Comment ça s'est passé.
Arrivée et premiers pas à KotorNous avons atterri à Podgorica avec Air Serbia vers 14 h 30, un vol direct de Marseille. La gare routière centrale (Autobusna Stanica) proposait des minibus pour Kotor (3 euros, trajet 2 h 30). Le chauffeur roulait vite sur la route côtière — trop vite. À la sortie de Budva, un virage sec : un freinage d'urgence. Moment de panique. Mais on n'a rien eu, et on a finalement apprécié cette dernière portion qui longe la baie de Kotor, vue spectaculaire sur les falaises grises qui plongent dans l'eau turquoise. Nous avons loué un petit appartement chez Marija Petrovic (trouvé sur Airbnb), au 12 Rue Vrata od Mora, vieille ville. Marija nous a accueilli à 17 h avec du rakija fait maison. L'odeur piquante et sucrée du raisin fermenté, c'était un peu violent pour le nez, mais attachant. L'appartement : deux pièces, tapis épais, photos de famille partout, une douche où l'eau chaude mettait 5 minutes à arriver. Pour le prix : 35 euros la nuit. Exploration de la vieille ville et premiers repasKotor, c'est un labyrinthe. Des ruelles étroites — parfois 1,5 mètre de large. Les murs en calcaire blanc gris sont usés, écaillés, couverts de mousse verte. On s'est perdu deux fois les deux premiers jours, mais c'était le but. Restaurant Old Town Grill : nous y avons mangé le deuxième soir. Nous commandé des pâtes maison aux fruits de mer — les pieuvre (poulpe) cuites à point, tendres. La serveuse, Svetlana, parlait français. 18 euros pour deux plats, vin compris. L'ambiance était chaude, des Monténégrins qui jouaient au backgammon en fumant, le son des verres qu'on choque régulièrement. L'odeur d'huile d'olive et de citron flottait partout. Nous avons passé une matinée au marché central (Pazar), ouvert dès 6 h. Étals de pêches, cerises, tomates cerises. Un vendeur proposait des anchois frais à 5 euros le kilo. On a acheté du fromage blanc local (kajmak), très riche, crémeux, une sorte de crème fraîche concentrée. Galère : le vendeur n'acceptait que les espèces. Nous avions une carte, donc on a dû aller au distributeur à 200 mètres. Petit agacement, mais normal ici. Randonnée vers la Forteresse de Sveti IvanLevés à 5 h 30 pour monter à la forteresse. Départ du parking près de la Cathédrale Saint-Tryphon (Katedra Svetog Trifuna). La montée : 1 h 15 de raide. Murs de pierre sèche, pas d'ombre, soleil déjà à 28 degrés à 6 h 30. Les jambes brûlaient. Au sommet, on voyait toute la baie comme sur une carte. Les montagnes en arrière-plan, très sombres. La mer presque noire sous le soleil levant. On est resté une heure. Redescente par le même chemin. Vers 10 h, on s'est effondré au Café Maximus (terrasse, prix touristique mais correct). Cappuccino : 2 euros. Pâtisserie locale (baklava au miel) : 1,5 euros. Le sucre, ça a sauvé les jambes. Excursion en bateau dans la baieJeudi, nous avons réservé une excursion en bateau pour 22 euros par personne. Départ à 9 h du port de Kotor Nord, avec une petite compagnie locale (bateau privatisé : 12 passagers max). Le skipper, Dragan, avait 60 ans, barbe grise, accent très fort. Il nous a menés aux îles de Gospa od Škrpjela et Sv. Đorđe — deux îlots avec église chacun. L'eau était à 24 degrés, très claire. On voyait les poissons en bas. Moment marquant : Dragan nous a donné à chacun un petit verre de vin blanc local avec du fromage blanc (kajmak) en haut de Sv. Đorđe, pieds nus sur les pavés chauds. Cette simplicité, ce partage spontané, sans fioritures, c'était quand même fort. Retour vers 13 h. L'après-midi, repos à la plage de Plaža Jaz (au sud, 15 min de bus, ligne 32, 1,5 euros). Sable gris, eau cristalline. Nous avons dû payer 5 euros pour deux transats et un parasol. C'était un peu vide, pas de bars, pas de musique — reposant mais un peu tristounet aussi. Détours vers Budva et CetinjeUne journée, nous avons pris le bus pour Budva (ligne 1, 2,5 euros, 45 min). Budva, c'est plus touristique, plus bruit, plus chaînes de restaurants. La vieille ville ressemblait à Kotor mais en plus serré, en plus artificiel. Pas mal, mais on a préféré Kotor. Retour le soir. Jour 8, montée à Cetinje en minibus depuis Kotor (gare routière centrale, bus direct, 2 euros, 50 min de route très curvy). Cetinje : ancienne capitale, altitude 900 m, il y faisait 18 degrés en plein jour. Visite du Monastère d'Ostrog — un petit monastère accroché à la falaise. Vue sur la vallée : grise, verte, brumée. Nous avons croisé une vieille femme qui vendait des images religieuses et du miel devant l'entrée. Son miel : 8 euros le pot. On n'a pas acheté, un peu cher. On a regretté après. Derniers jours et galères matériellesJour 9, nous avons voulu nous baigner à Kotor même (petite plage privée). L'eau : froide, 20 degrés. Pas réjouissant de septembre. Nous nous attendions à mieux. On s'est forcé une demi-heure, puis on a abandonné. Le dernier jour, préparation du départ. Retard du minibus pour l'aéroport : 20 minutes. Le chauffeur s'était endormi au café. On a tourné en rond à Kotor en catastrophe, puis c'était bon. Arrivée à Podgorica juste à l'heure pour l'enregistrement. Repas d'adieu le jour 9 au restaurant Stari Vino (Rue Strata, cœur de la vieille ville). Gratin de fruits de mer (branzino, crevettes, poulpe) : 22 euros. Vin de Plantaze (vignoble du pays) : 5 euros le verre. Très bon. On a parlé avec le propriétaire : un homme de 50 ans, Nikola, qui racontait que le tourisme avait sauvé Kotor après 1990 (les guerres). Conversation brève, sincère.
Les bons plans repérés sur place.
Forteresse de Sveti Ivan : départ au lever du soleil depuis le parking de la Cathédrale Saint-Tryphon pour éviter les touristes
Restaurant Old Town Grill (rue principale) : pâtes aux fruits de mer maison, 18 euros, serveuse parlant français
Excursion en bateau privé avec Dragan (22 euros, départ port nord) : îles de Gospa od Škrpjela et Sv. Đorđe avec verre de vin
Marché central (Pazar) : anchois frais, kajmak, fruits locaux, ouvert dès 6 h, espèces obligatoires
Monastère d'Ostrog à Cetinje : minibus 2 euros depuis Kotor, falaise spectaculaire, vendeur de miel artisanal
Photos — Kotor
Et au final.
Dix jours à Kotor, c'était bon. La baie est belle, l'atmosphère vraiment moins commerciale qu'on ne s'y attendait. Les Monténégrins sont accueillants mais distants — pas de chaleur exubérante. Un bémol : les prix montent vite dès qu'on sort des petits restaurants locaux, et septembre commence déjà à refroidir l'eau. On reviendrait, mais plutôt en août prochain.








