Kaboul en décembre : entre bazars surpeuplés et maisons de thé cachées
CarnetAfghanistan202612 jours

Kaboul en décembre : entre bazars surpeuplés et maisons de thé cachées

Arrivée à l'aéroport international Hamid Karzai à 14h30, après un vol Turkish Airlines depuis Istanbul. Le chaos commence immédiatement : trois heures pour passer la douane, contrôles de sécurité répétés, et ma valise…

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Publié le · mis à jour le
12 jours3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Arrivée à l'aéroport international Hamid Karzai à 14h30, après un vol Turkish Airlines depuis Istanbul. Le chaos commence immédiatement : trois heures pour passer la douane, contrôles de sécurité répétés, et ma valise qui disparaît temporairement. L'odeur acre du diesel et de la poussière de Kaboul m'a frappé dès que j'ai mis les pieds dehors. Température de 8°C, vent glacial. Le chauffeur de taxi (trouvé via l'hôtel) m'a demandé 3 500 afghani pour les 20 km jusqu'au centre-ville, soit environ 40 euros. J'ai négocié à 2 500. J'ai logé au Serena Hotel, rue Zangir Pal, dans le quartier de Wazir Akbar Khan. Chambre correcte (80 euros/nuit), petite piscine, restaurant avec cuisiniers pakistanais décents. Le premier soir, j'ai commandé un demi-poulet tandoori avec du riz basmati (450 afghani, 5 euros). Pas exceptionnel, mais chaud. Le bazar de Chicken Street, c'est mon moment marquant. Je m'y suis perdu volontairement le 3e jour, vers 9h du matin. Les petits restaurants servant le shor nakhod (soupe aux pois chiches) fumaient à tous les coins. J'ai goûté celle d'un grand-mère assise par terre devant son réchaud à charbon : bouillon corsé, pois chiches fondants, oignons rouges crus. 200 afghani. En marchant, j'ai entendu l'appel à la prière résonner depuis au moins quatre mosquées différentes, un son qui change complètement l'atmosphère de la rue. Les commerçants fermaient rapidement leurs boutiques. Les galères concrètesJour 6 : tentative de visiter le musée national. Fermé pour « raison de sécurité » (j'ai appris plus tard qu'il y avait une menace de bombe signalée). Perte de 3 heures et taxi à vide.Jour 8 : arnaque au marché. Un homme m'a vendu un tapis « ancien » pour 15 000 afghani (180 euros). À l'hôtel, le concierge m'a dit que ça valait 3 000 max. Je ne l'ai jamais traîné hors de ma chambre.Internet très instable. J'ai dû changer de SIM (Roshan) trois fois en une semaine. Coût : 300 afghani pour 2 Go.J'ai passé une journée dans les collines de Qala-e Fatullah avec un guide local, Abdul. On a roulé en microbus bondé pendant 45 minutes. Le silence sur les hauteurs était total. En contrebas, Kaboul ressemblait à un désert gris. Abdul m'a parlé en pashto avec un marchand de chai dans une petite maison en pierre : le thé était parfumé à la cardamome, servi dans des verres épais très chauds (j'ai brûlé mes doigts). 50 afghani pour deux tasses. Visite du palais de Darius Shahi : ruines impressionnantes mais mal entretenues, gardien somnolent, quelques murs debout. L'accès coûte 200 afghani si on demande poliment. Pas de panneau d'information, rien. J'ai appris l'histoire par Abdul, qui mélangeait faits et légendes. Le restaurant Zaranj rue Mohammad Jan Khan sert le meilleur qabuli palau que j'ai mangé (riz aux raisins secs et carottes, agneau très tendre). 800 afghani, table partagée avec des employés de bureau. La majorité des restaurants n'acceptent que l'argent cash. Les cartes bancaires : inutiles. Les femmes portent presque toutes des burqas bleu clair ou marron. J'ai croisé quelques jeunes filles sans voile complet près de l'université. Atmosphère tendue. Je ne suis pas venu pendant la meilleure période : décembre 2021, l'été précédent, les talibans venaient à peine de reprendre Kaboul (août 2021). Les gens étaient méfiants envers les étrangers. Plusieurs militaires aux postes de contrôle me posaient des questions pendant 10 minutes.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Bazar de Chicken Street : se perdre entre 9h et 12h, manger du shor nakhod chaud près du réchaud à charbon d'une grand-mère

2

Palais de Darius Shahi : ruines du 16e siècle, vue sur Kaboul, guide informel Abdul (trouvé via l'hôtel)

3

Restaurant Zaranj rue Mohammad Jan Khan : qabuli palau à 800 afghani, table communale avec habitants

4

Collines de Qala-e Fatullah : microbus local + thé cardamome brûlant dans maison en pierre, silence total

5

Marché de Shar-e Nau : tapis, épices, théières en cuivre, tester les mille variétés de fruits secs (sans acheter)

Conclusion

Et au final.

Kaboul m'a dérangé autant qu'elle m'a intéressé. Les gens sont accueillants si on prend du temps, la nourriture riche et savoureuse, les bazars hypnotisants. Mais l'insécurité, l'instabilité politique, les tracasseries quotidiennes (transport, paiement, internet) rendent le voyage éreintant. Je n'y retournerais qu'avec plus de préparation et un guide fixe. Pas un endroit pour improviser.

En résumé

Avis Kaboul : carnet de voyage de 12 jours par thomask-voyages

Destination
Kaboul
Pays
Afghanistan
Durée
12 jours
Période
décembre · Hiver
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@thomask-voyages
L'essentiel

Kaboul en bref

Pourquoi choisir Kaboul

  • Bazars authentiques hypnotisants, notamment Chicken Street avec petits restaurants traditionnels
  • Cuisine riche et savoureuse : qabuli palau, shor nakhod, thé à la cardamome
  • Patrimoine historique : palais Darius Shahi, collines Qala-e Fatullah avec vues surplombantes
  • Hospitalité locale : habitants accueillants si on prend du temps pour échanger
  • Immersion culturelle profonde : appels à la prière, vie de quartier, maisons de thé cachées

Pour qui ?

  • Voyageurs aguerris cherchant destinations atypiques et reculées
  • Passionnés d'histoire ancienne et archéologie
  • Curieux de gastronomie régionale authentique et non touristique
  • Photographes documentaires en quête atmosphères brutes
  • Aventuriers acceptant risques sécuritaires et défis logistiques

À éviter si…

  • Vous recherchez confort, sécurité prévisible et infrastructures touristiques développées
  • Vous ne parlez pas anglais ni n'avez pas accompagnateur local anglophone
  • Vous dépendez cartes bancaires : uniquement cash accepté partout
  • Vous êtes sensible instabilité politique : contexte post-août 2021 très tendu
À découvrir aussi
Aéroport international Hamid KarzaiChicken StreetWazir Akbar KhanQala-e FatullahPalais Darius ShahiMusée national AfghanistanCollines surplombant KaboulRue Zangir PalRue Mohammad Jan KhanUniversité de KaboulProvince de KaboulHindou Kouch (massif montagneux région)

Photos communautaires : Kaboul

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Bodhisattva (Musée Guimet, Paris)
Bodhisattva (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Le roi et la reine d'Afghanistan en 1928 à Versailles (Musée Guimet, Paris)
Le roi et la reine d'Afghanistan en 1928 à Versailles (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Le Bodhisattva Maitreya entouré de fidèles (Musée Guimet, Paris)
Le Bodhisattva Maitreya entouré de fidèles (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Plaques d'ivoire indien sculpté du trésor de Begrâm (musée Guimet, Paris)
Plaques d'ivoire indien sculpté du trésor de Begrâm (musée Guimet, Paris)
© dalbera
Carte des sites archéologiques de l'Afghanistan (Musée Guimet, Paris)
Carte des sites archéologiques de l'Afghanistan (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Questions fréquentes

FAQ — Kaboul

Quel est le meilleur moyen de se déplacer à Kaboul ?

Les taxis négociables à partir de l'hôtel restent l'option la plus sûre, même si coûteux (2 500 à 3 500 afghani pour 20 km). Les microbusses bondés constituent une alternative bon marché (45 minutes vers les collines de Qala-e Fatullah) mais demandent expérience et prudence. Internet instable rend les applications de transport peu fiables.

Quels papiers faut-il pour entrer en Afghanistan ?

Un visa est obligatoire. À la date du voyage (décembre 2021), les procédures étaient complexifiées par la transition de pouvoir. Les vols internationaux transitent principalement par Istanbul. Prévoir 3 heures minimum aux contrôles de sécurité et de douane à l'aéroport Hamid Karzai.

Quelle est la meilleure saison pour visiter Kaboul ?

Décembre pose défis : températures autour de 8°C, vents glaciaux. L'été précédent (contexte politique instable post-août 2021) n'était guère recommandé non plus. Éviter les périodes d'instabilité politique. Les conditions météo se stabilisent davantage entre avril et octobre.

Où manger authentiquement à Kaboul ?

Chicken Street regorge de petits restaurants traditionnels servant shor nakhod (soupe aux pois chiches) pour 200 afghani. Le restaurant Zaranj rue Mohammad Jan Khan propose le meilleur qabuli palau (800 afghani). Maisons de thé cachées en colline servent thé à la cardamome. Tous acceptent uniquement l'argent cash.

Quel est le budget quotidien moyen à Kaboul ?

Hôtel correct : 80 euros/nuit. Repas de rue : 5 euros. Restaurant d'établissement : 8-10 euros. Taxi : 4-5 euros par trajet. Entrées monuments : 2-3 euros. Budget total : 120-150 euros/jour pour confort moyen, 50-70 euros en mode économe.

Internet fonctionne-t-il bien à Kaboul ?

Non. Connexion très instable, nécessitant changements répétés de SIM card. Opérateur Roshan : 300 afghani pour 2 Go hebdomadaires. Prévoir des périodes sans internet et charger tous les documents importants avant arrivée.

Y a-t-il des risques de sécurité à Kaboul ?

Plusieurs risques rapportés : menaces de bombe (fermeture musée national jour 6), postes de contrôle militaires répétés questionnant étrangers 10 minutes, arnaque au marché (faux tapis). Atmosphère tendue, méfiance envers étrangers. Exige guide fixe et préparation approfondie, pas improvisation.

Quel taux de change prévalait en décembre 2021 ?

Environ 85 afghani pour 1 euro selon les transactions du carnet. Exemple : taxi 2 500 afghani = 30 euros, soupe 200 afghani = 2,35 euros. Vérifier taux actuel avant départ.