Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport international de Bahrain un mardi matin vers 6 h 30, complètement lessivés après 5 heures de vol depuis Paris avec Gulf Air. Le taux d'humidité nous a frappés dès la porte ouverte, même en décembre — on transpire sans vraiment bouger. L'immigration était fluide, contrairement à ce qu'on redoutait. Taxi jusqu'à l'hôtel Ramada Bahrain (East Road, Manama) pour 15 dinars bahreïnis, soit environ 35 euros. La chambre donnait sur la corniche et on a pu dormir deux heures avant de commencer à explorer. Le premier jour, on s'est lancés dans le souk d'Al-Manama. C'était chaotique, bruyant, des dizaines de vendeurs qui criaient leurs prix, l'odeur du cumin et de l'encens mélangée à celle des égouts en travaux. On a acheté du café cardamome à un vieux monsieur (3 dinars le paquet), puis des dates Medjool chez un grossiste (5 dinars le kilo). On s'est perdus deux fois en essayant de trouver le quartier des orfèvres — un jeune mec nous a escroqués de 2 dinars en prétendant nous guider, clairement du touriste-piégé. On s'est quand même retrouvés face à des bracelets en or vraiment magnifiques, mais les prix étaient ahurissants. Les restaurants et la nourriture On a mangé du machboos au restaurant Al-Reef (Old Palace Street, à côté du palais d'Al-Qudaibiya) : du riz relevé avec de la viande de chameau, pour 8 dinars le plat. Honnêtement, c'était très bon, bien plus savoureux qu'on ne l'imaginait. Le goût du ras el hanout était dominant, la viande presque fondue. Le lendemain, petit-déj chez Café Lilou (Seef Avenue) : café au lait très sucré, pâtisseries (fatayer avec fromage frais), 4 dinars. L'air conditionné était glacial, ce qui faisait un contraste saisissant avec la rue à 28 °C dehors. Le moment qui m'a vraiment marquée, c'était la visite du Fort de Bahrain (Qal'at al-Bahrain) en fin d'après-midi. On y est arrivés vers 16 h 45, juste avant la fermeture à 18 h. Les fouilles dégageaient des briques d'argile érodées depuis le 16e siècle. Sur les remparts, on voyait Manama s'illuminer, les tours de Finance Island en verre teinté face aux anciennes murailles. C'était vertigineux comme contraste. Le musée en bas était plutôt vide — peut-être deux touristes et nous. Les poteries Dilmun de 2000 avant notre ère avaient quelque chose de touchant, simplement posées sur des socles gris. Sorties et détails pratiques Pour se déplacer, on a utilisé les bus Bahrain Public Transport (ligne 1 qui traverse la île, 0,4 dinars le ticket). C'était bondé aux heures de pointe, beaucoup de travailleurs expatriés. Une fois, on s'est trompés et on s'est retrouvés à Riffai, dans un quartier résidentiel franchement déprimant avec des villas fermées et des tas de sable partout. On a dû appeler un Uber (application obligatoire ici, même si Careem existe aussi). 4 dinars pour rentrer au centre. La plage d'Al-Dar (Al-Dar Beach, accès libre) était une déception. Sable gris, eau brune due à la proximité du port pétrolier, quelques déchets plastiques. On y est allés juste pour dire qu'on l'avait fait, mais on n'y a pas vraiment traîné. Meilleure expérience au Bahrain Beach Club (Juffair) : payant (12 dinars par personne), eau plus propre, chaises longues, une buvette qui vend des smoothies à base de mangue (3 dinars). On a regardé des familles du Golfe en abaya se tremper complètement habillées dans l'eau. On a passé une soirée au bar de l'hôtel Ritz-Carlton (Seef District), juste pour voir. Bière locale Zamzam (6 dinars), vue sur les gratte-ciel reflétés dans le golfe Persique. Clientèle d'hommes d'affaires et de touristes. L'atmosphère était cool mais pas mémorable — aucun caractère local. On aurait pu être n'importe où dans le Golfe. Le dernier jour, on a visité la Mosquée Al-Fatih (Al-Fatih Grand Mosque), gratuit, talons enlevés, vêtements couvrant exigés. L'intérieur était vraiment impressionnant : dôme de fibre de verre transparent (le plus grand du monde paraît-il), pas de piliers, tout blanc et noir. Un imam nous a expliqué l'architecture, très gentil, en anglais correct. Ça a été une pause sereine après les 7 jours de chaos urbain.
Les bons plans repérés sur place.
Souk d'Al-Manama (matin, avant 11 h pour éviter la foule) : odeur d'encens, café cardamome à 3 dinars
Fort de Bahrain (Qal'at al-Bahrain) en fin d'après-midi vers 16 h 45 : poteries Dilmun et coucher de soleil sur la skyline
Machboos chez Al-Reef (Old Palace Street) : viande de chameau, 8 dinars, vraiment savoureux
Mosquée Al-Fatih : gratuit, vêtements couvrants obligatoires, dôme transparent spectaculaire
Bahrain Beach Club (Juffair) : eau plus propre que les plages publiques, 12 dinars d'accès, smoothies à 3 dinars
Photos — Manama
Et au final.
Bahrain, c'est une île surpeuplée qui joue la modernité golf/finance/shopping mall, mais avec des vestiges du Golfe ancien qui percent ici et là. Les gens sont accueillants, la nourriture vaut vraiment le coup, mais le caractère principal c'est surtout : passages routiers chaotiques, humidité écrasante, peu de vraies attractions naturelles. On reviendrait pour le souk et les restaurants, mais pas pour relaxer.








