Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam à 14h après 11 heures de vol depuis Paris. Le taxi officiel jusqu'à Port-Louis m'a coûté 800 roupies. J'ai choisi le Zilwa Attitude en Grand-Baie pour sa proximité avec la plage et son prix raisonnable : 120 euros la nuit en demi-saison. Première galère dès J1 : la connexion Wi-Fi de l'hôtel était capricieuse, et j'ai dû utiliser mon forfait international pour réserver les excursions. Les premiers matins, réveil à 5h30 pour explorer le front de mer de Port-Louis avant la chaleur. Le contraste entre l'odeur de diesel des bus et le sel marin était étrange, presque désagréable. Le marché central de Port-Louis, près de la gare routière, débordait de vendeurs de fruits à pain et de calamar frits à 200 roupies la portion. J'ai goûté pour la première fois le carry au poulet local chez un petit restaurant sans nom rue Sir William Newton : saveur intense, gingembre écrasant, un peu trop salé à mon goût mais authentique. Lundi matin, embarquement à 8h45 à la marina de Grand-Baie pour une sortie lagon avec Captain Nemo (petit bateau bleu privé, environ 45 euros par personne). Trois heures à naviguer vers les îlots : Île Plate, Île Gabriel. L'eau était effectivement très claire, mais un groupe de touristes allemands bruyants a gâché un peu la sérénité. Le repas à bord : du riz, du poisson grillé sans assaisonnement, du melon. Décevant pour le prix. J'ai écouté le capitaine raconter ses 25 ans de métier en créole mauricien, ses chansons en arrière-fond : un moment où j'ai vraiment senti faire partie du paysage. Visite à Chamarel le mercredi. Départ en bus n°59 de Port-Louis vers 7h30 (130 roupies l'aller-retour). Les terres colorées sont impressionnantes, avec leurs sept nuances visibles. J'ai logé au gîte Maison Chamarel, tenu par une Française depuis 20 ans, qui m'a servi un lentilles-carotte excellent. Mais arrivée retardée au terminus de 45 minutes sans explication : le bus s'était arrêté deux fois pour des passagers inattendus, sans que personne ne communique les raisons. Petite tension, mais rien de grave. Le spot plage que j'ai préféré était Trou-aux-Cerfs, une baie fermée près de Flacq, très peu touristique. Sable blanc, lagon d'un bleu-gris presque laiteux selon l'heure. Pas de restaurant à proximité, j'avais apporté mon pique-nique. Température de l'eau : 24 degrés environ, idéale. J'y ai passé quatre heures seul, à lire et observer les pêcheurs locaux au loin. Dimanche, excursion à Île aux Cerfs en pirogue depuis la côte est. Petit bateau blanc, guide moyen-parlant français, 55 euros. Le chenal était un peu agité, plusieurs passagers ont eu le mal de mer. Une fois là-bas, plage splendide mais blindée de touristes. Déjeuner chez un petit restaurant de plage dont j'ai oublié le nom : Mauritian seafood curry à 450 roupies, plus une bière locale Flag à 180 roupies. Le poisson était frais, cuisiné avec du lait de coco et du curcuma. Bon rapport qualité-prix. Fin du séjour à Port-Louis. Visite au Musée d'histoire naturelle (400 roupies l'entrée, très basique, 45 minutes suffisent). Le marché de Caudan Waterfront, en revanche, est une vraie arnaque touristique : prix gonflés de 200%, même pour les objets d'artisanat. J'ai acheté un petit modèle de voilier pour 800 roupies, prix probable : 350. À éviter. Deux jours et demi sur plage à Grand-Baie : la plage principale est envahie de jet-skis et de vendeurs de bijoux. La baie de Péreybère, juste à côté, offre un calme relatif. Eau tiède, sable fin, coucher de soleil vers 18h. Dîner chez Le Pescatore en bord de plage : brochettes de crevettes à 580 roupies, riz pilaf, salad verte. Ambiance touristique moyenne, serveur efficace mais un peu de pression pour dépenser plus. Transport bilan : les bus locaux sont bon marché mais imprévisibles. Les taxis sans compteur gonflent les prix à 30-40%. J'ai opté pour Uber quand disponible (fiable, 200-300 roupies selon distance). Le réseau routier principal est correct, mais les petites routes vers les villages sont étroites et cahoteuses.
Les bons plans repérés sur place.
Trou-aux-Cerfs près de Flacq : plage vide, lagon fermé, zéro restaurants, parfait pour l'isolement
Marché central de Port-Louis (rue Sir William Newton) : meilleur carry au poulet, 200 roupies, authentique
Bus #59 Port-Louis vers Chamarel : trajet côtier, 2h30, 130 roupies, à faire juste pour le parcours
Petit-déjeuner sur la terrasse du Zilwa Attitude : jus de fruits frais, pain brioché, oeufs épicés, 15 euros
Coucher de soleil à Péreybère, 18h-18h30 : éphémère, gratuit, moins bondé que Grand-Baie
Photos — Port-Louis / Grand-Baie / Île aux Cerfs
Et au final.
Île Maurice a livré ce qu'on attend : eau claire, lagon, soleil, accueil bienveillant. Mais c'est un spot touristique où il faut chercher pour ne pas se faire plumer. Les paysages intérieurs (Chamarel, Morne Brabant) valent le détour. Ce que j'ai moins aimé : la saison chaude était parfois étouffante, et les plages principales sont trop commercialisées.
