Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Colombo un mardi matin, étouffés par l'humidité de 28°C dès la sortie de l'avion. Après trois heures de bus avec la Sri Lanka Transport Board (ligne 138, terrible climatisation), nous avons rejoint Kandy en fin d'après-midi. La route était chaotique, les klaxons constants, un vendeur de noix de coco a jeté presque son produit par la vitre ouverte du bus. C'était notre premier choc : rien de zen, juste du chaos routier bruyant. L'hôtel Kandy House, une maison coloniale reconvertie rue Saranankara, nous a accueillis avec du thé au jasmin et une chambre sombre mais propre. Le propriétaire, Ravi, nous a aussitôt proposé un tour du Temple de la Dent. Nous y sommes allés le mercredi à 17h30, juste avant la puja du soir. L'odeur de l'encens était prenante, étouffante presque, mélangée à celle des fleurs de jasmin fraîchement offertes aux moines. Nous avons dû ôter nos chaussures et rouler nos pantalons jusqu'aux genoux pour le respect. Une Allemande devant nous s'est plainte d'une arnaque au « conseil de pèlerin » : un faux moine lui proposait des tours privés à 80 euros. Nous l'avions remarqué, donc esquivé. Plantations de thé et premier malaiseLe jeudi, nous avons pris un taxi-tuk-tuk négocié à 2500 roupies sri-lankaises (environ 8 euros) pour nous rendre à Nuwara Eliya, point de départ des visites de plantations. À Dambardeniya Estate, nous avons déjeuné dans leur restaurant : curry de lentilles rouge vif, riz blanc, sambols acides. Coût : 550 roupies par plat. J'ai mangé trop vite, la chaleur, le manque de sommeil. Le lendemain matin, j'ai eu une gastro-entérite pendant 24 heures. Les toilettes de l'auberge étaient basiques, sans porte qui ferme complètement. C'est la réalité qu'on ne dit pas dans les blogs. Malgré cela, le samedi, totalement rétablie, j'ai participé à la cueillette de thé à Ambewella Estate. Les cueilleuses, majoritairement des femmes tamoules, nous ont montré les gestes : pincez les deux feuilles du haut et le bourgeon. À 6h30 du matin, mes mains gelaient malgré les 22°C affichés. Une fille, Priya, m'a dit en anglais cassé qu'elle gagnait 450 roupies par jour. Nous avons rempli notre panier en trois heures. Ensuite, la visite de l'usine de séchage : les feuilles passaient dans des tunnels à 90°C, l'odeur terreuse était intense, presque âcre. Une machine s'est bloquée pendant 10 minutes, les ouvriers ne semblaient pas pressés. Marchés et restaurants réelsLe dimanche marché à Kandy City Center : fruits tropicaux entassés, dragon fruit, mangues, ramboutans. Un vendeur nous a vendu des bananes à 80 roupies le kilo en disant que c'était les meilleures. Elles étaient normales. Nous avons également mangé au restaurant Balaji, derrière le marché : dosai croustillant servi avec du sambar épicé à craquer. Prix : 320 roupies. L'endroit était bruyant, rempli de locaux, zéro touriste. Exactement ce qu'on voulait. Gare centrale de Kandy, nous avons pris un train pour Ella le lundi (ligne 0698, Sri Lanka Railways). Le billet côté fenêtre : 600 roupies. Cinq heures à traverser les montagnes couvertes de plantations. Une femme avec des poules vivantes en cage était assise à côté de nous. Les freins du train ont lâché une odeur brûlée entre Nanu Oya et Demodara. Trois retards cumulés, nous sommes arrivés à 19h15 au lieu de 14h. Ella était minuscule, 20 000 habitants, perdu dans les montagnes. Ella et retour vers la réalitéLogement basique à Ella Motel pour trois nuits. Lever à 4h45 le mardi pour le lever du soleil sur Little Adam's Peak. Le sentier était glissant, boueux après la pluie nocturne. Douze minutes de marche, pas difficile. Le soleil s'est levé rose puis jaune vif à 6h12 exactement, on voyait les vallées de plantations en bas. Moment où on a vraiment ressenti pourquoi les gens viennent ici. Jeudi retour à Colombo via bus intercité (Thalawanella Pirivena, compagnie SLT), neuf heures de route. Arrêt à un temple bouddhiste où on devait acheter des flores forcément surpayées. Volée de moineaux bruyants au moment de partir. Nous avons terminé par deux jours à Negombo, plage de la côte ouest, pour décompresser à l'hôtel Coral Strand avec sa terrasse face à l'océan Indien. Dernier repas : grilled kingfish à la villa Arentella pour 1800 roupies, excellent.
Les bons plans repérés sur place.
Temple de la Dent sacré à Kandy, puja du soir à 17h30 (senteur étouffante d'encens et fleurs)
Cueillette de thé à Ambewella Estate dès 6h30, les mains froides sur les feuilles humides
Marché Kandy City Center dimanche, vendeurs de ramboutans et dosai au restaurant Balaji voisin
Lever de soleil Little Adam's Peak depuis Ella, 4h45 de départ, paysage vallées plantations à 6h12
Et au final.
Sri Lanka nous a plu malgré les galères : gastro, arnaqueurs, trajets interminables. Les gens sont accueillants, le thé vaut vraiment le détour, la nature est dense et vivante. Mais c'est un pays avec ses aspérités, pas une bulle de vacances. À refaire, oui, mais avec plus de repos et moins de bus.