Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Zurich le 14 mars à 10h30 via la ligne Ryanair FR4521, et déjà le ton était donné : pluie, froid à 3°C, et la gare centrale bondée. Direction Lucerne en train régional, 50 minutes chrono, 28 CHF le ticket. On a trouvé notre hôtel, le Züricherhof, une guesthouse trois étoiles près de la Rathausquai, pour 95 CHF la nuit. La proprio, Rita, était cool mais n'avait pas de chauffage dans le couloir — on grelottait vraiment en se levant. Les premiers jours, on a fait les incontournables : la Kapellbrücke (le pont de la Chapelle), ce vieux pont en bois qui traverse le lac d'une façon un peu bancale quand tu le traverses. C'est vrai que c'est sympa, mais rempli de touristes qui prenaient des selfies. On a mangé une fondue au restaurant Alpenrose, rue Weinmarkt, pour 34 CHF par personne — fromage Emmental, Gruyère, sauce à l'absinthe. C'était riche, lourd, mais on a compris pourquoi c'est un classique. L'odeur du fromage fondu qui sort du caquelon, c'est difficile à oublier. Le moment marquant, c'était la montée au Rigi, la « reine des montagnes ». On a pris le train à crémaillère depuis Vitznau (ligne Rigi Bahn, départ 7h05, billet 78 CHF) pour éviter la foule. En bas, le brouillard était épais, on voyait rien. Mais vers 1400 mètres, on a craqué les couches de nuages, et là — le lac de Lucerne complètement déployé sous nous, les Alpes enneigées qui brillaient. J'ai eu un moment bizarre, presque émotif. On s'est arrêtés au café Rigi Staffel, on a bu un café crème en regardant, sans parler. Une heure de silence face à la montagne. Moins cool : on a voulu prendre le bus 24 pour aller à Stans, mais on s'était trompés d'horaire — le dimanche, c'est pas la même fréquence. Galère. On a dû prendre un taxi, 40 CHF supplémentaires. Le gars parlait que l'allemand, on a dû pointer sur une carte. Interlaken, ensuite. On y a passé deux nuits. Train depuis Lucerne, 1h15, 35 CHF. Là, c'était différent — plus touristique, plus jeune. On s'est déroulés les pattes : parachutisme en tandem (pas nous, mais on a regardé les vidéos des autres), puis randonnée vers Höhematte. C'est une prairie plate entre les montagnes, avec vue sur l'Eiger et le Jungfrau. On a pique-niqué : pain de seigle du Coop (4.50 CHF), morceau de Tilsiter, quelques tomates. Ça paraît bête, mais c'était vrai bon, allongés dans l'herbe, le son des cloches des vaches qui tintaient au loin. On a aussi testé le Jungfraujoch en train (train à crémaillère de Kleine Scheidegg à Jungfraujoch, 5 h AR, 212 CHF par personne). C'est le point culminant accessibles en Europe continentale, ou presque. Franchement ? C'était dingue, mais un peu surfait. Des files partout. On a mangé un sandwich au restaurant de montagne, 28 CHF pour quelque chose de basique et froid. À 3454 mètres, tu sens ton cœur qui s'accélère, l'air est sec. Et puis c'est blanc, vide, silencieux — mais il y avait tellement de monde qu'on ne l'a pas vraiment ressentie, l'immensité. Retour à Lucerne pour les deux derniers jours. On a flâné sur la Altstadt, les vieilles rues avec leurs maisons peintes. On a trouvé un bar sympa, le Sedel, près de la Jesuitenkirche. Bière locale (Haldengut, 6.50 CHF), musique d'ambiance, gens relax. On s'est parlé du voyage — des moments forts, des trucs oubliés. C'est dans ces petits verres qu'on se recentre. Le dernier jour, on a pris l'avion depuis Zurich vers 16h (train depuis Lucerne à 14h). On a juste eu le temps de passer au Lohn Café pour un dernier cappuccino (6 CHF) et des bredele (petits gâteaux alsaciens, 3.50 CHF la part). On a raté notre train de bus pour l'aéroport — attente à l'hôtel qui a duré trop longtemps — mais on a chopé un Uber à la place. Un peu cher (38 CHF), mais sans stress.
Les bons plans repérés sur place.
Pont de la Kapellbrücke à Lucerne au coucher du soleil (moins touristique après 18h)
Train à crémaillère Rigi Bahn depuis Vitznau, départ 7h05, pour éviter la foule et les nuages
Fondue au restaurant Alpenrose (rue Weinmarkt) avec Emmental et Gruyère authentiques
Randonnée vers Höhematte à Interlaken, pique-nique avec pain de seigle du Coop et Tilsiter
Café Sedel à Lucerne pour une bière Haldengut et ambiance locale sans touristes
Photos — Lucerne
Et au final.
La Suisse, c'est beau, c'est dingue comme paysage et comme infrastructure (les trains sont vraiment ponctuels). Mais c'est cher. On a dépensé 150 CHF par jour en moyenne (sans vol ni hôtel), et ça monte vite. Et puis, c'est peut-être enfin normal de dire que les foules touristiques enlèvent un peu de la magie des grands spots — on n'en est pas revenus transformés, mais on gardera les petits moments, les cafés tranquilles, cette marche sur le Rigi.








