Comment ça s'est passé.
Arrivé à l'aéroport de Bahreïn (vols Gulf Air et FlyDubai qui arrivent vers 22 h) avec ma compagne, on a pris un taxi blanc officiel pour 15 BD (40 euros environ) jusqu'à l'hôtel Sofitel Downtown Manama. Le chauffeur roulait comme un dingue sur le causeway reliant la Arabie Saoudite à Bahreïn, klaxon en continu, c'était stressant mais on a compris qu'on n'était plus en Europe. Les trois premiers jours, on s'est perdus volontairement dans le Souk Al Manama, au cœur de la vieille ville. L'odeur des bâtons d'encens (oud) mélangée à celle des poissons séchés du marché nous a pris à la gorge dès les premières ruelles. Petits restaurants sans enseigne où on a mangé du machboos (riz avec poulet braisé) pour 3 BD par assiette. Un vendeur de café traditionnel arabe nous a versé du qahwa dans des tasses minuscules, amer, sans sucre, et on n'a pas pu finir. Moment un peu gênant. On a aussi découvert les galeries marchandes climatisées de Bahrain City Centre, où l'on a croisé beaucoup de familles saoudiennes venus faire du shopping (l'alcool y est interdit à Bahreïn mais moins taxé qu'en Arabie Saoudite). Le jour 4, on a eu une grosse déception avec la Causeway (la chaussée reliant la Arabie Saoudite) : accès impossible sans visa saoudien. On s'est rabattus sur la plage d'Al Jazira Beach, quasi vide malgré la chaleur (34°C à 11 h du matin). L'eau était tiède, presque gluante, et la plage pas entretenue, beaucoup de débris. On a loué deux chaises longues pour 5 BD chacune chez une femme âgée qui exploitait illégalement une petite portion de sable. Elle nous a fait boire du jus de datte glacé (délicieux, 1 BD), on a parlé une heure, elle était née en 1952, avait vu toutes les phases de modernisation du pays. Les jours 5-6, on a pris le bus numéro 12 de l'agence Bahrain Public Transport Company (0,5 BD, trajet de 45 minutes) pour aller à Arad Fort et la zone portuaire historique. Très peu de touristes. Fort impressionnant en taille réelle mais intérieur plutôt vide, juste quelques panneaux informatifs mal traduits en anglais. Odeur poussiéreuse, bruit des vagues contre les murs en pierre. On a trouvé un restaurant de fruits de mer caché juste à côté, chez Mina Al Bahar, où on a mangé des crevettes grillées (le kilogramme à 18 BD, c'était cher pour Bahreïn). La femme qui tenait le restaurant a dit « non non, c'est pas 18 BD », nous a refacturé 14 BD en riant. Galère mineure mais du charme. Le jour 7, on a visité le Musée National de Bahreïn (6 BD l'entrée, fermé le mardi), petite visite de deux heures suffisante. Collection sur les perles historiques et la vie avant le pétrole. Température climatisée agréable, contraste brutal avec la rue dehors. On a croisé une classe d'écoliers, beaucoup de pression pour qu'ils restent silencieux derrière une guide qui parlait très fort. Dernier jour, plongée gratuite en snorkeling à Tree of Life Zone (petite zone côtière protégée, pas très loin de Manama). Eau moins mauvaise qu'on croyait, on a vu des petits poissons colorés. Température de l'eau à 28°C. Après, verre de jus de tamarin (2 BD) dans un petit café du quartier Al Adliya, très branché avec des jeunes Bahreïnis fumant la chicha, musique arabe moderne qui jouait assez fort.
Les bons plans repérés sur place.
Souk Al Manama : se perdre à pied dans les petites ruelles avant 15 h (fermé l'après-midi), manger du machboos à un comptoir sans chaîses
Arad Fort : visite rapide mais vue rare sur la baie, aller au restaurant Mina Al Bahar juste à côté pour les crevettes
Bahrain City Centre : centre commercial géant climatisé, comprendre comment les Saoudiens y passent leurs week-ends
Al Jazira Beach : plage calme pour nager, eau tiède, louer chaise longue chez l'habitante, goûter jus de datte
Bus numéro 12 : 0,5 BD, trajet complet de la ville, observation des vrais déplacements quotidiens
Et au final.
Bahreïn n'est pas une destination de rêve mais une véritable escale intéressante. Le pays manque d'authenticité touristique franche, beaucoup de zones sont ultra-modernes et aseptisées, moins d'âme qu'on imaginait. Par contre, les rencontres avec les habitants ont été chaleureuses et le coût de la vie très supportable. À recommander pour un séjour court (une semaine), pas plus.







