Comment ça s'est passé.
Arrivé à l'aéroport international Léon Mba vers 14h après un vol Air Gabon depuis Paris, j'ai tout de suite senti cette moiteur caractéristique : 28°C à l'ombre, mais l'humidité rend l'air dense, presque palpable. La douane s'éternise, les ventilateurs du terminal ronronnent sans conviction. Premier détail qui m'interpelle : personne n'est vraiment pressé ici. Je descends à l'hôtel Tropicana, Boulevard du Bord de Mer à Libreville. 85 euros la nuit, petit-déjeuner compris. La chambre sent le moisi et la climatisation, mais le wifi fonctionne. Le gérant, Rémi, m'explique que les coupures d'électricité sont rares en centre-ville. Faux : j'en subis deux le premier soir, vers 22h et 3h du matin. Les bougies apparaissent instantanément, une routine visiblement bien rodée. Les marchés et la street-foodLe Marché du Mont-Bouët, en plein cœur, c'est le chaos organisé. Les cris des vendeurs, les odeurs de poisson fumé mélangées à celle de l'essence. Un vendeur me propose des beignets au tapioca : 500 francs CFA (0,75 euro). Je mange debout, les doigts gras, un goût sucré et moelleux, un peu huileux. C'est bon, juste pas raffiné. À côté, les étals de papaye et d'avocat. Un kilo d'avocat coûte 1 500 francs CFA. J'en prends deux. Le soir, au restaurant Le Vieux Loup, rue de l'École, j'essaie le poisson braisé (bar-gueule du coin) : 8 500 francs CFA, environ 13 euros. Bien cuit, assez sec franchement. Les frites qui l'accompagnent sont bonnes. La bière locale, la Régab, coûte 1 500 francs CFA par bouteille. Le serveur s'endort presque en nous servant ; il fait 33°C à 19h, on comprend. La Lagune et l'escale vers le parc de la LopéJ'ai pris un minibus pour aller vers la Lagune aux Crocodiles depuis la gare routière de Nzeng : trajet de 45 minutes, environ 3 000 francs. Un vrai calvaire. Le chauffeur roule vite, freine sec, sans aucune logique. Une femme à mes côtés sort un portable qui sonne à la racine des cheveux. Personne ne dit rien. C'est un moment où on comprend que le confort n'est pas la priorité ici. Sur place, le guide, Yves, 50 ans environ, fume entre les histoires de crocodiles. Je n'en vois qu'un, à distance, immobile. Les autres bateaux du tour opérateur local (affrété par mon hôtel) passent partout, effraient les animaux. Yves hausse les épaules. L'entrée au site coûte 5 000 francs. Franchement, je m'attendais à beaucoup mieux. En revanche, la mangrove elle-même, avec ses racines aériennes qui créent comme des tunnels, c'est visuellement fort. L'odeur du sol humide et de la décomposition organique, c'est l'essence même du Gabon tropical. Excursion ratée et galère transportJe voulais rejoindre le Parc National de la Lopé (à 260 km) en minibus. Le gérant de l'hôtel m'avait dit que c'était possible avec la compagnie Gabon Transport. Le jour J, à 7h du matin à la gare routière, on m'annonce que c'est complet. Complet. Aucune réservation n'avait été faite malgré mes demandes. J'ai payé un surcoût de 15 000 francs pour avoir une place. Trois heures d'attente, une tempête de pluie en route, un chauffeur qui klaxonne tous les 50 mètres pour avertir les piétons. Ça m'a énervé. Beaucoup. Arrivé au lodge de la Lopé vers 15h, j'ai enfin vu de la vraie faune : des éléphants en lisière de forêt, loin mais bien réels. Le lodge, basique mais propre, coûte 120 euros la nuit. Gastronomie et repèresLa spécialité du Gabon, c'est le poulet aux arachides. Essayé au Café de l'Étape à Libreville : 6 000 francs. C'est riche, le sauce d'arachide noie presque la viande. Pas mauvais, juste très lourd après une journée de chaleur. Le plantain frit, omniprésent, est bien meilleur. L'eau du robinet n'est pas potable ; on la fait bouillir ou on achète des bouteilles (1 500 francs pour 1,5 litre). Les soirées à Libreville ? Assez ternes honnêtement. Un bar de l'Hôtel Mbagani programmait de la musique live le vendredi. Live c'est dire beaucoup : un clavier, une batterie, quelques covers de funk des années 80. La bière coûte 2 000 francs là-bas. Plus cher, pas meilleur.
Les bons plans repérés sur place.
Marché du Mont-Bouët à Libreville : se perdre dans les allées, manger un beignet au tapioca en observant les vendeurs de fruits exotiques
Lagune aux Crocodiles : moins spectaculaire qu'annoncé, mais la mangrove vaut le coup, tôt le matin quand les bruits sont moins agressifs
Parc National de la Lopé : observer les éléphants en lisière depuis le lodge au coucher du soleil (17h45), le moment le moins chaotique du séjour
Restaurant Le Vieux Loup : bar-gueule braisé de qualité correcte, ambiance locale, vendeuses de cacahuètes grillées en terrasse
Hôtel Tropicana, Boulevard du Bord de Mer : base convenable malgré les coupures, bon accès aux transports et au centre-ville
Et au final.
Le Gabon m'a déçu sur plusieurs points : infrastructure routière chaotique, services incohérents, faune moins évidente qu'espérée. En revanche, il y a quelque chose de vrai dans cette désorganisation africaine, et les habitants sont globalement courtois, juste dans un rythme qu'on ne rattrape pas quand on vient d'Europe. À faire si on a du temps et de la patience, pas de grandi voyages de 3-4 jours.







