Comment ça s'est passé.
Nous sommes arrivés à Bodø le 8 septembre via SAS (vol Oslo-Bodø, 2h15, 340 euros par personne). La gare routière de Bodø était mon premier repère : le bus Lofoten Express n° 13 part à 7h45 chaque matin pour Svolvær, trajet de 3h30 sur une route côtière escarpée. J'ai vomi une fois. Les lacets sont réels et mon estomac n'aime pas les virages épingles à 70 km/h au-dessus de l'eau. Svolvær nous a reçus avec un ciel gris anthracite et une odeur de poisson séché qui te rentre dans les vêtements et s'y installe. Pas désagréable. Juste envahissant. Nous avons loué une petite maison via Airbnb près du port (950 NOK la nuit, environ 85 euros). Le chauffage au poêle fonctionnait bien mais la douche était une loterie : eau chaude mercredi, eau tellement froide le jeudi matin que j'ai pris un bain au lieu. Jour 3 : la tempête sur le quai de ReineReine est à 30 km de Svolvær, accessible par la route E10. Nous y sommes allés en voiture louée (Hertz, 600 NOK/jour). Le village est construit sur un petit port où se concentrent les rorbus, ces petites maisons de pêcheurs rouges. Légendaires dans les brochures. Sur le quai, nous avons croisé un pêcheur local, Arne, qui nous a dit : « Demain la tempête arrive, ne venez pas. » Nous y sommes allés quand même le jour suivant. Erreur. Vent à 65 km/h, pluie à l'horizontale. Nous avons mangé un sandwich du magasin Coop au pied d'une falaise, trempes et grelottants. Le sandwich coûtait 89 NOK (environ 8 euros) et avait le goût du sel et du regret. Ce moment m'a rappelé que la Norvège ne vous fait pas de cadeau quand vous décidez de l'affronter. Jour 5 : Aurora et fskafisk à HenningsværHenningsvær, village sur l'île de Austvågøy, est devenu notre point de chasse aux aurores boréales. Prévention inutile : il faisait clair jusqu'à 22h30 début septembre, donc les aurores étaient peu visibles. Nous avons attendu dehors une nuit jusqu'à 23h45, gelés malgré nos doudounes. Rien. La nuit du 6 septembre, en revanche, une faible lueur verte a dansé au-dessus de la montagne Tinden pendant 12 minutes. Pas spectaculaire, mais réel. J'ai senti l'air froid me passer sous le col de ma veste. Un moment de silence total. Pas de son. Juste le vent et ce vert qui bougeait. Pour le repas, nous avons essayé le restaurant de la marina Henningsvær Fiskekro (menu fskafisk traditionnel, 445 NOK, soit 40 euros). C'était du cabillaud séché et rôti, du pain plat, de la beurre noir et des petits oignons. Le poisson sentait l'océan et la tourbe, une saveur que je n'avais jamais eu en bouche. Trois tables seulement. Pas de menu en français. Nous avons montré les photos sur Google Translate. Transport et galères pratiquesLe bus local entre les villages (Lofoten Ekspres) fonctionne, mais j'ai raté un changement à cause d'une mal-compréhension avec le chauffeur. Il parlait le norvégien avec un accent glacial. Les horaires affichés à la gare de Svolvær n'étaient pas les mêmes que sur l'appli officielle. Bilan : une heure d'attente au froid à Kabelvåg en attendant le bus suivant. À partir de ce moment, nous avons loué la voiture pour nos trajets. Nourriture générale : déjeuners chers (soupe + pain à 135 NOK). Nous avons fait nos courses au Coop supermarché de Svolvær. Un poulet rôti, un paquet de pain, de la charcuterie, du lait : 245 NOK (22 euros). C'était notre stratégie d'économie. Les restaurants affichent tous des prix à trois chiffres en NOK pour une assiette normale. Randonnées et fatigues réellesNous avons randonné vers Ryten (point de vue sur les Lofoten). Départ à 5h30 du parking de Fredvang, retour à 12h30. 5h30 de marche, dénivellation 470m. Pas de refuges en chemin. Nous avions apporté une barre énergétique et de l'eau. À 8h30, j'étais fatigué. À 10h, nous étions épuisés. Le paysage au sommet était effectivement beau : des pics rocheux qui sortaient de la brume, des îles de chaque côté. Rien de magique, juste beau. La descente a été plus dure que la montée pour mes genoux.
Les bons plans repérés sur place.
Gare de Svolvær + bus Lofoten Express n°13 : départ 7h45 quotidien vers Reine et Henningsvær
Reine, quai de pêche : petit déjeuner au Coop (sandwich 89 NOK) puis marche dans la tempête entre les rorbus rouges
Henningsvær Fiskekro : fskafisk traditionnel (445 NOK) avec pain plat et beurre noir, vue sur la marina
Randonnée Ryten depuis Fredvang : départ 5h30, retour 12h30, fatigue musculaire réelle mais vue sommitale claire
Hertz location car Svolvær (600 NOK/jour) : essentiel pour accéder aux villages sans dépendre du bus
Photos — Lofoten (îles), Norvège du Nord
Et au final.
La Norvège du Nord tient ses promesses de paysages et de silence, mais à un coût physique et financier qu'il faut accepter. Les aurores boréales se méritent, les routes sont hostiles, et les restaurants vident ton portefeuille sans apologies. Je reviendrais en décembre prochain pour les aurores de vraiment longue durée, mais cette fois en meilleure forme physique. L'odeur de poisson séché de Svolvær me manque déjà.
