Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport de Bahrain International à 14h30, le 12 novembre. L'air climatisé du terminal m'a frappée immédiatement — une fraîcheur presque glaciale après la chaleur du tarmac. On a pris un taxi (25 BHD pour la course jusqu'à Manama, soit environ 65 euros) plutôt que de risquer les bus locaux dont les trajets nous semblaient incompréhensibles sur Google Maps. L'hôtel Al Safa Rotana, rue Al Fateh, c'était notre base. Chambre correcte, petit-déj buffet avec dates fraîches et café turc dense. Jour 1, on n'a rien fait d'intelligent : on a dormi jusqu'à 18h. Erreur classique du décalage. Jour 2, levés à 5h45 pour attraper le lever du soleil depuis le Lulu Hypermarket rooftop — on avait lu que c'était possible, mais le vigile nous a gentiment viré avant qu'on puisse sortir de l'ascenseur. Moment frustrant. On a rabattu sur le front de mer près du Amwaj Mall à 6h30 : l'eau du Golfe était tiède, presque gluante sur la peau, et ça sentait l'algue fermentée. Pas transcendant. Le Souk Al-Ahad, c'est là qu'on a compris Bahrain. Mardi matin, 8h, on débarque rue Al-Zahra : étals de tissus, de fruits secs, le bruit des commerçants qui crient les prix. La chaleur monte sec entre les rues étroites. Un vendeur m'a proposé du café dans un gobelet carton : épais, sucré au-delà du possible, parfumé à la cardamome. 2 fils pour 500 ml. On a aussi acheté des perles de qualité moyenne (une collier à 180 BHD, soit 47 euros) — Bahrain était célèbre pour ça autrefois, avant le pétrole. Jour 3 : visite du Fort de Bahrain (Qal'at Al-Bahrain). Entrée 5 BHD. Le bâtiment est en ruine, on attendait pire. Pas mal conservé. Vue sur la mer depuis le rempart, ventilé par un vent de fou qui soulevait la poussière en bourrasques. On a toussé pendant 20 minutes. Les archéologues allemands et japonais qui fouillaient sur place nous ignoraient royalement. On s'est aventurés au restaurant Layali Zaman dans le vieux Manama : mezzas mixtes (60 BHD pour deux), hummus dense et citron acide à mordre. Le pain était frais, sorti du four à même l'étage. Un vrai moment. Le type derrière le comptoir parlait français — il avait bossé 3 ans à Marseille. Ils nous ont resservi le café sans demander. Jour 4 : ce jour-là, ç'a été chaud. Température ressentie 38°C à midi. On a pris le bus 1 depuis Bab Al-Bahrain (arrêt central) pour aller à Al-Jasra Heritage House — trajet 1 BHD par personne. Le bus était plein d'ouvriers expatriés, pas de climatisation digne de ce nom. Galère bête : on est descendus à la mauvaise station. Taxi (10 BHD) pour corriger. La maison elle-même, c'est du patrimoine restauré, intéressant mais sans âme. Les guides forçaient l'enthousiasme. Durée réelle : 45 minutes, on s'était fait avoir. Les plages : on a testé Al-Dar Island (accessible par un petit bateau depuis Karbabad, 7 BHD l'aller-retour). Sable fin, eau claire, quelques poissons colorés visibles. Aucun touriste. On s'est posés 3 heures. L'eau était à 32°C, presque du lait chaud. C'était reposant, pas spectaculaire. Le Bab Al-Bahrain, le vieux souk couvert, jour 5 : foule, odeur mélangée de cumin, de poisson séché, de sueur. On a mangé du shawarma au poulet (3 BHD le sandwich) — pas bon, trop gras. On a vu un touriste qui se faisait arnaquer sur des monnaies anciennes. Personne ne s'en mêlait. Jour 6 : on a pris une excursion à l'île de Muharraq (la deuxième ville, 20 minutes de bus). Le Souk Al-Qaisariyah y est moins touristique qu'à Manama. On a discuté avec un vieux marchant de perles qui parlait l'anglais de ses 40 ans de métier. Ses histoire sur la plongée en apnée d'avant les années 1960 nous ont passionnés. Jour 7, promenade par le Corniche de Manama en fin d'après-midi, vers 17h30 : le soleil décline, moins de chauffeur de taxi agressif à cette heure. Le Lulu Island vu de loin. Les tours de Manama se silhouettent, mélange bizarre de Dubaï en plus petit et moins clinquant. Pas mal, honnêtement.
Les bons plans repérés sur place.
Souk Al-Ahad le mardi matin avant 9h — odeur de cardamome, prix négociables sur les tissus et les fruits secs
Layali Zaman restaurant rue Al-Zahra — hummus maison et café très serré, 60 BHD les mezzas
Al-Dar Island en petit bateau depuis Karbabad — eau transparente, plage vide, 7 BHD l'aller-retour
Fort de Bahrain (Qal'at Al-Bahrain) — remparts en ruine, vue sur le Golfe, 5 BHD d'entrée
Corniche en fin d'après-midi vers 17h30 — moins touristique, vue sur les tours de Manama
Photos — Manama
Et au final.
Bahrain, c'est court à faire en une semaine. Pas assez de relief pour justifier trois semaines, mais suffisant pour décompresser. Le piège : trop d'attentes sur les plages et les perles — on a trouvé ça morne comparé à la Thaïlande. Par contre, les souks, l'accueil des commerçants, la nourriture, ça vaut vraiment le coup. La climatisation omniprésente en été rend les trajets pénibles.








