Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Kaboul un mercredi matin, après un vol Ariana Afghan Airways depuis Dubaï. L'aéroport international était bondé, les contrôles lents. En sortant, l'air sec et froid m'a frappé – on était en novembre, température autour de 8 degrés. Notre fixeur Rashid nous attendait avec une pancarte écornée. Il nous a menés à l'hôtel Safi Landmark, situé dans le quartier de Wazir Akbar Khan. La chambre donnait sur la rue : bruits constants de klaxons, moteurs diesel, vendeurs ambulants. J'ai dormi peu les deux premières nuits. Le mardi, nous avons traversé le bazar de Kaboul à pied – un labyrinthe où règnent l'odeur de l'agneau grillé et du cumin brûlé. Les vendeurs de tapis m'ont agressé de leurs propositions. J'ai refusé au moins quarante fois. Chez un chaïkhana (café traditionnel), nous avons commandé du chai ghor (thé noir avec cardamome et lait concentré) pour 30 afghani (0,35 euro) et des naan chaud sortant du tandoor. Le pain sentait la fumée de bois, les mains du boulanger étaient couvertes de farine brûlée. La traversée du Panshir, première vraie galèreNous avions prévu une excursion au Panshir Valley le mercredi. Rashid nous avait réservé un 4x4 Toyota Corolla blanc chez Kaboul Car Rental, rue de Jade. Le conducteur, Abdullah, était censé nous chercher à 6 h. Il est arrivé à 8 h 45. Pas d'excuses. Sur la route – trois heures d'une piste défoncée – on a croisé deux checkpoints militaires, des pourparlers échangés entre Abdullah et les officiers, beaucoup de tension. À 11 h 30, nous avons atteint le village de Rukha. Abdullah nous a menés chez un oncle qui gardait une petite guesthouse. Le repas proposé : daal et riz blanc, légèrement salé. La chambre avait une fenêtre cassée. Nous avons dormi avec nos doudounes. Le matin, j'ai mal à la gorge. Jeudi, visite de la Citadelle d'Arg (le palais présidentiel). Accès impossible – zone interdite par la sécurité afghane. Rashid a prétendu que c'était normal, ce n'était clairement pas prévu. Nous avons dû reprogrammer. Ce jour-là, nous avons visité le Musée national de Kaboul, Darulaman Road. Les salles étaient froides, peu éclairées. Quelques vitrines avec des pièces de monnaie, des mosaïques antiques, des calligraphies. Un gardien nous suivait partout, pas vraiment dérangeant, mais pesant. Deux heures suffisaient – nous avons traîné par manque de programme clair. Les moments vraisVendredi matin, nous avons pris le minibus Afghan Milal vers Paghman (40 minutes, départ depuis la gare routière de Pul-i-Sokhta). Un bus bleu vif, musique de Bollywood à tue-tête, au moins 35 personnes pour 25 places. Un homme assis sur mes genoux la moitié du trajet. À Paghman, nous avons grimpé vers les jardins historiques. Un enfant d'environ 8 ans nous a suivis, demandant des stylos en anglais cassé. Ma collègue lui en a donné un. Ses yeux ont changé. Il nous a montré sa maison sans électricité, trois pièces, sa mère filant de la laine. Ça a été le moment où j'ai compris que nous ne visitions pas une destination touristique normalisée. Samedi, restaurant Kabob Corner, rue Jalalabad. Nous avons commandé un kabuli palaw (riz blanc avec pois chiches et viande) pour 120 afghani (1,40 euro), un lassi à la mangue et du naan. La viande était tendre, le riz légèrement gras. Assis à une table basse, sur des coussins, face à d'autres clients afghans qui nous observaient sans gêne. Une femme a ôté son voile en passant la porte – moment signifiant en Kaboul, même si invisible. Lundi, dernier jour : visite des jardins de Babur, au sud. Entrée 10 euros (tarif étrangers, inévitable). Les terrasses étaient pleines de familles afghanes venue passer l'après-midi. Les arbustes étaient taillés, les fontaines fonctionnaient. Moment de calme relatif. Deux heures, puis retour. Mardi matin, vol de retour (Ariana, 7 h 30) à l'aéroport. Contrôles zébra, délais imprécis. Décollage à 8 h 10 finalement.
Les bons plans repérés sur place.
Le bazar de Kaboul (Shor Bazaar) : des ruelles chaotiques où trouver du tissu, des épices et des tapis à négocier. Levé à 6 h pour y entrer avant la cohue.
Chai ghor au chaïkhana de Jade Street : thé noir avec cardamome, servi dans un verre doré. 30 afghani. Sensation de chaleur réelle.
Vallée du Panshir : pistes défoncées, villages de montagne, paysage de plateau aride. À faire avec conducteur local, minibus blanc Toyota.
Jardins de Babur : seul espace touristique aménagé. Terrasses en cascades, familles locales le weekend. Entrée payante pour étrangers.
Musée national : Darulaman Road. Collections antiques, nécessite 2 heures maximum. Climat froid à l'intérieur, apporter un pull.
Photos — Kaboul
Et au final.
Kaboul n'est pas accueillant pour les touristes – c'est l'essentiel à comprendre. Les infrastructures touristiques sont quasi inexistantes. Ce voyage n'a pas été confortable, et l'insécurité ressentie était constante, même si nous n'avons subi aucun incident direct. Mais les rencontres avec les habitants, brèves et souvent muettes, m'ont marquée. Je ne recommande ce voyage qu'à ceux prêts à accepter l'inconfort et l'absence de certitudes.








