Comment ça s'est passé.
On arrive le 15 mars à 14h30 à l'aéroport de Podgorica avec nos deux grosses valises. Vol Air Serbie, rien de fou, mais on est contents d'être là. La navette directe vers Kotor coûte 25 euros par personne, trajet d'une heure et demie sur une route qui ondule pas mal. Le chauffeur sent l'eau de Cologne bon marché et klaxonne tous les dix kilomètres sans raison apparente. On s'installe à la Citadel Guest House, une petite maison dans les ruelles de la vieille ville, à 60 euros la nuit pour une chambre double. La proprio est adorable mais elle nous prévient d'emblée : l'eau chaude arrive à 18h, pas avant. On prend note. Les murs épais sentent l'humidité de la pierre séculaire et le savon à la lavande. C'est pas désagréable. Le lendemain, on grimpe tôt vers la Forteresse de Saint-Jean, levés à 6h du matin. L'escalade dure 45 minutes, les jambes brûlent. Arrivés en haut, le silence est total. On entend juste le bruit des vagues en bas et des cloches lointaines. Vue sur les Bouches de Kotor, cette baie qui ressemble effectivement à un fjord—on ne peut pas le nier même si c'est devenu cliché. L'air est frais, on voit notre respiration. Premiers accrocsLe 17 mars, on loue une voiture à la Hertz de Podgorica pour explorer. Le mec à l'accueil nous facturable un truc appelé « frais d'assurance supplémentaire » qu'on n'avait pas demandé. Après 15 minutes de négociation en anglais laborieux, on descend à 12 euros par jour. La voiture sent l'intérieur de voiture—cette odeur âcre et synthétique qu'on retrouve partout. Elle a 185 000 km au compteur et une rayure profonde sur le côté droit. On prend des photos avant de partir. On fonce vers Perast, petit village avec deux îles-forteresses au milieu de l'eau. Route côtière magnifique, mais attention : il y a des nids-de-poule impressionnants entre Kotor et là-bas. La route n° 8 est pratiquement un chemin défoncé sur les trois derniers kilomètres. On croise un bus local qui manque de nous rentrer dedans. Le chauffeur ne ralentit pas, klaxonne une fois, voilà. À Perast, on mange une omelette au fromage de chèvre local pour 8 euros à la Taverna Fisic, avec une vue sur les deux églises dans l'eau. C'est bon, pas exceptionnel. Le goût du fromage est très salé, presque agressif. Budva et ses surprisesOn descend ensuite à Budva, la ville balnéaire « branchée ». C'est plus touristique qu'on l'imaginait. La plage principale ressemble à un parking de mers Adriatiques. Mais la vieille ville a du charme, les ruelles sont étroites, les pierres rouges par endroits. On rentre au Mogren Beach, la deuxième plage, moins fréquentée. Il fait 12 degrés, on n'y va pas vraiment. On croise une couple français au bar Casablanca qui nous dit de pas commander la spécialité du jour (poulpe grillé), que c'est un piège à touristes. On écoute pas et on commande. 16 euros le poulpe. C'est correct, tendre, avec du citron pressé. Pas un piège finalement. La bière locale, la Nikšička, coûte 2,5 euros au bar. C'est sucré, très sucré même, pas vraiment notre truc. Les montagnes et la vraie MonténégroLe 20 mars, on remonte vers les montagnes. Direction le Parc National de Durmitor, à deux heures de Kotor. La route grimpe, grimpe. On passe par Cetinje, l'ancienne capitale, avec ses monastères. Petit bémol : le monastère de Cetinje demande un « don » de 5 euros pour les laisser rentrer. C'est écrit nulle part. On pose la question, la femme à l'entrée hausse les épaules. On donne pas et on part. Ambiance un peu pesante. À Zabljak, on loge à la Eko Oaza Guest House, 45 euros la nuit. La proprio prépare un petit déj fait maison : fromage blanc local, miel, pains chauds à la sortie du four. Le miel a ce goût légèrement amer des montagnes. Ça change complètement des petits déj côte. On passe l'après-midi au Lac Noir (Crno jezero). Il n'y a personne. C'est froid, gris, les arbres sont encore sans feuilles. On marche deux heures autour. Les seuls bruits : nos pas, le vent dans les branches, un oiseau qu'on ne reconnaît pas. Retour et détails finauxSur le retour, on s'arrête à la Gare routière de Podgorica pour prendre des infos sur les bus pour Tivat. Il y a des vendeurs de sandwichs gras, c'est bruyant, chaotique. On achète un ticket pour le Flixbus du 25 mars (14 euros par personne). Le bus est arrivé 20 minutes en retard. Pas dramatique, on était prévenus. Dernière soirée à Kotor. On cuisine dans la maison avec les ingrédients du marché local (les tomates coûtent 1,5 euros le kg). On croise une vieille dame qui vend des pâtisseries dans la ruelle. Elle parle pas anglais, on mime les choses. Elle nous vend trois pâtisseries au fromage pour 3 euros. Elles sont excellentes, succulentes même. Elle sourit quand elle nous voit manger.
Les bons plans repérés sur place.
Forteresse de Saint-Jean au coucher du soleil (45 min de montée, 2 euros d'entrée)
Taverna Fisic à Perast : omelette au fromage et vue sur les deux îles
Lac Noir près de Zabljak : marche de 2h dans le silence total, eau gelée
Marché central de Kotor, mercredi matin : tomates, fromages locaux, pâtisseries
Route côtière entre Kotor et Perast : préparez-vous aux ralentissements (nids-de-poule)
Photos — Kotor
Et au final.
Dix jours intenses. Kotor c'est petit, les ruelles finissent par se répéter, mais la baie a quelque chose de serein. Les montagnes sont pures, les gens directs sans être froids. Le road trip était épuisant par moments (routes cassées, conducteurs agressifs), et l'eau froide de la Baie nous a dépus—on espérait nager plus. À 4 sur 5, surtout pour la nourriture locale et les monastères en montagne.








