Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Lahore par un vol PIA (Pakistan International Airways) à 22h30, mort de fatigue après 14 heures de route depuis Istanbul. L'aéroport Allama Iqbal était bondé, la climatisation quasi inexistante. Dehors, 34°C à minuit. Nous avons pris un taxi blanc et noir sans compteur depuis l'aéroport jusqu'à notre hôtel Avari Lahore dans le quartier de Thokar Niaz Baig—30 minutes de route chaotique, sirènes partout, motos slalomant entre les voitures. Le chauffeur nous a sur-facturé de 200 roupies. Ça a été notre première arnaque. Lahore nous a assommés le premier jour. Nous nous sommes levés à 5h pour visiter la Mosquée Badshahi au lever du soleil—une bonne décision. Seuls avec quelques pèlerins, l'air frais, l'odeur de l'encens qui se mélange avec celle des épices du marché voisin. La mosquée elle-même : marbre blanc immense, cour géante, presque vide à cette heure. Nous avons payé 600 roupies l'entrée (2,50 euros). Ensuite, nous avons marché jusqu'au Fort de Lahore juste à côté, où nous avons vu les gardes cérémoniels en tenue rouge et noir. L'ambiance était presque féerique, mais le moment s'est gâché quand un groupe de touristes indiens a débarqué à 7h en bus climatisé, brisant le silence. Les rues chaotiques et le Badshahi BazaarLa vraie Lahore commence après 8h du matin. Nous sommes allés au Badshahi Bazaar avec notre guide local Amir, qui nous avait été recommandé par notre hôtel. Les rues étaient tellement étroites qu'on pouvait à peine y passer à deux. Odeur mélangée de curcuma, poisson séché, diesel. Un homme vendait des brochettes de chapli kebab devant nous—nous en avons mangé une pour 150 roupies. Excellent, épicé, avec un goût de coriandre très présent. Une femme nous a abordés pour nous vendre des châles en soie. Nous avons dit non au moins sept fois avant qu'elle accepte d'abandon. Nous avons déjeuné à Lahore Fort Rooftop Café, petite terrasse cachée avec vue sur la mosquée. Dahl avec du naan fait à la main—700 roupies le plat complet (3 euros). Le chai était doux, trop sucré pour mon goût, mais nous l'avons bu quand même. Amir nous a avoué qu'il gagnait 1 200 roupies par jour (4 euros) comme guide. Moment marquant : une fillette de six ans est venue nous proposer des bracelets faits à la main. Nous avons acheté trois bracelets pour 500 roupies. Elle a eu un grand sourire, puis ses parents l'ont appelée pour lui reprendre l'argent. Le trajet vers Hunza : 15 heures dans un mini-busNous avons pris le bus Daewoo de la compagnie Fatima Express depuis la gare Thokar pour rejoindre Gilgit. Départ à 19h, arrivée prévue à 10h le lendemain matin. Le bus était rempli de pèlerins, paquets de nourriture, une cage de poules. Trois rangées pour quatre passagers. Nous avons dû négocier pour avoir deux sièges ensemble—1 500 roupies par personne (6 euros). Le trajet sur la Grand Trunk Road (GTO) a été chaotique : arrêts constants à des petits dhaba (petits restaurants routiers) où on servait un riz avec sauce très salée à 4h du matin. Température glaciale vers 3h, nous avons dormi sur des sacs de riz. Nous sommes arrivés à Gilgit avec deux heures de retard à cause d'une crevaison près de Rawalpindi. Nous avons loué une jeep blanche auprès d'une agence locale—Ahmad Jeep Rentals—pour la route vers Hunza. 2 500 roupies par jour (10 euros) et un chauffeur inclus. La route était vertigineuse, épingle à cheveux constante, vue sur la vallée de l'Indus. À 1 200 mètres d'altitude, nous avons arrêté pour manger près du village d'Altit : un curry de mouton avec du riz basmati préparé par une femme dans une petite maison. 600 roupies. Nous avons mangé assis par terre, pieds nus. Le goût était riche, un peu trop gras, mais honnête. Hunza : kaprote et Baltit FortNous avons dormi deux nuits à l'hôtel Rakaposhi View à Karimabad, la capitale de Hunza. Chambre simple avec une fenêtre vue sur le Pic de Rakaposhi (7 788 mètres). À 6h du matin, le sommet était complètement illuminé, rose et blanc. Nous avons pris le thé à 5h30 à la réception (gratuit). Le moment marquant : nous avons marché jusqu'au Fort de Baltit, construit au 8e siècle. Un guide local nous a rejoint et nous a parlé du système d'irrigation complexe de la vallée, des terrasses suspendues. Tarif : 800 roupies d'entrée pour le fort, le guide nous a demandé 500 roupies (c'était peu, nous avons donné 1 000). Cette région était moins affectée par le chaos urbain—plus de calme, moins de klaxons. Dernier jour à Hunza, nous avons visité les terrasses d'abricotiers. C'est la saison : juillet. Les fruits tombaient presque du ciel, sucre concentré, acidité légère. Les femmes locales préparaient de l'huile d'abricot dans de grandes bassines en cuivre. Odeur sucrée sucrée sucrée partout. Nous avons acheté un kilogramme d'abricots secs pour 400 roupies.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Badshahi à l'aube (avant 6h30) : seul, silence complet, odeur d'encens—200 roupies entrée
Badshahi Bazaar avec un guide local : chapli kebab au coin de Miyan Mir Road, brochette à 150 roupies
Fort de Baltit à Karimabad (Hunza) : lever de soleil sur Rakaposhi, terrasses abricotiers, 800 roupies entrée
Bus Daewoo Fatima Express Lahore-Gilgit : expérience complète du transport longue distance pakistanais, départ 19h depuis gare Thokar
Dhaba routier près de Rawalpindi sur route GTO : riz-curry à 4h du matin, ambiance authentique sans artifice
Et au final.
Lahore était plus chaotique et surpeuplée que prévu—le bruit constant, les arnaqueurs, l'absence de trottoirs fonctionnels nous ont vraiment usés les trois premiers jours. Hunza en revanche nous a reposés. La Pakistan n'est pas un voyage confortable, c'est physique et imprévisible, mais les gens sont généreux quand on sort de Lahore, et la nourriture vaut chaque détour.

