Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Mamoudzou Pamandzi le 14 février en fin d'après-midi, après un vol Air Austral de 3 h 45 depuis La Réunion. Première sensation : une chaleur moite qui colle la chemise au corps avant même de sortir de l'avion, mélangée à l'odeur salée et iodée du lagon. Le taxi qui m'a récupéré – une vieille Peugeot 607 blanc cassé conduite par un Comorien volubile – m'a demandé 35 euros pour les 40 km jusqu'à Mamoudzou. J'ai négocié à 28. Leçon apprise : tout se discute ici. J'ai logé à l'hôtel Cocotiers, rue du Stade à Mamoudzou, une petite structure de 12 chambres tenue par un couple franco-mahorais. Chambre 7, vue partielle sur le lagon, climatisation qui faisait un bruit de tracteur. Le patron, Didier, m'a averti dès l'arrivée : « Les jeudi et vendredi, Mamoudzou devient invivable, c'est le jour de paie. » 58 euros la nuit, petit-déjeuner inclus (café soluble et baguette un peu rassis). Premiers pas dans le centre de MamoudzouLe vendredi matin, levé à 6 h 30 pour explorer le centre. Marché de Mamoudzou ouvert à 7 h : étal de fruits tropicaux (mangues à 1,5 euro le kilo, papayes énormes), vendeurs qui crient les prix en shimaore. L'odeur de poisson fumé m'a pris à la gorge – un truc intense, presque écrasant. J'ai acheté des bananes plantains et du miel de coco chez une femme aux cheveux teints en roux qui m'a parlé du cyclone Calvinia en 2023 qui avait détruit son étal. J'ai pris un petit-déj à la Paillote du Lagon (café classique français à 2,80 euros, croissant beurre 1,20 euro) avant d'attaquer la visite du centre administratif – grosse erreur. File d'attente de deux heures à la mairie pour un simple renseignement. Les gens parlaient français, shimaore et comorien en même temps. Ambiance tendue, climatisation défaillante. Le lagon : moment marquantLe samedi matin, j'ai pris le bus 20 (horaire théorique : 7 h 15, arrivée réelle : 7 h 48) jusqu'à Saziley. Environ 2 euros le trajet. La plage est petite, avec un récif corallien à 200 m du rivage. J'ai loué un kayak auprès d'un type basé dans une petite cabane – 15 euros l'heure. En pagayant dans l'eau translucide à 28°C, j'ai vu des poissons-perroquets bleu électrique, des raies et même un requin-citron à distance (évidemment). Moment où j'ai compris pourquoi les gens restent : il n'y a vraiment pas beaucoup d'endroits sur terre où on peut voir ça à 15 minutes du centre-ville. Mais le retard du bus pour revenir (45 minutes d'attente supplémentaire) m'a pourri l'après-midi. Nourriture et déceptions gastronomiquesRestaurant « Le Poulpe Bleu » (rue Sadi-Carnot, petite devanture avec deux tables dehors) : j'ai commandé un vivaneau à la vanille – plat emblématique de Mayotte – 18 euros. Saveur correcte mais poisson pas du jour, c'était visible. Salade de fruits de mer au restaurant La Pirogue (front de mer) : 22 euros, portions minuscules, homard industriel surgelé (pire galère culinaire du voyage). En revanche, le riz aux fruits de mer du restaurant familial « Chez Zainab » (rue du Stade) – 11 euros – était honnête, servi dans une cour avec des poules qui traînaient entre les tables. Îlots et formalités frustrantesMardi matin, excursion à l'île de Petite-Terre via l'agence Lagon Voyages (40 euros pour la journée en bateau semi-rigide avec 12 personnes). Eau incroyablement bleue, tortues marines approchées de 2 mètres. Mais l'agence avait « oublié » de scanner mon passeport avant (nécessaire pour l'accès aux îlots) : argument fumant pour justifier un surcoût de 8 euros. Arnaque classique. Snack sur l'îlot : sandwich thon-fromage 7 euros (pain rassis aussi). Mercredi, tentative de visite au musée Ahamed-Abdallah (entrée 4 euros). Fermé pour « raison administrative » selon l'affichage. Je suis revenu jeudi : encore fermé. Pas eu de chance. Détails qui collent à la peauÀ Mamoudzou, on croise du français, de l'arabe, du shimaore, du comorien. Les gens sont généralement bienveillants mais ils testent les touristes. Le coût de la vie est élevé (boîte de lait 2,60 euros, bouteille d'eau 1,80 euro en supermarché). Les coupures d'électricité sont rares mais l'eau manque certains jours. La circulation est chaotique, les motos sans casque omniprésentes. Et puis il y a ce harcèlement discret mais constant des vendeurs de drogue à la tombée de la nuit près du port. Faut rester vigilant après 19 h dans les ruelles. Les derniers jours, j'ai flâné à Kawéni (le quartier côtier), mangé des brochettes grillées au charbon de bois (odeur de fumée qui s'accroche aux vêtements pendant 2 jours) pour 2,5 euros à la pièce. J'ai pris le bus 7 pour voir Kani-Kéli (petit village moins touristique) : rien de spectaculaire, mais juste des gens qui vivaient leur vie, des enfants qui jouaient au foot dans la rue poussiéreuse.
Les bons plans repérés sur place.
Lagon de Saziley — kayak en fin de matinée avant 11 h (eau calme, poissons visibles, location 15 euros)
Marché de Mamoudzou en semaine (mardi-mercredi meilleur) — miel de coco et mangues fraîches de paysans locaux
Île de Petite-Terre via Lagon Voyages — tortues marines garanties, trajet bateau semi-rigide 1 h
Restaurant Chez Zainab rue du Stade — riz aux fruits de mer 11 euros, sans prétention, saveur vraie
Plage de Kawéni en fin d'après-midi (16 h) — moins touristique que Saziley, atmosphere locale
Photos — Mamoudzou
Et au final.
Mayotte m'a donné ce que je cherchais : un lagon vivant, des gens avec des histoires. Mais c'est aussi un endroit fragile, administrativement usant et étonnamment cher. Le bilan penche positif, mais sans émerveilllement béat. Je reviendrais pour le lagon, mais pas avant une bonne année.








