Comment ça s'est passé.
On a décidé d'aller à Varanasi en octobre, période où la chaleur devient supportable. Vol Air India AI 318 depuis Delhi, arrivée à l'aéroport de Lal Bahadur Shastri vers 16 h. Le trajet jusqu'à notre hôtel, le Ganges View Hotel près de Godaulia, a pris une heure dans la circulation. Dès les premières rues, on a été frappé par l'odeur : mélange de bois de santal, de pollution et d'encens provenant des petits commerces. Notre chambre donnait directement sur le Gange. Le premier matin, on s'est levés à 4 h 45 pour assister au lever du soleil sur les ghats. C'était une gestion logistique compliquée : il fallait descendre à pied par des escaliers étroits, passer devant des mendiants et des vendeurs de fleurs. Les fleurs de marigold vert fluorescent coûtaient environ 50 roupies (0,60 €) pour une guirlande. On a croisé des touristes chinois, des pèlerins hindous qui se plongeaient dans l'eau glacée. La température était d'environ 18 °C, on sentait l'humidité du Gange remonter jusqu'à nous. Notre guide local, Rajesh, qu'on avait trouvé via une appli d'agence, nous a expliqué la crémation en détail. Les bûchers au Manikarnika Ghat brûlent continuellement. On pouvait sentir la fumée de bois de santal à plusieurs centaines de mètres. Rajesh nous a montré comment les familles négociaient le prix du bois avec les prêtres : entre 3 000 et 5 000 roupies (36-60 €) pour un adulte. C'est devenu un moment émotionnel inattendu quand une femme âgée nous a expliqué qu'elle attendait la mort de son mari pour être incinérée avec lui après sa mort. On n'était pas préparés à ça. La nourriture : on a mangé au restaurant Brown Bread Bakery, un petit café tenu par un couple hindou. Le lassi salé à la betterave coûtait 80 roupies (0,95 €) et était franchement bon. On a aussi goûté la spécialité locale, le baati churma, à base de semoule et beurre clarifié, servi à 120 roupies. On a aussi testé un vrai puri bhaji du marché : le vendeur utilisait une cuisson à la poêle très bruyante, on sentait l'oignon frit et les épices à la distance. Très savoureux mais trop épicé pour moi personnellement. Le point de tension : le deuxième jour, un tuk-tuk nous a menés à la Gare Centrale de Varanasi pour prendre un train local vers Sarnath. Le chauffeur a prétendu que le train était annulé et nous a proposé une « visite privée » à prix triple. C'était clairement une arnaque. On a dû sortir et demander à des habitants. Le train pour Sarnath, le numéro 54111, partait bien à 10 h 30. Arrivés tard, on s'est assis dans le wagon de 3e classe bondé, collés à 200 autres passagers pendant les 35 km. Pas franchement confortable. À Sarnath, le site bouddhiste datant du 5e siècle, l'atmosphère était très différente : moins de pollution, beaucoup plus calme. Le billet d'entrée coûtait 250 roupies (3 €). On a grimpé jusqu'à la stupa principale où la température était plus fraîche et le silence quasi total. C'était reposant après Varanasi. On a aussi passé du temps au Marché de Vishwanath Gali, une petite ruelle commerciale piétonne remplie de vendeurs de soie et d'objets religieux. Les prix commençaient à 500 roupies pour un petit tissu imprimé. On a dû négocier ferme, parler fort, se frayer un chemin entre les vendeurs. Claustrophobe, j'ai dû sortir après 20 minutes. Les nuits à Varanasi étaient bruyantes. Les chants du soir au temple résonnaient jusqu'à 22 h, les corbeaux criaient à l'aube. C'est typique, mais ça nous a causé du manque de sommeil les premiers jours.
Les bons plans repérés sur place.
Ghat Manikarnika au lever du soleil (5 h) : crémations, fumée de bois de santal, expérience intense
Baati churma au Brown Bread Bakery : semoule beurrée, saveurs locales vraies (120 roupies)
Train local 54111 vers Sarnath : 3e classe bondée, paysage rural, 35 km de vie quotidienne indienne
Marché Vishwanath Gali : tissus de soie, négociation nécessaire, bruit et densité maximale
Stupa de Sarnath : site bouddhiste du 5e siècle, billets 250 roupies, silence et paix
Et au final.
Varanasi m'a marqué de façon compliquée. C'est un endroit où on se sent réellement ailleurs, où la spiritualité et le pragmatisme urbain coexistent sans filtre. L'arnaque du tuk-tuk et le surpeuplement m'ont rappelé qu'il faut rester vigilant en tant que touriste. Mais le moment au Manikarnika Ghat restera avec moi, comme une leçon involontaire sur la mort et le lâcher-prise.







