Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Mamoudzou un mardi matin après 4 heures de vol depuis La Réunion avec Air Austral. L'aéroport de Dzaoudzi est minuscule, genre local. Dès qu'on a mis les pieds dehors, l'air était lourd, humide, 28°C et il n'était que 9 h. L'odeur de sel marin mélangée aux gaz d'échappement des taxis nous a frappés immédiatement. On a pris un taxi blanc collectif jusqu'à Mamoudzou pour 5 euros. Le chauffeur parlait français, comorien et shimaore dans la même phrase. On n'a compris que la moitié mais l'ambiance était cool. Il nous a conseillé d'aller directement à l'Hôtel Nyumba à côté de la grande mosquée. Quarante euros la nuit pour une chambre climatisée avec balcon sur la baie. Pas luxe mais propre, avec un patron qui oubliait de nous donner les clés le soir. Les premiers jours : découvrir sans planOn a flâné dans les ruelles de Mamoudzou le premier jour. Le marché Mtsanga Hassan pue le poisson frais et les fruits tropicaux qui chauffent sous le soleil. On y a mangé des samoosas à la viande pour 1,50 euro à un vendeur sans devanture précise, juste debout avec son plat. C'était bon mais salé. Beaucoup trop. Le lagon est à 10 minutes à pied du centre. On s'est baignés à Baie Bonnie Beach. L'eau était tiède, transparente, avec des petits poissons qu'on voyait à 2 mètres de profondeur. On a grillé quand même parce qu'on avait oublié la crème solaire au lagon de Dzaoudzi la veille. Bête galère. On a pris le minibus bleu numéro 42 qui part de la gare routière centrale pour aller à Sada, un village côtier au nord. Arrêts tous les 500 mètres. Deux euros. On a croisé des mamans qui rentraient du marché avec des paniers plein d'oignons, des enfants qui criaient, un mec qui vendait des noix de coco fraîches qu'il ouvrait avec une machette. Le trajet a duré 45 minutes pour 15 km. Coconi et ses plages blanchesOn a pris un bus pour Coconi, au sud. Là, on a trouvé des plages presque vides. Le sable était blanc, vraiment blanc. On a eu de la chance avec les conditions : pas de vent. On a commandé du poulet rôti à la plage chez une femme qui cuisait sur du charbon de bois. Quatre euros le poulet avec du riz. Le goût de fumée était partout, dans les cheveux, sur les vêtements après. Ça a duré trois jours même après trois douches. On a essayé de faire du snorkeling avec un gars qui louait des palmes. Trente euros pour deux heures. Il nous a emmenés sur une bande de corail à 200 mètres de la côte. Des tortues vertes, des poissons perroquets, des coraux branchus. Beau. Vraiment beau. Mais en revenant, il s'est perdu. Genre vraiment perdu. Il regardait son téléphone, cherchait le WiFi pour lancer Google Maps au-dessus de l'eau. On s'est mis à ramer nous-mêmes. Moment bizarre où on s'est demandé si on n'avait pas décidé trop vite de partir avec un mec sur un bateau gonflable. Chirongui et les petits tracas de l'îleOn a voulu monter jusqu'à Chirongui, à l'est. Train? Non. Il y a pas de train à Mayotte. Pire : pas de route directe non plus. On a dû prendre deux minibus différents et attendre une heure entre les deux à un carrefour pourri. Un mec nous a vendu une bouteille d'eau à 2,50 euros (prix extorquant, on l'a découvert après). À Chirongui, on a mangé du riz au poisson à la gargote du coin. Dix euros. Trop de riz, pas assez de poisson. Le type avait l'air pressé. L'eau chaude à l'hôtel a cessé de fonctionner pendant deux jours. On a signalé au patron. Il a dit que c'était normal, que ça reviendrait. Ça a finalement marché le troisième jour sans que personne ne fasse rien. Les tracas d'une île. Dernier jour à MamoudzouAvant de partir, on s'est assis au Café de la Baie, une petite terrasse en bois au bord du lagon. Un café et un pain au chocolat à 4 euros. On a regardé les pirogues à balancier des pêcheurs partir au coucher de soleil. Orange, rose, violet. C'était 17 h 45. L'air était moins chaud, enfin. On a discuté avec une retraitée française qui vivait là depuis 20 ans. Elle a dit que Mayotte, c'était beau mais que ça restait l'île la plus isolée de France, que les prix montaient, que la paperasse était compliquée comme partout dans l'administration française. On est partis le jour suivant avec le même avion Air Austral. À 6 h du matin il faisait déjà 25°C.
Les bons plans repérés sur place.
Le lagon de Baie Bonnie à Mamoudzou : eau transparente, entrée libre, 10 minutes à pied du centre
Le marché Mtsanga Hassan : fruits tropicaux frais, samoosas maison, chaos organisé le matin
Snorkeling vers Coconi : tortues vertes, corail, 30 euros pour deux heures avec guide (vérifier ses compétences de navigation)
Minibus bleu numéro 42 pour Sada : expérience locale authentique, deux euros, route côtière
Café de la Baie à Mamoudzou : terrasse bois au coucher de soleil, espace calme pour observer les pirogues de pêche
Photos — Mamoudzou
Et au final.
Mayotte, c'est pas une destination qu'on voit partout dans les blogs de voyage, et on comprend pourquoi : c'est loin, c'est cher, l'infrastructure touristique est basique. Mais c'est aussi pour ça que c'est intéressant. Le lagon est vraiment là, bleu et vivant. Les gens sont généralement accueillants, même quand ça devait grincer. En contrepartie, faut aimer l'improvisation, accepter que les choses ne soient pas toujours lisses, et ne pas chercher du confort haut de gamme. Honnêtement, on a moins aimé l'ambiance un peu stressée à Mamoudzou en centre-ville le soir.








