Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Kuala Lumpur un mardi matin vers 7h30. Après deux heures d'attente à la police des frontières et l'achat d'une carte SIM Celcom au comptoir duty-free (30 ringgits, soit environ 6 euros), nous avons pris l'express rail Klia à 10h15 jusqu'à la gare centrale. Le trajet de 57 kilomètres a duré 33 minutes. C'est là que j'ai réalisé la première galère : notre hôtel, le Tune Hotel KL Sentral, avait annulé notre réservation sans nous prévenir. Deux appels et une heure plus tard, on nous a proposé une chambre dans une autre branche du groupe. Pas idéal, mais au moins on avait un toit. Le premier jour, nous nous sommes perdus en cherchant les Petronas Twin Towers. Les pancarte étaient en malais et en anglais, mais les chiffres des rues ne correspondaient pas à notre plan. Un vendeur de nasi lemak près de la gare nous a montré le chemin en souriant. Son assiette complète (riz cuit à la noix de coco, œuf, anchois frit, concombre, sambal) coûtait 5 ringgits. Le sambal brûlait littéralement la gorge, une chaleur piquante qu'on n'oublie pas. Nous avons grimpé jusqu'au pont de jonction des Tours à 17h. La vue sur la jungle urbaine était dense, polluée même. KL n'est pas belle, c'est brut. Mais utile. Le marché de Petaling Jaya, qu'on appelait tous « le marché chinois », était chaotique. Odeur d'épices mélangée à celle des gaz d'échappement des motos. Nous avons testé les dim sum au restaurant Hong Kong en face (pas de signalétique anglaise, numéro 847 de la rue). Les har gow (boulettes crevettes) étaient tièdes. 6 ringgits seulement pour trois assiettes. Le vendeur de l'étal d'à côté nous a proposé des contrefaçons de Rolex avec un sourire tellement naturel qu'on a dû rire. Jour 5, nous avons pris l'autobus intercités express Transnasional de Kuala Lumpur vers Penang (billet 25 ringgits, départ 9h45, durée 4h20). Le bus s'est arrêté trois fois pour des vérifications routières. À Penang, nous avons loué une moto chez Rent-A-Bike, Jalan Sultan Ahmad Shah (100 ringgits par jour). Grosse erreur : le permis international n'était pas reconnu, mais le mec a fermé les yeux. On a roulé jusqu'à Georgetown, le cœur historique de l'île, inscrit au patrimoine mondial. Georgetown nous a plaqués. Les shophouses peintes aux couleurs vives, datant du XIXe siècle, s'entassaient le long de la rue Chulia. Nous avons découvert le café Lebuh Chulia Coffee House vers 11h du matin. Un couple de Français qui voyageait depuis trois ans était attablé là. Le teh tarik (thé tiré à la malaisienne) était sucré, presque caramel. 2,50 ringgits. Nous avons passé trois heures dans ce café, simplement à écouter le bruit des pas dans la ruelle, les vendeurs d'objets religieux, les appels des livreurs. C'était un moment où tout s'arrêtait. Pas de posture touristique. Juste du temps. Le temple Kek Lok Si, perché en haut de la colline Ayer Itam, nécessitait une funiculaire. 8 ringgits l'aller-retour. Nous avions lu que le coucher de soleil y était spectaculaire, mais il y avait trop de nuages ce jour-là. La montée à pied aurait pris une heure. Nous avons croisé une classe d'école en uniforme bleu blanc, hyper disciplinée, qui faisait le circuit touristique. Aucun bruit, aucune frivolité. La visite a duré 40 minutes. Notre galère majeure : une intoxication alimentaire probable au restaurant de plage de Batu Ferringhi. Nous avions commandé du poisson grillé (32 ringgits) avec une sauce soja maison. La température de la journée avoisinait les 33 degrés. Le lendemain matin, mal de ventre confirmé. Trois heures aux toilettes. C'est bête, mais c'est ça aussi, la route. Le jour du départ, nous avons trainé à l'aéroport Penang à 14h. Vol AirAsia direction Kuala Lumpur (vol FY950, 13h40). Un dernier thé au kopi-o (café noir, 2 ringgits) à la cafétéria. Pas mauvais, finalement.
Les bons plans repérés sur place.
La rue Chulia à Georgetown (Penang) — shophouses du XIXe siècle, cafés locaux, vraiment moins touristique le matin avant 9h
Le marché de Petaling Jaya à Kuala Lumpur — dim sum tièdes mais authentiques, chaos organisé
Le temple Kek Lok Si avec la funiculaire (8 ringgits) — même par mauvais temps, la vue vaut le coup
Le Lebuh Chulia Coffee House à Georgetown — thé tarik, ambiance de quartier, pas de musique forcée
L'express rail Klia de l'aéroport (57 km en 33 min, environ 15 euros) — rapide et propre pour arriver à Kuala Lumpur sans prise de tête
Et au final.
La Malaisie ne nous a pas enchantés comme on l'espérait. C'est un pays de transit, d'étapes. Kuala Lumpur est bien, mais sans âme. Penang avait plus de caractère, surtout Georgetown. Le vrai plus : la nourriture bon marché et la facilité des transports. Le moins : la chaleur humide, l'omniprésence des murs publicitaires, et cette sensation que le tourisme était déjà trop installé pour qu'on découvre quelque chose de neuf.