Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international Hamid Karzai à 14h30, après un vol Turkish Airlines depuis Istanbul. Le chaos commence immédiatement : trois heures pour passer la douane, contrôles de sécurité répétés, et ma valise qui disparaît temporairement. L'odeur acre du diesel et de la poussière de Kaboul m'a frappé dès que j'ai mis les pieds dehors. Température de 8°C, vent glacial. Le chauffeur de taxi (trouvé via l'hôtel) m'a demandé 3 500 afghani pour les 20 km jusqu'au centre-ville, soit environ 40 euros. J'ai négocié à 2 500. J'ai logé au Serena Hotel, rue Zangir Pal, dans le quartier de Wazir Akbar Khan. Chambre correcte (80 euros/nuit), petite piscine, restaurant avec cuisiniers pakistanais décents. Le premier soir, j'ai commandé un demi-poulet tandoori avec du riz basmati (450 afghani, 5 euros). Pas exceptionnel, mais chaud. Le bazar de Chicken Street, c'est mon moment marquant. Je m'y suis perdu volontairement le 3e jour, vers 9h du matin. Les petits restaurants servant le shor nakhod (soupe aux pois chiches) fumaient à tous les coins. J'ai goûté celle d'un grand-mère assise par terre devant son réchaud à charbon : bouillon corsé, pois chiches fondants, oignons rouges crus. 200 afghani. En marchant, j'ai entendu l'appel à la prière résonner depuis au moins quatre mosquées différentes, un son qui change complètement l'atmosphère de la rue. Les commerçants fermaient rapidement leurs boutiques. Les galères concrètesJour 6 : tentative de visiter le musée national. Fermé pour « raison de sécurité » (j'ai appris plus tard qu'il y avait une menace de bombe signalée). Perte de 3 heures et taxi à vide.Jour 8 : arnaque au marché. Un homme m'a vendu un tapis « ancien » pour 15 000 afghani (180 euros). À l'hôtel, le concierge m'a dit que ça valait 3 000 max. Je ne l'ai jamais traîné hors de ma chambre.Internet très instable. J'ai dû changer de SIM (Roshan) trois fois en une semaine. Coût : 300 afghani pour 2 Go.J'ai passé une journée dans les collines de Qala-e Fatullah avec un guide local, Abdul. On a roulé en microbus bondé pendant 45 minutes. Le silence sur les hauteurs était total. En contrebas, Kaboul ressemblait à un désert gris. Abdul m'a parlé en pashto avec un marchand de chai dans une petite maison en pierre : le thé était parfumé à la cardamome, servi dans des verres épais très chauds (j'ai brûlé mes doigts). 50 afghani pour deux tasses. Visite du palais de Darius Shahi : ruines impressionnantes mais mal entretenues, gardien somnolent, quelques murs debout. L'accès coûte 200 afghani si on demande poliment. Pas de panneau d'information, rien. J'ai appris l'histoire par Abdul, qui mélangeait faits et légendes. Le restaurant Zaranj rue Mohammad Jan Khan sert le meilleur qabuli palau que j'ai mangé (riz aux raisins secs et carottes, agneau très tendre). 800 afghani, table partagée avec des employés de bureau. La majorité des restaurants n'acceptent que l'argent cash. Les cartes bancaires : inutiles. Les femmes portent presque toutes des burqas bleu clair ou marron. J'ai croisé quelques jeunes filles sans voile complet près de l'université. Atmosphère tendue. Je ne suis pas venu pendant la meilleure période : décembre 2021, l'été précédent, les talibans venaient à peine de reprendre Kaboul (août 2021). Les gens étaient méfiants envers les étrangers. Plusieurs militaires aux postes de contrôle me posaient des questions pendant 10 minutes.
Les bons plans repérés sur place.
Bazar de Chicken Street : se perdre entre 9h et 12h, manger du shor nakhod chaud près du réchaud à charbon d'une grand-mère
Palais de Darius Shahi : ruines du 16e siècle, vue sur Kaboul, guide informel Abdul (trouvé via l'hôtel)
Restaurant Zaranj rue Mohammad Jan Khan : qabuli palau à 800 afghani, table communale avec habitants
Collines de Qala-e Fatullah : microbus local + thé cardamome brûlant dans maison en pierre, silence total
Marché de Shar-e Nau : tapis, épices, théières en cuivre, tester les mille variétés de fruits secs (sans acheter)
Et au final.
Kaboul m'a dérangé autant qu'elle m'a intéressé. Les gens sont accueillants si on prend du temps, la nourriture riche et savoureuse, les bazars hypnotisants. Mais l'insécurité, l'instabilité politique, les tracasseries quotidiennes (transport, paiement, internet) rendent le voyage éreintant. Je n'y retournerais qu'avec plus de préparation et un guide fixe. Pas un endroit pour improviser.







