Jhai India... le Retour!
CarnetInde20131000 jours

Jhai India... le Retour!

Voici quelques commentaires d’un long voyage qui m’a emmené Du Tamil Nadu au Maharastra et au West-Bengale en passant par l’Andhra Pradesh, le Karnataka, le Madhya Pradesh et le Bihâr. Chacun de ces états étant sinon…

MI
Publié le
1000 jours5/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Voici quelques commentaires d’un long voyage qui m’a emmené Du Tamil Nadu au Maharastra et au West-Bengale en passant par l’Andhra Pradesh, le Karnataka, le Madhya Pradesh et le Bihâr. Chacun de ces états étant sinon aussi gros du moins aussi peuplé que la France. Environ 80 heures de train et pas tout à fait 6000 km… Cela est surtout un prétexte pour vous faire partager mes découvertes de certains visages de l’Inde. A l’origine de ce voyage, une invitation de l’I.A.T. F (Indian Association of Teachers of French) pour mettre au point le grand meeting du jubilée de l’association (50 ans) qui se tiendra à Mumbai (Bombay) en octobre de cette année. Originellement j’accompagnais le président, M. Xavier Raj, avant que ce dernier, malade à Mumbai, et désirant rentrer de suite à Chennai, m’envoie seul le représenter aux réunions de Kolkata (Calcutta) et de Chandan-Nagar (Chandernagor)… Départ le 15 janvier à 6h30 du matin de Central Station. Je trouve mon train, mon wagon et ma place. Je m’y installe. Xavier Raj me rejoint dix minutes plus tard. Le train se met en branle et avance. Il s’agit d’être bien installé et de bien s’entendre avec ses voisins car le voyage va durer 2 jours. On s’assied, on mange et on dort sur les même banquettes. Le voyage est folklorique : tous les corps de métier défilent dans l’allée en glapissant leur slogan ou le nom de leur marchandise. Bien entendu je parviens à distinguer les mots les plus courants : Chaï, chaï ! (thé, thé !) ou bien Tanni (eau) ou bien encore toutes sortes de snacks : bradamla (en fait bread omelette !), samosas (petits triangles fourrés de légumes épicés), puff (idem mais en friands) et autres fruits…on ne risque pas de mourir de faim ! Pendant ce temps le train roule. Le ballet des mendiants a succédé à celui des marchands. Aveugles chantants, sans-bras ou manchots qui agitent leurs moignons sous le nez, transsexuels agressifs qui proposent leur bénédiction contre quelques roupies, grands brûlés qui exhibent leurs croûtes, pauvres hères. Mumbai, Mumbai, terminus ! Le trajet s’est fait finalement et en lisant et discutant le temps finit par passer. C’est seul…et un peu à l’aveuglette que je pars faire un long périple à l’autre bout du pays. Après avoir changé mon billet de train pour la circonstance, j’embarque. Nous sommes dimanche, il est 6h00 du matin, j’embarque pour Calcutta, prêt à traverser dans sa largeur tout le sous-continent indien. Arrivée prévue le lundi en fin d’après-midi, après environ 2000 km de voyage. Le voyage ressemble en tous points au premier, à ceci près qu’il est cracra, une vraie épave roulante. L’interminable théorie des vendeurs, mendiants, éclopés, enfants et transsexuels en sari reprend. Kolkata se profile après trente heures. Les mains se tendent, les corps se pressent, l’odeur acre de la sueur humaine se mêle aux fragrances musquées des épices des offrandes et à la fumée de l’encens ; un shivaïte à la barbe clairsemée fend la foule, amassée entre les colonnes du temple pour effleurer les flammes consumant l’huile dont est empli le plateau doré porté par le serviteur du seigneur de la destruction. Le scintillement des pupilles humides d’émotion esquisse, avec la danse des flammes sur les visages et le jeu de réflexion des miroirs fixés aux plafonds pour permettre à tous d’admirer la cérémonie, le tableau mouvant d’un son et lumière enivrant, rythmé par un trio anachronique et décalé : un joueur de flûte en position du lotus, un maître de tablas en transe, et un moteur électrique asynchrone qui actionne un mécanisme entraînant un ensemble de cymbales, cloches et percussions. Autour de cette scène de partage du feu allumé à l’autel sur lequel trône un lingam emmailloté de soie, une procession d’hommes, de femmes et d’enfants promènent un veau de bois sur un brancard rehaussé, l’abritant respectueusement sous un parasol multicolore le long du chemin qui doit mener la monture de Shiva jusqu’à la porte du sanctuaire, où deux gardiens fracassent inlassablement sur la pierre du dallage les centaines de noix de coco offertes par les dévots. La célébration semble s’articuler autour d’un schéma rapiécé, la scène se déroulant sous nos yeux comme une tapisserie formidable tissée par un tailleur ivre : chacun semble mener son propre culte, dans son propre carré d’étoffe, l’admirateur du bovin sacré se moquant de la flamme adorée, dont les courtisans se soucient peu des offrandes sucrées. Plus étonnant encore, la clameur de chaque pièce se superpose à celle animant sa voisine, composant une formidable symphonie où le craquement de la noix de coco répond au cliquetis du moteur, et la résonance du tabla aux pas de la marche au parasol – partition aussi improbable que peut l’être la tapisserie mentionnée, toutes deux résultant manifestement du même coup de ciseau et raccommodage mené de manière erratique par notre invisible mais imbibé artisan supposé. Impossible de discerner sous cette effervescence colorée le calme qui il y a quelques heures encore semblait avoir une emprise inattaquable sur le lieu, lorsque nous partagions le repas des brahmanes, assis en tailleur sur la pierre, les mains pleines de graines, d’épices et de légumes, le regard profond de nos hôtes fixés sur les visages de mes parents, arrivés la veille, dans les yeux desquels on pouvait lire l’étonnement, l’incrédulité et l’émerveillement de l’arrivée en Inde et de la plongée brutale dans un monde un peu en dehors de lui-même.

Conclusion

Et au final.

La suite du rêve...

En résumé

Avis Inde : carnet de voyage de 1000 jours par Mikeji

Destination
Inde
Durée
1000 jours
Période
janvier · Hiver
Note du voyageur
5/5
Voyageur
@Mikeji
L'essentiel

Inde en bref

Pourquoi choisir Inde

  • Traversée ferroviaire épique reliant spiritualité hindoue et rencontres humaines brutes
  • États aussi vastes que la France offrant une diversité culturelle et paysagère inégalée
  • Immersion dans cérémonies temples traditionnelles avec musique et rituels ancestraux
  • Voyage social intense où tous les niveaux de la société côtoient quotidiennement
  • Expérience authentique loin des circuits touristiques classiques

Pour qui ?

  • Voyageurs indépendants cherchant l'immersion culturelle profonde
  • Passionnés de spiritualité hindoue et de rituels ancestraux
  • Amateurs de trajets ferroviaires aventureux et authentiques
  • Explorateurs curieux de rencontrer tous les niveaux de la société indienne
  • Pèlerins intéressés par les temples shiva et la vie monastique brahminique

À éviter si…

  • Vous recherchez le confort et l'hygiène irréprochable des transports
  • Vous ne supportez pas les trajets de plus de 24 heures en espace partagé
  • Vous attendez une Inde rurale et paisible sans confrontation sociale
  • Vous avez peu de temps et voulez rapidement couvrir des distances
À découvrir aussi
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Questions fréquentes

FAQ — Inde

Combien de temps faut-il pour traverser l'Inde en train d'un bout à l'autre ?

Le récit rapporte un trajet Mumbai-Kolkata de 2000 km en 30 heures, et un premier voyage en train de 80 heures pour 6000 km traversant plusieurs états. Les trajets en train indien combinent temps d'attente, arrêts multiples et une expérience très sociale où marchands et mendiants circulent constamment dans les wagons.

Est-ce sûr de voyager seul en train en Inde pour de longues distances ?

L'auteur a entrepris seul un trajet Mumbai-Kolkata de plusieurs milliers de kilomètres après que son compagnon soit tombé malade. Il conseille une bonne installation et de bien s'entendre avec ses voisins de banquette, car on partage le même espace pour manger et dormir pendant 2 jours consécutifs.

Quels sont les états à ne pas manquer lors d'un voyage en Inde du Sud au Nord ?

Le carnet mentionne le Tamil Nadu, l'Andhra Pradesh, le Karnataka, le Madhya Pradesh, le Maharashtra et le Bengale-Occidental (West-Bengale). Ces états sont chacun aussi peuplés et étendus que la France, offrant des expériences très différenciées.

Que peut-on manger dans les trains indiens pendant un long trajet ?

Le récit énumère chaï (thé), tanni (eau), bradamla (bread omelette), samosas (triangles fourrés de légumes épicés), puff (friands), et diverses sortes de fruits. Des vendeurs ambulants proposent constamment leurs marchandises dans les allées, limitant les risques de faim.

Qu'est-ce qu'une cérémonie de Aarti dans un temple hindou ?

Le carnet décrit une cérémonie complexe à Kolkata associant offrandes de feu, procession d'un veau sacré sous parasol multicolore, fracassement de noix de coco, musique de flûte et tablas, créant une symphonie spirituelle d'effervescence colorée autour d'un lingam enveloppé de soie.

Quel est le rôle de l'Indian Association of Teachers of French (IATF) ?

L'IATF organise des réunions importantes pour son jubilée (50 ans) et a invité l'auteur à participer à ces rencontres à Mumbai, Kolkata et Chandan-Nagar pour aider à la planification du grand meeting annuel.

Y a-t-il des rencontres spirituelles et religieuses à vivre en Inde ?

Le récit décrit un partage de repas avec des brahmanes assis en tailleur, des cérémonies hindoues intenses combinant rituels du feu, processions et musique sacrée. Les temples offrent des expériences immersives où spiritualité et vie quotidienne fusionnent intensément.

Qu'est-ce qui caractérise l'ambiance sociale dans les trains indiens longue distance ?

Le récit souligne un ballet continu et folklorique : marchands ambulants, mendiants, transsexuels offrant des bénédictions, enfants. C'est une expérience humaine brute où tous les corps de métier et conditions sociales se côtoient dans un espace confiné pendant 30 à 80 heures.