Kaboul en novembre : entre bazars chaotiques et thé au jasmin
CarnetAfghanistan202612 jours

Kaboul en novembre : entre bazars chaotiques et thé au jasmin

Nous avons atterri à Kaboul un mercredi matin, après un vol Ariana Afghan Airways depuis Dubaï. L'aéroport international était bondé, les contrôles lents. En sortant, l'air sec et froid m'a frappé – on était en…

MA
Publié le · mis à jour le
12 jours1 album3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à Kaboul un mercredi matin, après un vol Ariana Afghan Airways depuis Dubaï. L'aéroport international était bondé, les contrôles lents. En sortant, l'air sec et froid m'a frappé – on était en novembre, température autour de 8 degrés. Notre fixeur Rashid nous attendait avec une pancarte écornée. Il nous a menés à l'hôtel Safi Landmark, situé dans le quartier de Wazir Akbar Khan. La chambre donnait sur la rue : bruits constants de klaxons, moteurs diesel, vendeurs ambulants. J'ai dormi peu les deux premières nuits. Le mardi, nous avons traversé le bazar de Kaboul à pied – un labyrinthe où règnent l'odeur de l'agneau grillé et du cumin brûlé. Les vendeurs de tapis m'ont agressé de leurs propositions. J'ai refusé au moins quarante fois. Chez un chaïkhana (café traditionnel), nous avons commandé du chai ghor (thé noir avec cardamome et lait concentré) pour 30 afghani (0,35 euro) et des naan chaud sortant du tandoor. Le pain sentait la fumée de bois, les mains du boulanger étaient couvertes de farine brûlée. La traversée du Panshir, première vraie galèreNous avions prévu une excursion au Panshir Valley le mercredi. Rashid nous avait réservé un 4x4 Toyota Corolla blanc chez Kaboul Car Rental, rue de Jade. Le conducteur, Abdullah, était censé nous chercher à 6 h. Il est arrivé à 8 h 45. Pas d'excuses. Sur la route – trois heures d'une piste défoncée – on a croisé deux checkpoints militaires, des pourparlers échangés entre Abdullah et les officiers, beaucoup de tension. À 11 h 30, nous avons atteint le village de Rukha. Abdullah nous a menés chez un oncle qui gardait une petite guesthouse. Le repas proposé : daal et riz blanc, légèrement salé. La chambre avait une fenêtre cassée. Nous avons dormi avec nos doudounes. Le matin, j'ai mal à la gorge. Jeudi, visite de la Citadelle d'Arg (le palais présidentiel). Accès impossible – zone interdite par la sécurité afghane. Rashid a prétendu que c'était normal, ce n'était clairement pas prévu. Nous avons dû reprogrammer. Ce jour-là, nous avons visité le Musée national de Kaboul, Darulaman Road. Les salles étaient froides, peu éclairées. Quelques vitrines avec des pièces de monnaie, des mosaïques antiques, des calligraphies. Un gardien nous suivait partout, pas vraiment dérangeant, mais pesant. Deux heures suffisaient – nous avons traîné par manque de programme clair. Les moments vraisVendredi matin, nous avons pris le minibus Afghan Milal vers Paghman (40 minutes, départ depuis la gare routière de Pul-i-Sokhta). Un bus bleu vif, musique de Bollywood à tue-tête, au moins 35 personnes pour 25 places. Un homme assis sur mes genoux la moitié du trajet. À Paghman, nous avons grimpé vers les jardins historiques. Un enfant d'environ 8 ans nous a suivis, demandant des stylos en anglais cassé. Ma collègue lui en a donné un. Ses yeux ont changé. Il nous a montré sa maison sans électricité, trois pièces, sa mère filant de la laine. Ça a été le moment où j'ai compris que nous ne visitions pas une destination touristique normalisée. Samedi, restaurant Kabob Corner, rue Jalalabad. Nous avons commandé un kabuli palaw (riz blanc avec pois chiches et viande) pour 120 afghani (1,40 euro), un lassi à la mangue et du naan. La viande était tendre, le riz légèrement gras. Assis à une table basse, sur des coussins, face à d'autres clients afghans qui nous observaient sans gêne. Une femme a ôté son voile en passant la porte – moment signifiant en Kaboul, même si invisible. Lundi, dernier jour : visite des jardins de Babur, au sud. Entrée 10 euros (tarif étrangers, inévitable). Les terrasses étaient pleines de familles afghanes venue passer l'après-midi. Les arbustes étaient taillés, les fontaines fonctionnaient. Moment de calme relatif. Deux heures, puis retour. Mardi matin, vol de retour (Ariana, 7 h 30) à l'aéroport. Contrôles zébra, délais imprécis. Décollage à 8 h 10 finalement.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Le bazar de Kaboul (Shor Bazaar) : des ruelles chaotiques où trouver du tissu, des épices et des tapis à négocier. Levé à 6 h pour y entrer avant la cohue.

2

Chai ghor au chaïkhana de Jade Street : thé noir avec cardamome, servi dans un verre doré. 30 afghani. Sensation de chaleur réelle.

3

Vallée du Panshir : pistes défoncées, villages de montagne, paysage de plateau aride. À faire avec conducteur local, minibus blanc Toyota.

4

Jardins de Babur : seul espace touristique aménagé. Terrasses en cascades, familles locales le weekend. Entrée payante pour étrangers.

5

Musée national : Darulaman Road. Collections antiques, nécessite 2 heures maximum. Climat froid à l'intérieur, apporter un pull.

Album · 9 photos

Photos — Kaboul

Kaboul en novembre : entre bazars chaotiques et thé au jasmin
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Conclusion

Et au final.

Kaboul n'est pas accueillant pour les touristes – c'est l'essentiel à comprendre. Les infrastructures touristiques sont quasi inexistantes. Ce voyage n'a pas été confortable, et l'insécurité ressentie était constante, même si nous n'avons subi aucun incident direct. Mais les rencontres avec les habitants, brèves et souvent muettes, m'ont marquée. Je ne recommande ce voyage qu'à ceux prêts à accepter l'inconfort et l'absence de certitudes.

En résumé

Avis Kaboul : carnet de voyage de 12 jours par marchandstephane

Destination
Kaboul
Pays
Afghanistan
Durée
12 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@marchandstephane
L'essentiel

Kaboul en bref

Pourquoi choisir Kaboul

  • Bazars authentiques et chaotiques sans artificialité touristique occidentale
  • Cuisine locale exceptionnelle à prix imbattables : chai, kabuli palaw, naan au tandoor
  • Rencontres humaines intenses avec habitants non habitués aux touristes
  • Paysages montagneux bruts : Panshir Valley, jardins de Babur, Paghman historique
  • Expérience de voyage brut et non-normalisée pour aventuriers

Pour qui ?

  • Voyageurs expérimentés cherchant l'authenticité absolue
  • Journalistes et documentaristes étudiant l'Afghanistan contemporain
  • Aventuriers acceptant l'inconfort et l'imprévisibilité logistique
  • Anthropologues intéressés par les modes de vie ruraux afghans

À éviter si…

  • Vous recherchez des infrastructures touristiques modernes et du confort hôtelier
  • Vous avez besoin d'une sécurité garantie et d'absence de tension politique
  • Vous voyagez avec des enfants petits ou membres vulnérables
  • Vous planifiez un voyage flexible sans fixeur ni guide local
À découvrir aussi
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Photos communautaires : Kaboul

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Bodhisattva (Musée Guimet, Paris)
Bodhisattva (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
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© dalbera
Le roi et la reine d'Afghanistan en 1928 à Versailles (Musée Guimet, Paris)
Le roi et la reine d'Afghanistan en 1928 à Versailles (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Le Bodhisattva Maitreya entouré de fidèles (Musée Guimet, Paris)
Le Bodhisattva Maitreya entouré de fidèles (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
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© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
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© dalbera
Plaques d'ivoire indien sculpté du trésor de Begrâm (musée Guimet, Paris)
Plaques d'ivoire indien sculpté du trésor de Begrâm (musée Guimet, Paris)
© dalbera
Carte des sites archéologiques de l'Afghanistan (Musée Guimet, Paris)
Carte des sites archéologiques de l'Afghanistan (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Questions fréquentes

FAQ — Kaboul

Quel est le meilleur moment pour visiter Kaboul ?

Novembre offre un climat sec et froid (environ 8°C), idéal pour explorer sans chaleur extrême. C'est avant l'hiver rigoureux qui rend les routes impraticables et après l'été trop chaud.

Quels sont les transports locaux à Kaboul ?

Les minibus afghans (Afghan Milal) relient les quartiers et villages environnants, bondés mais authentiques. Les taxis et 4x4 privés (comme chez Kaboul Car Rental) sont nécessaires pour les excursions hors ville. Attendez-vous à des retards fréquents.

Quels sont les sites incontournables ?

Le bazar de Kaboul pour l'atmosphère locale, les jardins de Babur au sud (entrée 10 euros), le Musée national sur Darulaman Road, et Paghman pour ses jardins historiques. La Citadelle d'Arg n'est pas accessible aux touristes.

Quel budget prévoir pour manger à Kaboul ?

Très économique : chai ghor 0,35 euro, repas complets (kabuli palaw, naan) entre 1,40 et 2 euros dans les restaurants locaux. Les restaurantsfiables comme Kabob Corner restent abordables.

Faut-il un fixeur ou guide local ?

Fortement recommandé. Rashid, le fixeur du carnet, a aidé à naviguer les checkpoints militaires et les logistiques complexes. Utile pour les négociations aux checkpoints et l'organisation des déplacements.

Est-il sûr de voyager à Kaboul ?

L'insécurité est latente et constante, bien que le carnet ne rapporte aucun incident direct. Les contrôles militaires et la tension sont présents. À réserver à voyageurs expérimentés acceptant l'inconfort et l'imprévisibilité.

Quels hébergements sont recommandés ?

Le Safi Landmark dans le quartier de Wazir Akbar Khan offre l'accès central mais avec bruits urbains constants. Les guesthouses en montagne (Panshir Valley) sont rudimentaires : fenêtres cassées, pas de chauffage.

Quelle est la durée idéale pour visiter Kaboul ?

10 à 12 jours permettent de voir la ville, les bazars, quelques excursions (Panshir, Paghman, jardins de Babur) sans précipitation. Comptez 2-3 jours pour les ajustements de programme et imprévus.