Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international Allama Iqbal de Lahore un mardi soir vers 22h30. Le vol PIA 706 depuis Islamabad avait deux heures de retard. J'ai pris un Uber jusqu'à l'hôtel Pearl Continental dans le quartier d'Anarkali, payé 1 200 roupies (moins de 4 euros). Dès la première nuit, j'ai entendu l'appel à la prière de la mosquée Badshahi en arrière-plan, un son grave et répétitif qui m'a réveillé à 4h45 du matin. Pas dérangeant finalement, presque apaisant. Le lendemain, levé avant l'aube pour voir le lever de soleil depuis les jardins de Shalimar, construits sous l'empereur moghol Shah Jahan au 17e siècle. Nous étions quatre touristes et trois gardiens qui dormaient sur des bancs. L'air était froid, autour de 8°C, les fontaines éteintes à cette heure. Un gardien a allumé les jets d'eau à 6h30 précises, sur commande. Les reflets orangés sur l'eau calcaire, c'était joli, sans plus. La galère première journée : j'ai tenté de prendre le minibus local vers le fort de Lahore (Shahi Qila). Ligne 19, départ prévu à 7h. J'ai attendu 35 minutes. Le chauffeur a refusé ma monnaie indienne (reliquat du voyage précédent), il fallait des roupies pakistanaises. Un homme dans le bus a payé pour moi, 40 roupies (12 centimes). Je lui ai offert un café au Caffeine Corner en retour, le lieu de rendez-vous des jeunes Lahori, pris un latte (200 roupies, environ 60 centimes). Le fort de Lahore m'a déçu. Restaurations modernes maladroites, nombreux selfie-sticks des familles locales, vendeurs de barbe à papa partout. Mais l'Alamgiri Gate, cette porte du 17e siècle avec ses murs de grès rouge usés par les siècles, ça restait imposant. Les odeurs de henné et de poussière de route se mêlaient aux braises du marchand de charbon à côté. Entrée : 600 roupies. Après, marché de Badshahi Bazaar pour manger. J'ai commandé un haleem (ragoût de viande et lentilles) à un vendeur en rue, près de la gare ferroviaire de Lahore. Le mec a fait cuire sur un petit feu, odeur insistante de viande mitonnée et de gingembre. Assiette servie dans une feuille de bananier pliée, 250 roupies. C'était chaud, riche, pas mauvais du tout. Jeudi, j'ai pris le train pour Multan. Réservation en ligne via le site Pakistan Railways. Départ 6h30 de Lahore Cantonment (la vraie gare, pas celle du centre). Wagon climatisé, passable. Six heures de trajet dans la vallée de l'Indus. Paysages plats, champs de canne à sucre, villages aux maisons de terre cuite. Un homme assis à côté m'a offert du chai maison dans un thermos, nous avons discuté de football. À Multan, atterrissage à l'hôtel Ramada, chambre avec clim qui faisait un bruit infernal. Changement obligatoire en 48 heures. Multan, la « ville des saints ». Les mausolées (mazar) sont partout. Celui de Bahauddin Zakariya, un soufi du 12e siècle, était fermé pour travaux. J'ai visité celui de Shah Rukn-e-Alam à la place, entrée 500 roupies. Dôme bleu turquoise, intérieur carrelé, quelques pèlerins en prière sur tapis. C'est calme à l'intérieur, contraste total avec le chaos dehors. Les rues de Multan sont étroites, encombrées de motos qui klaxonnent sans relâche. On se sent petits. Repas du soir au restaurant Zargarh dans le vieux quartier. J'ai pris un karahi (curry à la poêle avec morceau de poulet, oignons, tomate) et des naans. Roquette bruyante du gaz des cuisines, le feu clair qu'on voit depuis la table. Repas complet : 600 roupies (moins de 2 euros). Les portions énormes, j'ai laissé la moitié. Samedi, bus Daewoo vers Islamabad (compagnie Skyways, départ 7h30, arrivée 15h après arrêts). Route chaotique, circulation imprévisible, deux arrêts pépites aux « dhabas » (petits restaurants routiers) pour chai et biscuits salés. Un checkpoint militaire, vérification des passeports rapide. À Islamabad, trois jours au Margalla Greens, petit hôtel tranquille de la zone F-7. Randonnée au trail de Margalla Hills en début de matin. Départ 5h45, sentier rocheux, température montant vite après 8h, 24°C à midi. Vue sur la capitale plate. Une vieille femme avec son troupeau de chèvres m'a demandé des roupies et du sucre (elle avait une préférences pour le sucre). Bilan du voyage : climat aride, nourriture épicée mais équilibrée, gens curieux et généreux. Les mosquées, ça revient partout, cinq appels à la prière par jour, impossible de l'ignorer. Les routes me stressaient, beaucoup d'accidents potentiels. Pas assez de temps pour Peshawar ou Chitral, les vraies montagnes du nord.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Badshahi la nuit, éclairée en blanc, vue depuis la terrasse du Pearl Continental Lahore
Marché de Badshahi Bazaar, essayer le haleem chez le vendeur en rue près de la gare (250 roupies)
Train Pakistan Railways vers Multan depuis Lahore Cantonment, wagon climatisé, paysages de la vallée
Mausolée de Shah Rukn-e-Alam à Multan, intérieur carrelé bleu, très calme (500 roupies)
Dhabas sur la route Islamabad-Multan, chai et biscuits salés, ambiance routière authentique
Photos — Lahore (Punjab, Pakistan)
Et au final.
Le Pakistan m'a séduit par son chaos contrôlé et ses habitants chaleureux, mais aussi frustré par les routes dangereuses et l'infrastructure touristique perfectible. Je reviendrais, mais plutôt pour le Baltistan en septembre. Un pays qui demande de la patience et de l'adaptabilité.








