Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Lahore un mardi 6h30 du matin, après 8h de vol Turkish Airlines depuis Istanbul. L'air était déjà chaud, collant. Dès la sortie de l'aéroport international Allama Iqbal, chaos complet : taxis qui négocient, conducteurs qui crient « Taxi sir! Taxi madam! », odeur mélangée de diesel et de samosas frits qui flottait partout. J'ai pris un taxi jusqu'à l'hôtel Avari Lahore (2500 PKR pour 20 km, soit environ 8 euros). La chambre était propre, clim qui poussait des bruits de mort. Le premier matin, levé à 5h pour visiter la Mosquée Badshahi au lever du soleil. Seul dans la cour en marbre blanc, c'était juste moi et deux gardiens qui prenaient leur thé. La mosquée était fermée aux touristes jusqu'à 8h mais on nous a laissé traîner. Le son de l'appel à la prière qui résonnait sur la mosquée était un peu oppressant, honnêtement. Pas « magique », juste très présent. Lahore l'old city a été notre terrain de jeu pendant 4 jours. Marché Badshahi Bazaar : j'ai mangé un biryani au restaurant Cuckoo's Den (350 PKR, un bol énorme). Le goût était riche, trop riche presque, avec cette saveur de cardamome et de safran qu'on sent encore 12h après. Les ruelles étaient tellement étroites qu'une moto a presque renversé ma copine. Moment stressant. On s'est perdus volontairement, on a croisé un vendeur de jus de canne à sucre qui pressait le jus devant nous avec une machine manuelle incroyablement bruyante. Peshawar, c'était notre étape galère. Bus de nuit GoGo Coach (4000 PKR) prévu à 22h, arrivée à 7h. On s'est endormis qu'à 4h du matin à cause du chauffeur qui mettait la musique punjabi à fond. Peshawar est plus grise, plus militarisée, moins touristique que Lahore. On a visité le Qissa Khawani Bazaar en 2h et c'est parti. Honnêtement, beaucoup de regards, peu de femmes dans les rues, on s'est sentis observés. Pas dangereux, juste inconfortable. Mais Hunza Valley. Hunza Valley c'est autre chose. On a loué une Jeep avec chauffeur (4500 PKR par jour) depuis Gilgit. La route de Karakoram Highway était vertigineuse : lacets, précipices de 1000m, conducteur qui klaxonne à chaque virage. On a traversé le pont suspendu de Khunjerab. Température : 8°C à 3000m d'altitude. L'air était sec, limpide, aucune pollution. Complètement différent de Lahore. Paysage de montagne lunaire, vraiment pas photogénique au sens Instagram, mais prenant. Guesthouse Hilltop Hunza à Karimabad (2000 PKR la nuit avec petit déj) : vue sur la vallée, thé chai le matin à 6h30, pain plat maison chaud. On a grimpé au fort Baltit en 45 min, fait Altit Fort le lendemain. Les ruines sont sérieusement anciennes, le gardien nous a raconté l'histoire en mélangeant l'ourdou et un anglais approximatif. On a rien compris mais on a payé le ticket 500 PKR quand même. Apricots frais au marché de Karimabad (20 PKR le kilo) : sucrés, dégoulinants. Le moment marquant : dîner chez l'habitant à Hunza. Une femme nommée Fatima nous a invités. Briyani fait maison, dal, salade. Deux heures de conversation où elle nous demandait si on était mariés, combien on gagnait, pourquoi pas d'enfants. C'était intrusif mais sincère. Son frère a sorti un alcool clandestin (interdit au Pakistan) et on a bu discrètement dans un coin du jardin. Moment surréaliste et sympa à la fois. On a pris le vol PIA (Pakistan International Airlines) Gilgit-Islamabad (5000 PKR par personne). L'avion était un petit turbopropulseur qui a décollé sans ceintures de sécurité visibles. Islamabad a été un anticlimax : capitale trop planifiée, hôtels de chaîne, pas de âme. On a visité le Faisal Mosque rapidement, c'était fermé aux femmes le jour où on y est allées. Les problèmes : eau qui sort brune des robinets à Peshawar, une entérite après le jour 6, une arnaque subtile à Lahore où le vendeur de pashminas a gonflé le prix parce qu'on était étrangers. Internet très lent sauf à Lahore. Les toilettes turques, franchement, c'est une adaptation.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Badshahi (Lahore) - se lever à 5h30 pour la voir vide avant la foule
Marché Badshahi Bazaar (Lahore) - perdez-vous dans les ruelles, mangez le biryani au Cuckoo's Den
Hunza Valley Karimabad - louer une Jeep et monter au fort Baltit au coucher de soleil (2000m)
Karakoram Highway (route Gilgit-Hunza) - l'une des routes les plus dangereuses mais les vues compensent
Apricots de Hunza (juin-juillet) - acheter au marché local, frais du matin
Photos — Lahore / Hunza
Et au final.
Le Pakistan, c'est intense. Lahore captive avec son chaos adorable, la Vallée de Hunza vous rapetisse avec ses montagnes. Mais c'est pas un voyage zen : il faut être prêt pour les retards, le bruit, la promiscuité. Les gens sont généreux et curieux. On reviendrait, mais pas avant 3 mois minimum tellement c'était épuisant. À moins d'aimer la méditation et les machinations de voyageur, il faut bien aimer se sentir dépaysé pour l'être vraiment.
