Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international Léon Mba le 14 novembre à 19 h 30. Le vol Air France AF726 était arrivé avec 2 h de retard depuis Paris-CDG. La chaleur du tarmac m'a frappé immédiatement — 28 °C à cette heure, une moiteur qu'on sent coller à la peau dès qu'on descend les marches. Les formalités ont pris plus d'une heure. L'agent des douanes au guichet 7 a demandé des justificatifs d'hôtel en anglais, que personne ne parlait vraiment autour de moi. Nous avons pris un taxi officiel (plaque jaune) depuis le terminal principal vers le centre-ville pour environ 15 000 francs CFA (23 euros). Le trajet a duré 45 minutes sur la RN1, avec des bouchons imprévisibles. Le chauffeur écoutait de la musique congolaise à volume élevé — un son grave, hypnotisant, qui s'échappait des haut-parleurs usés. L'hôtel Tropicana, situé boulevard de l'Indépendance, nous a accueillis vers 21 h 30. Chambre standard à 85 euros la nuit, climatisation qui ronronnait comme un vieux moteur. Le réceptionniste a oublié de nous donner la clé du coffre. Le restaurant de l'hôtel proposait un menu limité : poulet braisé (3 500 FCFA), brèdes (légumes feuilles locaux), baguette. Nous avons mangé dans notre chambre par manque d'énergie. La lagune Fernan Vaz et ses étapesLe 15 novembre, nous nous sommes levés à 5 h 45 pour rejoindre l'agence Gabon Discovery au port Môle 1. L'odeur d'algues pourries et de carburant diesel flottait sur les quais — une puanteur qui nous a saisi à la gorge. La vedette express (environ 45 places) partait à 7 h précises en direction de Lambaréné. Deux heures de navigation sur l'Ogooué. Certains passagers étaient malades — le bateau tangait, et l'eau marron du fleuve clapotait contre la coque. Billets à 12 000 FCFA (18 euros) l'aller simple. Nous avons logé au lodge Okoumé, à Lambaréné, à proximité du musée Albert Schweitzer. Bungalow en bois, électricité sporadique. Le premier soir, la panne a duré jusqu'à 22 h. Le manager local, Alphonse, nous a servi un poisson braisé du jour (épais, salé, bon marché) avec du riz blanc. Le moment marquant : à la tombée de la nuit, les insectes se sont déchaînés. Moustiques, moucherons, je me grattais jusqu'à saigner. Les murs du bungalow vibraient du bruit des cigales et des grenouilles — un chaos sonore qui rendait le sommeil difficile. Excursion à Fernan Vaz le 16 novembre. Petit motorisé avec guide local (8 500 FCFA pour la demi-journée par personne). Nous avons observé des hippopotames à distance respectueuse (les guides insistent pour rester à au moins 200 mètres). Pas de crocodiles ce jour-là, contrairement aux promesses de la brochure de l'agence. Nous avons vu surtout de la mangrove, des arbres qui s'enfonçaient dans l'eau noire, des lianes entrecroisées. Le guide parlait peu, répondait par des monosyllabes. Retour à Libreville : gares routières et galèresLe 17 novembre, nous avons quitté Lambaréné pour Libreville via la gare routière du carrefour de la Fraternité. Transport Nadège (compagnie bleu et blanc) proposait des minibus surpeuplés à 8 000 FCFA (12 euros). Quatre heures de route en stop-and-go. Un enfant vomissait dans un sac en plastique trois rangées devant nous. Un autre passager vendait des arachides grillées avec un enthousiasme inlassable — l'odeur de cacahuète salée finissait par devenir écœurante. De retour à Libreville, nous avons passé le 18 novembre au marché Mont-Bouët. Fruits tropicaux : mangues (1 000 FCFA le kg), ananas, papaye. Nous avons mangé du poisson fumé chez une vendeuse sans nom, assis sur un banc branlant — texture fibreuse, goût prononcé de bois. Le marché était une vraie galère : vendeurs collants, tarifs doublés pour les blancs, une escroquerie douce mais persistante. Nous nous sommes fait flouer sur des noix de coco à 3 500 FCFA au lieu de 1 500. Le 19 novembre, visite au musée national du Gabon (boulevard de l'Indépendance). Entrée à 5 000 FCFA. Petite structure, quelques masques, des tissus, des explications en français et anglais. Une salle climatisée surrefroidie — contraste brutal avec la chaleur extérieure à 31 °C. Départ et bilanLe vol de retour AF727 partait le 20 novembre à 18 h 15. Nous avons choisi de ne pas traîner. Les trois derniers jours ont été coûteux en fatigue. Libreville, c'est une capitale administrative, pas une destination balnéaire malgré les promesses. Les plages (Plage de Côte-Verte) ne brillent pas par leur propreté.
Les bons plans repérés sur place.
Port Môle 1 (Libreville) — vedette express pour Lambaréné le matin, ambiance déstructurée mais authentique
Lodge Okoumé (Lambaréné) — confort basique mais vue sur l'Ogooué, poisson frais le soir
Excursion Fernan Vaz avec motorisé — hippos, mangrove, guide muet mais efficace
Marché Mont-Bouët (Libreville) — poisson fumé et arnaque garantie, à vivre une fois
Musée national du Gabon (boulevard de l'Indépendance) — petit mais bien climatisé, 1 h suffisent
Photos — Libreville
Et au final.
Le Gabon m'a surpris par son authenticité désabusée. C'est un pays où les infrastructures touristiques existent mais restent fragiles. Nous avons aimé la proximité avec la nature brute, mais les tarifs et la difficulté à circuler ont gâché une partie du voyage. Le Gabon, c'est moins un paradis qu'un laboratoire d'Afrique centrale — intéressant, mais exigeant.








