Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport international de Bahrain un samedi après-midi, complètement crevés après 12 heures de vol depuis Paris. Le taxi depuis le terminal 1 jusqu'à notre hôtel, le Golden Tulip Bahrain (avenue Sheikh Isa, à côté du centre commercial Seef), a coûté 8 dinars bahreïnis, soit environ 20 euros. Le chauffeur roulait vite, très vite, sur l'autoroute brûlante qui longe le Golfe Persique. On voyait des raffineries de pétrole au loin, avec leurs flammes orange qui clignotaient contre le ciel gris. Le premier jour, j'ai traîné des pieds dans le vieux souk de Manama vers 10 h du matin. Grosse erreur. La chaleur était déjà écrasante – 32°C à l'ombre – et l'odeur mélangée d'épices, d'urine et de poisson pourri m'a plié en deux les cinq premières minutes. Les vendeurs de perles faisaient le tour des touristes avec leurs boîtes blanches usées, exactement comme dans les guides touristiques. J'en ai acheté un collier à un homme âgé assis sur un petit tabouret en plastique bleu : 45 dinars, environ 110 euros. Trop cher, j'en suis sûre, mais j'avais envie d'une pause. Le Bab Al Bahrain et le chaînage routierLa porte du Bab Al Bahrain, l'entrée principale du souk, est impressionnante – des arches en pierre jaune clair, avec des mouches qui bourdonnaient autour de nous. Le problème, c'est qu'on s'est perdu ensuite, complètement. On a tourné en rond pendant une heure et demie dans les petites ruelles. Un jeune garçon nous a proposé de nous guider pour 5 dinars. On a dit oui. Il nous a menés jusqu'au Gold Souk, où le bruit des tapis frappés résonnait partout, assourdissant. Après, il a demandé 20 dinars. Arnaque classique. On a refusé, c'était moche, mais on l'a payé quand même parce qu'on avait peur. On a déjeuné au restaurant Al Reef Bakery, rue qui longe le souk. Pains bahreïnis chauds, hummus, poisson grillé. Compter 3-4 dinars par personne, entre 7 et 10 euros. La nourriture était bonne, salée, les poissons fumaient encore. Juffair et la vie moderneLe reste de la semaine, on a exploré le quartier de Juffair, où se concentrent les restaurants internationaux et les bars. Le bar du Hilton Bahrain, sur le front de mer, affichait un verre de vin blanc à 15 dinars (37 euros). On a trouvé un petit café, Scoop Café, rue Prince Abdulaziz, où le café coûtait 2 dinars et où les Bahreïniens jouaient aux échecs. C'était plus tranquille. Jeudi matin, on a loué une voiture chez Europcar pour visiter l'île de Muharraq, au nord. Le trajet depuis Manama dure 30 minutes en bus numéro 1. On a vu le marché du poisson de Muharraq, avec ses cris d'hommes qui criaient les prix, l'odeur prenante du sel et du poisson frais qui s'étalait sur la glace. C'était vivant, pas touristique du tout. Le palais et les frustrationsOn a tenté de visiter le palais d'Al Qusour, résidence royale, mais c'était fermé pour une raison pas claire. Un gardien nous a dit « pas de visite » sans expliquer. Frustrant. On a passé l'après-midi à la plage d'Al Jasra, une petite plage au nord, très tranquille, avec du sable fin et une eau tiède. Presque personne. Ça reposait après les foules du souk. Le dernier soir, on a dîné au restaurant Barracuda, rue Sheikh Abdulaziz, face au port. Crevettes grillées, riz bahreïni avec de la cannelle. La température avait baissé, on pouvait enfin respirer sans transpirer. L'homme à côté de nous a demandé d'où on venait en arabe, puis en anglais. On a parlé un peu. Il vivait à Bahrain depuis 20 ans, travaillait dans le pétrole.
Les bons plans repérés sur place.
Bab Al Bahrain et le Gold Souk pour les bijoux (arriver tôt, avant 9h, pour éviter les foules et la chaleur)
Café Scoop Café rue Prince Abdulaziz, petit spot où les locaux jouent aux échecs, café à 2 dinars
Plage d'Al Jasra au nord : sable fin, eau tiède, quasi déserte en décembre, 15 minutes de Manama en voiture
Marché du poisson de Muharraq (île du nord) : cris des vendeurs, odeur intense, poisson frais du golfe
Restaurant Barracuda face au port : crevettes grillées, vue sur les bateaux dhow, 12-15 dinars le plat
Photos — Manama
Et au final.
Bahrain, c'est entre deux mondes : le souk bruyant et collant des années 70 et les tours de verre de Manama qui pourraient être à Dubai ou en Asie du Sud-Est. On a eu des bons moments, surtout au calme du café et sur la plage. Mais l'arnaque du jeune garçon et la chaleur écrasante, c'était pénible. À revenir hors-saison, probablement en octobre.








