Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international Hamid Karzai un mardi matin à 7 h 15, après un vol Turkish Airlines depuis Istanbul. L'atmosphère était lourde dès le tarmac : soldats en position de sécurité, checkpoints partout, ma valise fouillée trois fois avant la sortie. Premier choc olfactif en franchissant les portes : mélange d'essence, de poussière rouge et d'épices de rue. La temperature était déjà de 28 °C à cette heure. J'ai réservé au Kabul Serena Hotel via un contact local, situé près du parc de Shahr-e-Naw. Chambre correcte, eau chaude intermittente. Le responsable à la réception, Rashid, m'a prévenu d'emblée : pas de promenade seul après 18 h, éviter les taxis jaunes non officiels, rester loin de la zone diplomatique du quartier de Wazir Akbar Khan. Ces consignes m'ont pesé pendant tout le séjour. Premiers pas à KaboulMercredi 8 h 30, j'ai pris un taxi avec chauffeur fixe (arrangé par l'hôtel, 15 $ la journée) pour le vieux Kaboul. Le Grand Bazar était chaotique et vivant : vendeurs de pains naan sortis du tandoor, odeur de cumin écrasant, gosses qui traînaient entre les étals de tissu. J'ai mangé une assiette de qabuli palaw (riz avec pois chiches et carottes) pour 2,50 $ au petit restaurant sans nom près de la porte sud. Le goût était riche, les portions énormes. À côté, un stand vendait des grenades violettes à 1 $ le kilo. Jeudi, visite du musée national d'Afghanistan, ouvert de 9 h à 16 h. Bâtiment partiellement endommagé, ailes fermées, quelques gardiens fatigués. J'ai vu la fameuse statue du Bouddha de Bamiyan en photo (l'original dynamité en 2001 n'existe plus). Les pièces de verre soufflé du IIe siècle étaient magnifiques, mais le guide parlait peu. Entrée : 1 $ seulement. La galère du traficVendredi, plan raté. Le chauffeur devait m'emmener à Darul Aman Palace, au sud de la ville. Route barrée sans raison, demi-tour, nous avons tourné 45 minutes dans des ruelles poussiéreuses. Je ne sais toujours pas pourquoi. Finalement arrivé vers 11 h 30 avec une tension visible entre moi et le chauffeur sur le prix final (négociation pénible, il voulait 25 $ pour rien). Le palais lui-même est une ruine impressionnante : murs criblés de balles, fenêtres vides, l'odeur de pierre mouillée malgré le soleil. Quelques visiteurs locaux, pas de barrière, pas de « circuit touristique ». Samedi, café au Café Mezze près de Shar-e-Naw (ouvert 7 h à 21 h). Excellent espresso (surprenant pour Kaboul), 1,50 $. Les murs couverts d'affiches de films bollywood, clients qui parlaient fort. J'ai lu un article du Tolo News sur mon téléphone, les nouvelles étaient sombres. Tension palpable partout, même dans les endroits « touristiques ». Saveurs et moments fortsDimanche, j'ai pris un transport public : le minibus bleu n° 13, parti de Pul-e-Alam, direction Kaboul City. Expérience brute. Crampes de 25 personnes, arrêts imprévisibles, conducteur qui klaxonne en continu. Parfum intense de sueur et d'eau de Cologne bon marché. Une femme en burqa bleue m'a parlé en anglais hallucinant sur ses études d'infirmière interrompues. Vraie rencontre, moment marquant. Lundi soir, dîner au Spozhmai Afghan Restaurant, l'établissement le mieux côté pour étrangers (prix touristiques : 8 à 12 $ par plat). Excellente korma d'agneau, pain frais sorti du tandoor, thé vert à volonté. Tables en bois, lumière douce, femme du patron qui supervisait la cuisine. C'était l'un des rares endroits où j'ai senti une forme de normalité. Mardi, visite du mausolée du Roi Zahir Shah (entrée gratuite, ouvert jusqu'à 17 h). Site magnifique, calme, quelques fidèles en prière. J'ai enlevé mes chaussures, senti la fraîcheur du marbre sous mes pieds. Le gardien âgé m'a montré les détails architecturaux avec fierté. Cet endroit contrastait radicalement avec le reste de la ville. BilanLes trois derniers jours ont été moins intenses. Beaucoup de temps à l'hôtel, une visite bâclée au musée de l'art contemporain (fermé pour raison de sécurité), marche courte au parc de Shahr-e-Naw mardi après-midi (15 minutes seulement, trop exposé). L'insécurité a limité mon exploration. Départ mercredi matin via Ariana Afghan Airlines, vol à 10 h 45.
Les bons plans repérés sur place.
Grand Bazar de Kaboul : le matin avant 11 h, odeur de tandoor, naan frais à 0,30 $
Musée national : statue de Bouddha en photos, entrée 1 $, prévoir 1 h 30
Mausolée du Roi Zahir Shah : calme absolu, marbre frais, accès gratuit
Spozhmai Afghan Restaurant : korma d'agneau 10 $, le seul lieu détente pour étrangers
Grand Bazar, stand de grenades : mur de couleur violette, 1 $ le kilo
Photos — Kaboul
Et au final.
Kaboul n'est pas une destination facile. J'ai rencontré des gens ouverts et sincères, mangé bien, vu des ruines chargées d'histoire. Mais l'omniprésence de la sécurité, les restrictions de mouvement et les nouvelles alarmantes m'ont empêché de vraiment respirer. Je ne reviendrais pas dans ces conditions actuelles.
