Kaboul en septembre : entre bazar Mandawi et chaos des routes
CarnetAfghanistan202612 jours

Kaboul en septembre : entre bazar Mandawi et chaos des routes

On arrive à l'aéroport international Hamid Karzaï vers 14 h 30, après un vol Turkish Airlines au-dessus des montagnes hindoukouchs. Le tarmac brûle sous le soleil de septembre, au moins 38 degrés. Les formalités…

M8
Publié le
12 jours1 album3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On arrive à l'aéroport international Hamid Karzaï vers 14 h 30, après un vol Turkish Airlines au-dessus des montagnes hindoukouchs. Le tarmac brûle sous le soleil de septembre, au moins 38 degrés. Les formalités traînent – trois heures à la douane, des questions répétitives, mais finalement pas de vrai souci. On prend un taxi blanc depuis l'aéroport jusqu'à l'hôtel Kabul Star, rue Darulaman, environ 25 km, tarif négocié à 40 dollars. La route est chaotique : nids-de-poule, motos qui coupent partout, deux points de contrôle où les militaires demandent les papiers. L'hôtel Kabul Star dispose de chambres correctes, 35 dollars la nuit avec petit déj. On lève à 5 h pour explorer le bazar Mandawi avant la chaleur. L'odeur envahit d'abord : mélange de cardamome, de mouton grillé, d'épices étalées sur les tapis. Les commerçants crient pour vendre leurs daim, leurs raisins secs, leurs noix de pistache – on en achète pour 800 afghanis (10 euros) à un vieux vendeur qui nous propose du thé. Les passages sont étroits, on frôle les étalages. Un moment où un enfant nous vole notre montre : on s'en rend compte deux rues plus loin. Frustrant. On reprend le taxi, cela nous déprime un peu. On déjeune à midi au restaurant Kabul Serena, dans le quartier de Wazir Akbar Khan. Leur qabuli palao (riz avec viande de chèvre) coûte 350 afghanis, c'est servi chaud, le goût est riche, presque sucré avec les carottes râpées. Le pain naan sort du tandoor toutes les 20 minutes, on sent l'odeur partout en salle. Le propriétaire nous raconte que son fils habite en Belgique, il veut absolument qu'on lui donne des nouvelles de Bruxelles. Sympa, mais un peu lourd. On reste une heure. L'après-midi, on visite le musée national afghan, dans le quartier de Darulaman. L'entrée coûte 100 afghanis. Les collections sont fragmentées – beaucoup d'œuvres manquent, pillées entre 1990 et 2001. On voit des monnaies gréco-bactriennes, des manuscrits persans, quelques statues. L'air est étouffant à l'intérieur, peu de ventilation. On sort après deux heures. Pour le dîner, on mange au café Lido, près de la mosquée Pul-i-Kheshti. On commande un ashak (sorte de ravioli à la ciboule) pour 200 afghanis et du kofta pour 280 afghanis. C'est bon, copieux. La température descend enfin vers 20 heures, ça devient respirable. On croise pas mal d'Afghans en vêtements traditionnels, quelques femmes en burka, d'autres sans voile. Les gens sont curieux de nous. Un homme nous propose ses services de guide pour visiter Bamiyan, on prend son numéro. Le jour 3, on loue une voiture via notre hôtel pour la route vers Bamiyan, 240 km à l'ouest. Le trajet dure 8 heures avec trois arrêts. On roule à 60 km/h en moyenne, les routes sont cabossées. On passe par Band-e Amir, lac magnifique, on s'arrête une heure. Le bleu de l'eau contraste avec les rochers bruns. Pas beaucoup de touristes, juste quelques familles locales. On arrive à Bamiyan vers 19 h, à l'hôtel Bamiyan Paradise, 20 dollars la nuit. Le lendemain matin, on visite les niches où se trouvaient autrefois les Bouddhas géants (détruits en 2001). Les falaises sont impressionnantes, rouges et ocre. On marche deux heures. Aucune trace des statues, bien sûr. Les habitants me montrent des photos anciennes sur leur téléphone. Un moment étrange : ce qu'on voit c'est l'absence. On déjeune dans la vallée chez un fermier, pain maison et miel pour 300 afghanis. On revient à Kaboul le jour 5. Le trajet retour est plus lent – une voiture en panne devant nous ralentit le convoi. On arrive fatigué. On reste trois jours à Kaboul ensuite, à flâner, à repérer les quartiers moins touristiques. On mange des soupes (shorba) au marché, on visite le Chicken Street (rue avec boutiques de souvenirs), on regarde les gens jouer au buzkashi. Honnêtement, c'est un voyage compliqué. La sensation permanente d'être observé, l'insécurité diffuse (même si on n'a rien subi), les galères administratives, c'est épuisant. Les gens sont souvent bienveillants, mais le contexte pèse. On part le jour 12 sans regret majeur, mais aussi sans envie de revenir.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Bazar Mandawi tôt le matin (avant 7 h) pour les épices et le thé – y aller avec un guide de confiance

2

Les niches de Bamiyan, falaises rouges, marche de 2 h, partir de Kaboul très tôt (4 h du matin)

3

Restaurant Kabul Serena pour le qabuli palao authentique et les discussions avec le propriétaire

4

Band-e Amir sur la route de Bamiyan – lac bleu entouré de falaises, peu fréquenté

5

Musée national afghan, collections gréco-bactriennes, 100 afghanis, 2 h suffisent

Album · 7 photos

Photos — Kaboul

Kaboul en septembre : entre bazar Mandawi et chaos des routes
Kaboul — 2
Kaboul — 3
Kaboul — 4
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Kaboul — 6
Kaboul — 7
Conclusion

Et au final.

L'Afghanistan n'est pas une destination touristique classique – c'est un lieu qui demande du courage, de la patience et une bonne assurance. Les gens sont accueillants, la cuisine est excellente, les paysages près de Bamiyan valent le détour. Mais la lourdeur sécuritaire, les routes, et le vol à Mandawi nous ont rappelé que ce voyage, c'était un défi personnel plutôt qu'une détente. À recommander surtout aux voyageurs expérimentés.

En résumé

Avis Kaboul : carnet de voyage de 12 jours par marcbrussels-84

Destination
Kaboul
Pays
Afghanistan
Durée
12 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@marcbrussels-84
L'essentiel

Kaboul en bref

Pourquoi choisir Kaboul

  • Immersion authentique au bazar Mandawi : épices, traditions artisanales, rencontres directes.
  • Découverte des niches des Bouddhas de Bamiyan : patrimoine architectural unique et poignant.
  • Cuisine afghane excellente et peu chère : qabuli palao, ashak, pain naan traditionnel.
  • Paysages montagneux remarquables : hindoukouchs, Band-e Amir, falaises ocre de Bamiyan.
  • Destination hors des sentiers battus pour voyageurs en quête de défis et d'authenticité.

Pour qui ?

  • Voyageurs expérimentés cherchant l'authenticité et les défis
  • Amateurs d'archéologie et de patrimoine culturel
  • Explorateurs intéressés par l'Asie centrale hors circuit touristique
  • Passionnés de gastronomie et cuisines traditionnelles
  • Personnes avec bonne tolérance au stress et à l'imprévu

À éviter si…

  • Vous cherchez un séjour relaxant et sans stress administratif.
  • Vous êtes sensible aux problèmes de sécurité ou à l'instabilité politique.
  • Vous ne tolérez pas les routes défoncées et les trajets longs et éprouvants.
  • Vous avez besoin de confort moderne et d'infrastructures touristiques développées.
À découvrir aussi
Aéroport international Hamid KarzaïChaîne de montagnes HindoukouchsBazar MandawiQuartier Wazir Akbar KhanQuartier DarulamanMosquée Pul-i-KheshtiBamiyanNiches des Bouddhas de BamiyanLac Band-e AmirChicken StreetMusée national afghanVallée de Bamiyan

Photos communautaires : Kaboul

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Bodhisattva (Musée Guimet, Paris)
Bodhisattva (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Le roi et la reine d'Afghanistan en 1928 à Versailles (Musée Guimet, Paris)
Le roi et la reine d'Afghanistan en 1928 à Versailles (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Le Bodhisattva Maitreya entouré de fidèles (Musée Guimet, Paris)
Le Bodhisattva Maitreya entouré de fidèles (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Plaques d'ivoire indien sculpté du trésor de Begrâm (musée Guimet, Paris)
Plaques d'ivoire indien sculpté du trésor de Begrâm (musée Guimet, Paris)
© dalbera
Carte des sites archéologiques de l'Afghanistan (Musée Guimet, Paris)
Carte des sites archéologiques de l'Afghanistan (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Questions fréquentes

FAQ — Kaboul

Quel est le meilleur moment pour visiter Kaboul ?

Septembre offre des températures encore élevées (38°C en début de mois) mais supportables. Les montagnes hindoukouchs sont accessibles et les routes relativement praticables. Éviter l'hiver (routes fermées) et l'été intense (plus de 40°C).

Combien coûte un voyage à Kaboul ?

Budget modéré : hôtels 20-35 dollars/nuit, repas 200-350 afghanis (2-4 euros), taxi 40 dollars pour l'aéroport. 12 jours reviennent à environ 600-800 euros hors vol. Les prix locaux restent bas pour un touriste occidental.

Est-ce sûr de visiter Kaboul ?

L'auteur rapporte une sensation d'insécurité diffuse et un vol à Mandawi, mais aucun incident grave. La sécurité dépend fortement du contexte politique actuel. Un guide local et une préparation minutieuse sont essentiels. Seuls les voyageurs expérimentés sont conseillés.

Peut-on visiter les Bouddhas de Bamiyan ?

Les statues ont été détruites en 2001, mais les niches monumentales subsistent dans des falaises impressionnantes ocre et rouges. Le site reste visuellement puissant et vaut un détour (240 km de Kaboul, 8 heures de route). Les habitants conservent des photos anciennes.

Quels sont les incontournables à Kaboul ?

Le bazar Mandawi pour l'immersion sensorielle (épices, fruits secs, artisanat), le musée national afghan (collections gréco-bactriennes et persanes), le quartier de Wazir Akbar Khan pour la gastronomie, Chicken Street pour les souvenirs.

Quel type de cuisine afghane goûter à Kaboul ?

Qabuli palao (riz avec viande de chèvre et carottes), ashak (raviolis à la ciboule), kofta, soupes shorba. Tous disponibles aux restaurants Kabul Serena et Café Lido. Pain naan cuit au tandoor à chaque repas, saveurs sucrées-salées caractéristiques.

Quels sont les quartiers à privilégier à Kaboul ?

Wazir Akbar Khan pour les restaurants et hôtels de qualité, Darulaman pour le musée national et les institutions, centre-ville autour de Mandawi pour l'authentique. Éviter les zones isolées et respecter les consignes de sécurité locales.

Comment se déplacer entre Kaboul et Bamiyan ?

Location de voiture via hôtel (240 km), 8 heures de trajet à 60 km/h moyenne. Routes cabossées avec trois arrêts recommandés. Passage obligatoire par le magnifique lac Band-e Amir. Alternative : guides locaux disponibles pour circuits organisés.