Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport de Bergen (Avinor Bergen Airport) le 3 septembre à 14h30, après un vol SAS de 2h20 depuis Lyon. Dehors, un vent glacial, 11°C, qui s'engouffre direct dans les narines. L'humidité de la côte atlantique, ça ne s'oublie pas. On a pris le bus Flybussen ligne 16 jusqu'au centre (245 NOK, environ 23 euros), assis côté droit pour voir les premières maisons colorées du quartier historique Bryggen. L'hôtel Thon Hotel Rosenkrantz, rue Rosenkrantzsgate, était correct mais surcoté à 1100 NOK la nuit (103 euros). Petit-déj scandinave classique : pain de seigle, fromage brun (geitost), saumon fumé. Le goût sucré du geitost nous a surpris. Première vraie galère : la réception ne parlait pas français et mon anglais approximatif a créé un malentendu sur les horaires de fermeture du bar. J'ai cru qu'il fermait à 22h, il fermait à 23h. Perte de quarante minutes et un verre de vin blanc de Sauvignon moins cool que prévu. Bergen : les couleurs avant la pluieLes trois premiers jours, on a exploré Bryggen à pied. Les façades rouges, jaunes, bleues des anciens bâtiments hanséatiques, c'était là, visible, mais moins frappant qu'en photo. Les touristes chinois en groupe prenaient les mêmes angles depuis 10 ans. On a mangé au Fløyen Fløibanen (le funiculaire) : 89 NOK l'aller-retour (8,5 euros), levés à 5h45 pour la « vue du lever de soleil ». Résultat : brouillard, puis un léger dégagement à 7h15. Pas de dramatique visual, juste un paysage gris-bleu un peu morne, honnêtement. Le marché aux poissons (Bergen Fish Market, Torget) : là par contre, les odeurs vous frappent. Cabillaud frais, huile de poisson, sel marin. J'ai acheté des crevettes royales à 198 NOK/kg et on les a mangées crue sur le quai, c'était intense. Goût iodé, texture ferme. Le vendeur, un mec de 60 ans avec un accent du Hordaland, m'a expliqué que septembre c'est juste avant la saison haute. « Trop tard pour l'été, trop tôt pour le ski », il a dit. Exact. Sognefjord : les montagnes qui descendent trop viteLe jour 5, on a pris le train Flåm (ligne Flåm Railway, Flamsbana). Départ 10h52 de la gare de Bergen (stationnement sous Platforme 4, train vert à rayures blanches). Deux heures de voyage en zig-zag, 20 tunnels. C'est impressionnant visuellement mais bruyant : le cliquetis des freins à air comprimé pendant les pentes raides, quasi hypnotisant. On descendait à 5-6 km/h parfois. Arrivée à Flåm à 13h04. Village minuscule, deux hôtels, une gare reconvertie en boutique de souvenirs. On a logé au Flåm Marina & Hotel : 950 NOK (90 euros). Vue sur le fjord depuis la chambre, c'était vraiment calme. Le fjord lui-même : eau sombre, montagne presque noire de chaque côté. Pas de « magie », juste de la géographie. Le lendemain, excursion en bateau Sognefjord vers Balestrand. Bateau à moteur, 45 minutes, 480 NOK (46 euros). L'eau était froide, on la sentait venir du glacier, une sorte de fraîcheur minérale qu'on respire presque. Arrivée à Balestrand, village de montagnards devenus guides touristiques. Galère numéro deux : le restaurant qu'on visait (Kviknes Hotel restaurant) était fermé pour rénovation. On a dû manger des sandwichs au 7-Eleven de la rue principale pour 95 NOK (9 euros). Honnêtement dégueulasse. Jours 8-10 : Oslo, la ville trop organiséeTrain Bergen-Oslo, 6h45 de trajet (NSB, compagnie nationale). Compartiment silencieux, aucune conversation entre passagers. Oslo, on s'attendait à mieux. Le musée Munch était fermé pour travaux (on l'a su en arrivant). On a traîné au Vigeland Park : des sculptures en bronze, des familles qui pique-niquent, des adolescents qui fument. Pas inspirant. Trois jours en auberge (Oslo Central Station Hostel, lit dortoir 380 NOK, 36 euros) : bruit constant, porte qui claque à 3h du matin, mecs bourés qui reviennent en riant. Jour 9, on a marché vers Grünerløkka, quartier plus vivant : cafés vintage, street-art. Lunch au Kaffebrenneriet, cappuccino 65 NOK (6,2 euros), croissant amande 55 NOK. Là, enfin, une sensation : assis dehors sur Markveien, 16°C, soleil entre les nuages, discussions réelles autour de nous. C'est ce moment-là qu'on a aimé Oslo. Retour difficile : vol retour annulé un jour à cause du vent, rebooké sur SAS à 23h55, arrivée Lyon à 2h10 du matin.
Les bons plans repérés sur place.
Bryggen, Bergen : les bâtiments colorés de la rue Bryggen, marcher jusqu'au bout du quai vers 18h, moins de monde
Flåm Railway train de 10h52 : réserver siège côté gauche pour les meilleures vues sur les cascades (ticket 390 NOK)
Bergen Fish Market (Torget) : acheter des crevettes fraîches, les manger sur le quai, vendeur local pour les conseils
Grünerløkka, Oslo : Markveien pour les cafés et le street-art, arriver après 15h pour éviter la foule des bureaux
Sognefjord en bateau depuis Balestrand : partir tôt le matin (8h30), l'eau est plus calme et les montagnes moins voilées
Photos — Bergen et Sognefjord
Et au final.
La Norvège, c'est solide : les fjords sont vrais, les villages sont tranquilles, les gens honnêtes. Mais c'est cher, souvent gris, parfois décevant quand tu arrives avec des attentes trop hautes. On reviendrait, mais pas en septembre, plutôt en juin avec des journées longues. Et on raison plus les galères logistiques avant.
