Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international Hamid Karzai à 14 h 30, le 3 novembre. Air sec, froid sec qui pique les narines. Le chauffeur de taxi (Abdul, affable mais pressé) m'a demandé 1500 AFN pour rejoindre le centre-ville, soit environ 18 euros. Route défoncée, murs criblés de balles, checkpoints tous les 2 km. Première galère : arrêt inattendu par la police locale qui voulait vérifier mon passeport trois fois de suite. Abdul a négocié pendant 15 minutes en dari. J'ai choisi le Serena Hotel Kabul pour trois nuits (180 dollars la chambre avec petit-déjeuner). Murs vert menthe, personnel attentif, mais Wi-Fi qui coupe régulièrement. Le petit-déjeuner buffet inclus les nan chauds (pain afghan) sortis du tandoor, du miel épais et du thé noir amer qui restait en bouche. Moment marquant : discussion avec un jeune prof d'anglais à la réception qui rêvait de quitter le pays mais ne pouvait pas se le permettre. Ses mains tremblaient un peu en parlant. Le Bazar de Kaboul : chaos maîtrisé et odeur de muscLe 5 novembre, direction le marché central au cœur de la vieille ville. Dédale de petites rues, vendeurs qui crient, l'odeur écrasante de musc, d'épices et de fumée de charbon mélangée. Les tapis traditionnels (kilims) entassés dans les petites boutiques exiguës ; j'en ai repéré un vraiment travaillé chez Hasan's Carpet Store, derrière la mosquée Jama Masjid. Prix affiché : 450 dollars, mais négociable. Le vendeur a insisté pour que je prenne un chai gratuitement (thé au cardamome sucré à l'extrême). Bonne arnaque classique : un touriste français deux jours avant moi s'était fait facturer 50 euros pour une « authentique » petite boîte en lapis-lazuli qui venait visiblement de Chine. Marché des fruits secs rue Pashtunistan : raisins secs à 8 euros le kilo, abricots secs à 6 euros, amandes brutes à 12 euros. J'en ai acheté pour l'équivalent de 20 euros au total. Un vieux commerçant nommé Mohammad m'a offert une poignée d'abricots en prime en disant « welcome Afghanistan », puis m'a montré des photos de sa famille sur son téléphone cassé. Le mausolée de Timur Shah et l'écho du silenceLe 7 novembre, visite du Mausolée de Timur Shah. Entrée : 100 AFN (1,20 euro). L'édifice blanc aux portes bleues peintes, bâtiment relativement bien conservé mais très peu visité. Trois autres touristes sur place ce jour-là (deux Italiens, une fille seule). L'intérieur résonne bizarrement, les pas font du bruit, le silence entre les prières est palpable. Guide local engagé sur place (Ahmed) pour 300 AFN pour une visite d'une heure. Il parlait un mauvais anglais mélangé d'ourdou, ce qui rendait les explications confuses. Restaurant Kabul, le soir du 8 novembreRestaurant Kabul House, petite adresse au nord du boulevard Zarnegar. Assiette de qabuli palaw (riz aux raisins secs et carottes) : 150 AFN (1,80 euro). Viande de mouton légèrement coriace. Pain nan frais à 30 AFN la portion. Bière impossible à trouver (pays musulman oblige), j'ai pris du jus de raisin local qui avait une légère arrière-goût sucré-aigre un peu étrange. Le propriétaire s'appelait Rashid, il a fermé vers 21 h 30 malgré ma demande de rester plus longtemps. Couvre-feu de facto, m'a-t-il dit vaguement. Déplacements : bus locaux n°3 et #7 pour traverser la ville, très bondés, pas d'horaire officiel affiché. Un trajet coûte 20 AFN (0,24 euro). Les conducteurs klaxonnent constamment. Taxis privés plus faciles mais moins authentiques. Le 10 novembre, levé à 5 h 45 pour voir l'aube depuis le toit du Serena. Ciel gris, pollution légère, montagne hindoue en arrière-plan à peine visible. Moment silencieux et presque beau, malgré tout.
Les bons plans repérés sur place.
Bazar central de Kaboul (derrière la Jama Masjid) : dédales de petites boutiques, marchandage obligatoire, chaotique mais authentique
Restaurant Kabul House (boulevard Zarnegar nord) : qabuli palaw copieux pour moins de 2 euros, fermeture précoce
Mausolée de Timur Shah : bâtiment blanc aux portes bleues, peu de touristes, écho particulier à l'intérieur
Serena Hotel (petit-déjeuner inclus) : oasis de confort relatif, nan chaud du tandoor à chaque matin
Marché des fruits secs rue Pashtunistan : raisins et abricots secs à prix locaux, vendeurs qui donnent des échantillons gratuits
Photos — Kaboul
Et au final.
Kaboul est compliqué à visiter : infrastructure fragile, insécurité réelle (même si j'ai pas eu de problème direct), infrastructure touristique quasi-inexistante. Mais les gens sont incroyablement chaleureux et curieux. J'aurais aimé rester plus longtemps pour vraiment comprendre la vie au-delà des circuits, mais l'appréhension constante (fondée ou non) m'a retenu.








