré un Venezuela loin des clichés, mais aussi un pays en difficulté économique réelle. Les gens sont chaleureux, la nature intense, mais l'infrastructure touristique n'est pas à la hauteur. Franchement, je suis content d'y être allé, mais je n'y retournerais pas demain.
