Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 à l'hôtel Sunway Velocity KL, juste avant l'aube étouffante. La température affichait déjà 28 °C. Nous avons pris le taxi bleu et blanc jusqu'à la gare KL Sentral pour attraper le train vers Penang : 167 RM pour deux personnes aller simple. Le trajet de 4 h 45 en KTM Komuter nous a permis de voir défiler les plantations d'huile de palme et les petits villages. Pas climatisé à fond, fenêtres ouvertes, et l'odeur de diesel mélangée aux effluves d'une vendeuse de nasi lemak nous a collé à la peau. À Penang, nous avons loué une motocyclette auprès d'une vieille dame dans une ruelle du quartier de Georgetown. Elle nous a demandé 35 RM par jour, sans contrat, juste un regard méfiant. La première vraie galère : un arrêt moteur à mi-côte en montant vers le temple Kek Lok Si. Le bruit du moteur qui crachotait, la sueur qui dégouline malgré les 31 °C, et puis rien. Un garagiste a changé la bougie en 20 minutes pour 8 RM. Georgetown : ruelles collantes et street food brutale Georgetown dégage une sensation qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Les ruelles du centre-ville sont étroites, l'air chaud et humide plaqué à la peau. On transpire en marchant 50 mètres. Nous avons mangé aux étals du marché Penang Road à 10 h du matin : roti canai pour 1,50 RM, teh tarik sucré qui brûle les lèvres, laksa asam penang qui donne l'impression qu'on avale du feu. Le bouillon agresse d'abord, puis devient addiction. Le vendeur a dû refaire deux fois parce que je ne comprenais pas « kurang minyak » (moins d'huile). La mosquée Kapitan Keling date de 1801. On a enlevé les chaussures, les pieds ont collé au sol en marbre poli. Intérieur blanc, ventilateurs géants qui brassent de l'air chaud. Moment étrange : une grand-mère venait prier seule à 11 h, elle nous a montré comment se placer avec des gestes précis, souriante malgré nos maladresses évidentes. L'après-midi, nous avons grimpé jusqu'au temple Kek Lok Si après avoir réparé la moto. 228 marches qui semblent doubler sous cette chaleur. La vue sur le port de Georgetown vaut le coup : bateaux de pêche bleu et blanc, brume de chaleur au-dessus de l'eau. Entrée gratuite mais la pression pour acheter de l'encens (30 RM le lot) était clairement palpable. Kuala Lumpur : gratte-ciel et pétri de touristes Retour à KL par bus express Coach 701 (125 RM, 3 h 30 avec deux arrêts à des relais). Nous avons choisi l'hôtel Old China Café, une auberge au-dessus d'une ruelle du quartier Chinatown, juste à côté de la rue Jalan Petaling. Les Petronas Twin Towers dominent la ville à 452 mètres. Nous les avons escaladées un matin : 25 RM l'entrée, queue de 45 minutes malgré l'ouverture à 9 h. En haut, on voit vraiment jusqu'où s'étendent les banlieues de béton. Le marché central de Kuala Lumpur, près de la mosquée Masjid Jamek, était bondé un samedi matin. Odeur de poisson séché, de fruits tropicaux, bruits de marchands qui crient les prix. On a acheté des durians pour 8 RM le kilo : goût sucré et âcre, texture crémeuse. Ça reste sur les doigts et dans la bouche pendant 6 h, impossible de l'enlever même en se lavant trois fois. Détails du quotidien Grab (application de taxi) : très fiable, moins cher que les taxis blancs, mais les conducteurs mettent souvent une musique bollywood à fond. Repas : à part les étals, les restaurants touristiques affichent 28-45 RM par plat. Les climatisations sont réglées à 18 °C, on gèle après avoir marché dans la rue. Eau : achetée partout en petites bouteilles de 500 ml pour 0,70 RM. L'eau du robinet est techniquement potable mais personne ne la boit. Langue : l'anglais fonctionne dans les zones touristiques, moins dans les petits restaurants locaux. Pointing and nodding remained our best strategy. Nous avons raté le coucher de soleil sur la plage de Batu Ferringhi à Penang à cause d'une bouchon de deux heures. Arrivés à 19 h 20 au lieu de 18 h. La mer était grise, quelques baigneurs traînaient encore. Pas très spectaculaire.
Les bons plans repérés sur place.
Le marché Penang Road à Georgetown : roti canai et teh tarik dès 10 h, prix RM, vendeurs qui gesticulaient parce que je ne comprenais rien
Mosquée Kapitan Keling (Georgetown) : accès gratuit, calme absolue, apprentissage des rituels par une grand-mère patiente
Temple Kek Lok Si : 228 marches raides, vue sur le port, mais pression de vente omniprésente dès l'entrée
Bus express Coach 701 Penang-KL : 3 h 30 confortable, relais routiers avec nasi kuning fade mais abordable
Petronas Twin Towers (KL) : 452 m, file d'attente obligatoire, vue panoramique réelle mais surtout du béton à perte de vue
Photos — Kuala Lumpur et Penang
Et au final.
La Malaisie, c'est surtout l'humidité qui reste gravée : celle qui colle au corps, qui ternit les lunettes, qui rend chaque déplacement laborieux. Les gens sont discrets, rarement agressifs, les prix restent bas pour un voyageur occidental. Mais le pays m'a moins saisi qu'espéré. C'est beau par endroits, pénible par d'autres, sans moment vraiment transcendant.
