Kaboul en novembre : entre bazars chaotiques et thé chez l'habitant
CarnetAfghanistan202612 jours

Kaboul en novembre : entre bazars chaotiques et thé chez l'habitant

Nous avons atterri à Kaboul un mardi matin à 7h30, après une escale de quatre heures à Doha avec Ariana Afghan Airways. L'aéroport international Hamid Karzai est chaotique : files d'attente sans organisation, policiers…

MA
Publié le
12 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à Kaboul un mardi matin à 7h30, après une escale de quatre heures à Doha avec Ariana Afghan Airways. L'aéroport international Hamid Karzai est chaotique : files d'attente sans organisation, policiers qui crient des numéros de guichet qu'on n'entend pas. Première galère en deux heures. L'odeur de poussière et d'essence mélangée nous a frappés dès la sortie du terminal. Nous avons négocié un taxi avec un chauffeur nommé Bashir—40 ans, sourire cassé, qui parlait un anglais approximatif. Course jusqu'à l'hôtel Safi Landmark dans le quartier de Wazir Akbar Khan, à 45 minutes de route. Bashir roulait vite, très vite, en klaxonnant à chaque croisement. Les routes défoncées, les voitures sans ceinture qui se croisent n'importe comment. Le chaos urbain, on le sentait dans chaque nid-de-poule. L'hôtel était propre, chambres simples avec eau chaude aléatoire. 80 dollars la nuit. Nous avons dormi quelques heures, puis descendu prendre le petit-déjeuner : pain naan tiède, œufs, confiture de raisin local, thé noir très sucré. C'était bon, réconfortant après 24h de voyage. Mercredi, nous avons exploré le bazaar de Kaboul. Nous nous sommes perdus volontairement dans les ruelles étroites du Chahar Qala, où les vendeurs vendent des tissus, des épices, des noix. L'air était saturé de cumin et de cardamome. Un vendeur nous a proposé du safran à 80 000 afghanis le gramme (environ 1 euro). Les prix sont négociables, mais le vendeur s'énervait si on proposait trop bas. Moment marquant : une femme en burqa bleu électrique qui vendait des bracelets en turquoise. Elle a retiré son voile une seconde pour vérifier la qualité d'une pièce. Ses yeux étaient rouges. Probablement le froid du matin. Le jeudi, nous avons visité le musée national d'Afghanistan, près du palais de Darul Aman. Entrée 250 afghanis. Collections fragmentaires—beaucoup de vitrines vides, des étiquettes manquantes, mais des Bouddhas de Bamiyan en pierre, des pièces de monnaie sassanides. Le gardien nous a expliqué les destructions de 2001. Il parlait lentement, mesuré. Pas de sentimentalisme. Les faits. Jeudi soir, invitation chez Jamal, un contact local. Nous avons pris un minibus public (marshrutka) depuis Shar-e-Naw, 20 afghanis le trajet (0,25 euros). Dix-huit personnes sur dix places, musique afghane à plein volume. Quelqu'un écrasait notre pied à chaque arrêt. Jamal habitait dans le quartier de Kabul Nendari. Chez lui : tapis épais, coussin bas, plateau de biscuits, thé vert servi dans des verres fins. Sa mère avait préparé un qabuli palaw—riz blanc avec carottes et amandes. C'était riche, un peu gras, succulent. Elle nous regardait avec méfiance d'abord, puis a souri. Conversation maladroite avec un anglais rouillé pour tous les deux. Samedi, nous avons essayé d'aller à la mosquée Jama'i dans le vieux Kaboul. Portes fermées. Manifestement, ce jour-là, c'était fermé. Le gardien nous a dit revenir vendredi. Malentendu classique—notre guide touristique était imprécis. Nous nous sommes contenté de regarder l'extérieur : murs ocre, calligraphies bleues. Belle, mais vue de loin. La nourriture ailleurs : nous avons mangé du kabouli palaw (riz cuit avec viande de chèvre) au restaurant Khyber, près de Shor Bazar. 300 afghanis l'assiette (3,50 euros). Les portions sont énormes. Nous avons aussi essayé le dahl (lentilles) et le sabzi chalow (riz aux herbes). Les saveurs sont simples, les ingrédients de base. Nous avons acheté du pain afghan au four communal, sorti chaud, avec une odeur de levain qui restait dans nos vêtements. Dimanche, marche jusqu'à la colline de Tepe Maranjan. Montée escarpée, ciment dégradé, quelques restes de canons abandonnés. Vue sur Kaboul : immeubles gris, mosquées blanches et bleues, montagnes nues en arrière-plan. Vent froid. Nous avions froid. Le mardi, dernier jour, nous avons repris le même chemin vers l'aéroport avec Bashir. Il nous a demandé de l'argent supplémentaire, prétextant l'essence. Nous avons refusé, payé ce qu'on avait convenu : 500 afghanis (6 euros). Il n'a pas été content. L'ambiance dans le taxi était tendue les dix derniers kilomètres.

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Minibus marshrutka public : expérience de transport local authentique, 20 afghanis

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Restaurant Khyber près de Shor Bazar : qabuli palaw à 300 afghanis, portions énormes

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Colline de Tepe Maranjan : vue sur toute la ville, montée difficile mais point de vue unique à Kaboul

Conclusion

Et au final.

Kaboul m'a surprise : moins exotique que je l'imaginais, mais humain. Les gens sont fatigués, pas aigris. Le chaos urbain m'a épuisée. Et il y a une tension sous-jacente qu'on sent partout, une prudence dans les gestes des gens qui ne disparaît jamais.

En résumé

Avis Kaboul : carnet de voyage de 12 jours par marinefromlyon

Destination
Kaboul
Pays
Afghanistan
Durée
12 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marinefromlyon
L'essentiel

Kaboul en bref

Pourquoi choisir Kaboul

  • Authentique rencontre avec les habitants loin du tourisme de masse et conventions
  • Bazars historiques saturés d'épices rares et traditions artisanales vivantes
  • Musée national riche de vestiges bouddhistes et sassanides majeurs
  • Paysages montagneux spectaculaires accessibles à pied depuis la ville
  • Budget très économique : moins de 4 euros pour un repas copieux

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'expériences authentiques et brutes loin des sentiers battus
  • Passionnés d'histoire antique et archéologie : civilisations bouddhiste et sassanide
  • Petits budgets cherchant destination peu onéreuse avec rencontres locales
  • Aventuriers tolérant le chaos urbain et l'instabilité infrastructurelle
  • Chercheurs d'immersion culturelle et gastronomie traditionnelle afghane

À éviter si…

  • Vous cherchez confort, organisation et infrastructures modernes
  • Vous êtes anxieux face aux environnements imprévisibles et au chaos urbain
  • Vous demandez une accessibilité en fauteuil roulant ou mobilité réduite
  • Vous refusez les tensions géopolitiques ou environnement sociopolitique fragile
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Bodhisattva (Musée Guimet, Paris)
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Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
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Le roi et la reine d'Afghanistan en 1928 à Versailles (Musée Guimet, Paris)
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Le Bodhisattva Maitreya entouré de fidèles (Musée Guimet, Paris)
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Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
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Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
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Plaques d'ivoire indien sculpté du trésor de Begrâm (musée Guimet, Paris)
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© dalbera
Carte des sites archéologiques de l'Afghanistan (Musée Guimet, Paris)
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Questions fréquentes

FAQ — Kaboul

Quel est le meilleur moyen de se déplacer à Kaboul ?

Les marshrutkas (minibus publics) coûtent environ 20 afghanis (0,25 euros) et sont très fréentes, bien que surpeuplées. Le taxi est plus confortable mais nécessite de négocier le prix à l'avance. La conduite est chaotique avec routes défoncées et peu de respect du code de la route.

Où dormir et quel budget prévoir pour l'hébergement ?

L'hôtel Safi Landmark dans le quartier sécurisé de Wazir Akbar Khan coûte environ 80 dollars la nuit avec chambres simples et eau chaude aléatoire. Les prix peuvent varier selon la localisation et le confort souhaité.

Que manger à Kaboul et où ?

Le kabouli palaw (riz avec viande de chèvre), le qabuli palaw et le dahl sont des spécialités locales. Le restaurant Khyber près de Shor Bazar propose des assiettes généreuses pour 300 afghanis (3,50 euros). Les pains afghans traditionnels cuits au four communal offrent une expérience authentique.

Quels sont les sites touristiques incontournables ?

Le bazaar de Chahar Qala offre une immersion authentique dans les ruelles marchandes avec tissus, épices et turquoises. Le musée national d'Afghanistan conserve des Bouddhas de Bamiyan et des pièces sassanides. La colline de Tepe Maranjan propose une vue panoramique sur la ville et les montagnes alentours.

Quel est le climat à Kaboul en novembre ?

Novembre offre des températures froides et venteuses. La montée à Tepe Maranjan a nécessité des vêtements chauds. C'est une période de transition avant l'hiver rigoureux.

Comment négocier aux bazars ?

Les prix sont négociables mais les vendeurs peuvent s'énerver si les offres sont trop basses. Le safran se vend environ 80 000 afghanis le gramme (1 euro). Une approche respectueuse et progressive dans la négociation est recommandée.

Comment se rendre à l'aéroport depuis la ville ?

L'aéroport international Hamid Karzai est situé à 45 minutes de route du centre-ville. Un taxi négocié coûte environ 500 afghanis (6 euros). L'aéroport lui-même est chaotique avec peu d'organisation aux guichets.

Faut-il prévoir un guide touristique ?

Un guide peut être utile mais les informations peuvent être imprécises (horaires de mosquées par exemple). Visiter le musée national avec explications du gardien enrichit la compréhension historique des destructions et collections.