Comment ça s'est passé.
On arrive à l'aéroport international Hamid Karzaï vers 14 h 30, après un vol Turkish Airlines au-dessus des montagnes hindoukouchs. Le tarmac brûle sous le soleil de septembre, au moins 38 degrés. Les formalités traînent – trois heures à la douane, des questions répétitives, mais finalement pas de vrai souci. On prend un taxi blanc depuis l'aéroport jusqu'à l'hôtel Kabul Star, rue Darulaman, environ 25 km, tarif négocié à 40 dollars. La route est chaotique : nids-de-poule, motos qui coupent partout, deux points de contrôle où les militaires demandent les papiers. L'hôtel Kabul Star dispose de chambres correctes, 35 dollars la nuit avec petit déj. On lève à 5 h pour explorer le bazar Mandawi avant la chaleur. L'odeur envahit d'abord : mélange de cardamome, de mouton grillé, d'épices étalées sur les tapis. Les commerçants crient pour vendre leurs daim, leurs raisins secs, leurs noix de pistache – on en achète pour 800 afghanis (10 euros) à un vieux vendeur qui nous propose du thé. Les passages sont étroits, on frôle les étalages. Un moment où un enfant nous vole notre montre : on s'en rend compte deux rues plus loin. Frustrant. On reprend le taxi, cela nous déprime un peu. On déjeune à midi au restaurant Kabul Serena, dans le quartier de Wazir Akbar Khan. Leur qabuli palao (riz avec viande de chèvre) coûte 350 afghanis, c'est servi chaud, le goût est riche, presque sucré avec les carottes râpées. Le pain naan sort du tandoor toutes les 20 minutes, on sent l'odeur partout en salle. Le propriétaire nous raconte que son fils habite en Belgique, il veut absolument qu'on lui donne des nouvelles de Bruxelles. Sympa, mais un peu lourd. On reste une heure. L'après-midi, on visite le musée national afghan, dans le quartier de Darulaman. L'entrée coûte 100 afghanis. Les collections sont fragmentées – beaucoup d'œuvres manquent, pillées entre 1990 et 2001. On voit des monnaies gréco-bactriennes, des manuscrits persans, quelques statues. L'air est étouffant à l'intérieur, peu de ventilation. On sort après deux heures. Pour le dîner, on mange au café Lido, près de la mosquée Pul-i-Kheshti. On commande un ashak (sorte de ravioli à la ciboule) pour 200 afghanis et du kofta pour 280 afghanis. C'est bon, copieux. La température descend enfin vers 20 heures, ça devient respirable. On croise pas mal d'Afghans en vêtements traditionnels, quelques femmes en burka, d'autres sans voile. Les gens sont curieux de nous. Un homme nous propose ses services de guide pour visiter Bamiyan, on prend son numéro. Le jour 3, on loue une voiture via notre hôtel pour la route vers Bamiyan, 240 km à l'ouest. Le trajet dure 8 heures avec trois arrêts. On roule à 60 km/h en moyenne, les routes sont cabossées. On passe par Band-e Amir, lac magnifique, on s'arrête une heure. Le bleu de l'eau contraste avec les rochers bruns. Pas beaucoup de touristes, juste quelques familles locales. On arrive à Bamiyan vers 19 h, à l'hôtel Bamiyan Paradise, 20 dollars la nuit. Le lendemain matin, on visite les niches où se trouvaient autrefois les Bouddhas géants (détruits en 2001). Les falaises sont impressionnantes, rouges et ocre. On marche deux heures. Aucune trace des statues, bien sûr. Les habitants me montrent des photos anciennes sur leur téléphone. Un moment étrange : ce qu'on voit c'est l'absence. On déjeune dans la vallée chez un fermier, pain maison et miel pour 300 afghanis. On revient à Kaboul le jour 5. Le trajet retour est plus lent – une voiture en panne devant nous ralentit le convoi. On arrive fatigué. On reste trois jours à Kaboul ensuite, à flâner, à repérer les quartiers moins touristiques. On mange des soupes (shorba) au marché, on visite le Chicken Street (rue avec boutiques de souvenirs), on regarde les gens jouer au buzkashi. Honnêtement, c'est un voyage compliqué. La sensation permanente d'être observé, l'insécurité diffuse (même si on n'a rien subi), les galères administratives, c'est épuisant. Les gens sont souvent bienveillants, mais le contexte pèse. On part le jour 12 sans regret majeur, mais aussi sans envie de revenir.
Les bons plans repérés sur place.
Bazar Mandawi tôt le matin (avant 7 h) pour les épices et le thé – y aller avec un guide de confiance
Les niches de Bamiyan, falaises rouges, marche de 2 h, partir de Kaboul très tôt (4 h du matin)
Restaurant Kabul Serena pour le qabuli palao authentique et les discussions avec le propriétaire
Band-e Amir sur la route de Bamiyan – lac bleu entouré de falaises, peu fréquenté
Musée national afghan, collections gréco-bactriennes, 100 afghanis, 2 h suffisent
Photos — Kaboul
Et au final.
L'Afghanistan n'est pas une destination touristique classique – c'est un lieu qui demande du courage, de la patience et une bonne assurance. Les gens sont accueillants, la cuisine est excellente, les paysages près de Bamiyan valent le détour. Mais la lourdeur sécuritaire, les routes, et le vol à Mandawi nous ont rappelé que ce voyage, c'était un défi personnel plutôt qu'une détente. À recommander surtout aux voyageurs expérimentés.








