Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport de Bergen (Avinor Bergen Airport) un mardi matin d'octobre, après un vol SAS depuis Copenhagen. La température affichait 7°C, mais le vent du fjord nous a frappés de plein fouet — ce froid humide qui s'infiltre partout, même sous deux pulls. Premier apprentissage : la météo norvégienne ne plaisante pas. L'hôtel Colbjørnsen House, situé à quelques rues du port historique de Bryggen, nous a accueillis avec des intérieurs en bois sombre et une chambre minuscule (100 euros/nuit). Les murs étaient si fins qu'on entendait les voisins tousser. Mais depuis la fenêtre, on voyait les façades colorées du Bryggen, les maisons marchandes du XIVe siècle, légèrement courbées par les ans. C'est là qu'on a eu notre premier « moment » : en sortant le matin à 5h45 pour photographier le lever sans touristes, un local nous a abordés au café Solberg & Hansen pour nous recommander le bus 4 qui monte jusqu'à Fløyen. Gratuit, nous a-t-il dit. Il mentait à moitié — le billet coûtait 35 NOK (3 euros). Fløyen, la montagne qui domine la ville, offrait une vue à 360° sur les collines boisées devenant orange et rouge. Aucun « émerveillement » cinéma — juste une sensation de froid dans les os et une vue effective qui valait le détour matinal. Nous avons petit-déjeuné au sommet avec un sandwich au saumon fumé acheté chez Ferner Jacobsen (80 NOK), goût salé et légèrement sucré du saumon norvégien, accompagné d'un café tiède du thermos. Les fjords et la galère d'octobreMercredi, nous avons pris le train Flåm Railway depuis Myrdal. Ce trajet de 20 km en 1h15 est devenu notre pire expérience du voyage. Trois raisons : un retard de 45 minutes sans explication, une foule de touristes asiatiques avec selfie-sticks, et une panne de chauffage. Nous grelottions dans le wagon en regardant les cascades défiler dehors. Le train était supposé être un des plus beaux du monde. Nous, on a surtout eu froid aux doigts. Nous avons logé deux nuits à Flåm, petit village au bout du Sognefjord. L'auberge Flåm Marina (15 euros pour un lit en dortoir) sentait le bois mouillé et le diesel des bateaux. Odeur désagréable mais honnête. Les autres voyageurs (deux Allemands, une Française) nous ont suggéré une balade en kayak. Grande erreur de timing : le fjord était gris acier, le vent coupant à 20 km/h, et nous n'avions loué que trois heures. Le guide avait un accent suédois difficile à suivre. Nous avons passé 30 minutes à lutter contre le courant pour avancer de 200 mètres, puis nous avons abandonné et attendu le retour en grimaçant. Bonnes surprises culinaires et rythme ralentiÀ Bergen, le restaurant Holbergstuen (réservation obligatoire, plat moyen : 220 NOK soit 20 euros) nous a servi une soupe de fruits de mer norvégienne avec moules fraîches et aigrefin. Goût iodé, intensité réelle, pas touristique. Le serveur parlait français avec un léger accent, ce qui a suffi à rendre le repas plus convivial. Nous avons aussi visité le marché aux poissons (Fish Market) : hareng mariné, cabillaud séché, œufs de saumon. Petite arnaque tacite : acheter un « sandwich saumon traditionnel » (140 NOK) qui s'avérait être du saumon d'élevage, pas sauvage. Le vendeur n'a jamais précisé. Jeudi et vendredi ont été des jours lents. Marche sans but dans les petites rues de Vågsbønnål, bibliothèque municipale de Bergen (gratuit, Wi-Fi fiable), café chez Bare Espresso où un couple âgé jouait de la musique folk. Aucun programme ambitieux. C'était le but. Transports et logistiqueLe bus local (Skyss) reliait Bergen à Voss en 1h30 pour 120 NOK. Nous avons raté notre correspondance et attendu 1h45 sous la pluie à la gare routière de Voss. Les toilettes coûtaient 10 NOK (pièces uniquement). Pas de drame, juste du temps perdu et de la frustration qui s'accumule. Le train électrique Voss-Myrdal (Flåm Railway) était réservé en ligne deux mois avant. Bonne décision. En octobre, les files d'attente restaient gérables, contrairement aux contes d'horreur de juillet. Retour à Bergen en bus SL91 (compagnie Kringom), trajet côtier avec vue sur des montagnes nues. Arrêt à Hardanger, village de pêcheurs où nous avons mangé des moules à un petit restaurant sans nom. Moules vivantes, cuites à la vapeur simple, 35 minutes d'attente. Légèrement salées par l'eau de la cuisine.
Les bons plans repérés sur place.
Fløyen (montagne au-dessus de Bergen) : lever à 5h45 depuis Colbjørnsen House, bus ligne 4, vue dégagée sur les collines d'automne
Flåm Railway de Myrdal : trajet de 20 km en train électrique avec cascades visibles, malgré le retard et le froid du wagon
Fish Market de Bergen : hareng mariné frais, œufs de saumon, éviter le « sandwich traditionnel » qui est d'élevage
Restaurant Holbergstuen : soupe de fruits de mer norvégienne (220 NOK), réservation nécessaire, service en français
Sognefjord : kayak possible mais recommandé seulement par temps calme et en été (pas octobre)
Photos — Bergen et Sognefjord
Et au final.
La Norvège, c'est moins les paysages spectaculaires que tout le monde crie que la sensation d'être seul dans un endroit très peuplé. Le froid, le coût exorbitant (un café = 5 euros), et les retards de transport nous ont usés. Mais les gens qu'on a rencontrés — le local à Fløyen, les autres voyageurs, les serveurs — étaient honnêtes et sans prétention. On repartirait. Pas en octobre par contre.
