Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport international Augusto C. Sandino de Managua un dimanche matin à 6 h 30, complètement décalées. La chaleur nous a frappées de plein fouet en sortant de l'avion : 32 degrés à peine levé le soleil, avec cette humidité collante qui pénètre les vêtements. On a pris un taxi sans passer par l'agence touristique (grosse erreur : le chauffeur nous a présenté une course à 45 dollars au lieu de 25). Leçon de vie : toujours négocier avant de monter. Granada nous a séduits dès le premier coup d'œil. Les façades pastel de la Calle La Calzada, cette rue principale, dégagent une ambiance de petit musée à ciel ouvert. On a loué une chambre au Hotel Plaza Colón (60 dollars la nuit, avec climatisation et une terrasse sympa). Le premier soir, on a mangé au restaurant Café de los Sueños : un tilapia grillé avec riz et haricots noirs pour 8 dollars. La sauce chimichurri était trop salée, mais bon, c'était nourrissant. Le chaos du bus vers San Juan del SurOn voulait rejoindre les îles de Solentiname, mais on a dû passer par San Juan del Sur d'abord. On a pris un bus Transportes Tipitapa depuis la Estación Central (le terminal est une vraie fourmilière, des vendeurs de jus qui crient partout). Le trajet était censé durer 2 heures. Il en a pris 4. Le bus s'est arrêté tous les 500 mètres pour prendre des gens, des cabris, des sacs de plantains. Aucun climatisation. À un moment, une femme a vomi dans un sac en plastique et l'odeur de bile mélangée à l'essence m'a donné la nausée. Pas glamour. San Juan del Sur, c'est une petite bourgade côtière où les surfeurs traînent leurs planches. On y est restés une nuit. Le restaurant Fuego Brew Co. propose des pizzas correctes (12 dollars) et de la bière locale. On a dormi à la Hostal Carolina (35 dollars en dortoir). Le matin, on s'est levées à 5 h 30 pour voir le lever du soleil sur l'océan Pacifique depuis la plage. L'eau était tiède, presque trop. L'odeur salée mélangée à celle de l'algue en décomposition m'a rappelé que la nature c'est pas que des cartes postales. Solentiname : les îles tranquillesOn a pris un bateau lanchas (des petits bateaux moteur) pour Solentiname. Départ à 6 h 30 de San Juan del Sur. Le voyage a duré 45 minutes sur le lac Cocibolca (le plus grand lac d'Amérique centrale, paraît-il). En chemin, on a vu des pélicans plonger. Arrivées à l'île de Mancarrón, on s'est loué une petite maison chez l'habitant pour 25 dollars par personne. Pas d'eau chaude. Pas de WiFi fiable. Mais le silence à 22 h était étrange et reposant à la fois. On a visité la Iglesia Parroquial, une petite église en bois où les habitants viennent prier. L'intérieur était sombre, humide, avec des murs gris qui suintaient. On a acheté des toiles de style naïf au marché local pour 15-20 dollars l'une. Le truc drôle : on ne savait pas si c'était une vraie galerie ou juste le salon d'une maison. Au restaurant Morgan's (tenu par un Canadien), on a mangé un ceviche frais : 10 dollars. La saveur du citron vert vert éclatant sur le poisson tendre, c'était le moment où on a eu envie de rester. Retour : le bus qui n'existe pasOn a essayé de prendre un bus direct de Solentiname à Granada. Spoiler alert : il n'existe pas. On a dû revenir à San Juan del Sur en lancha, puis prendre un autre bus Transportes Tipitapa (7 heures de route cette fois-ci). On a grignoté des sandwichs achetés à une petite comida sur le bord de la route (pain blanc mou avec du fromage blanc, 1 dollar) et on s'est endormies sur les épaules l'une de l'autre. De retour à Granada, on a eu 2 jours pour explorer les alentours. La lagune de Apoyo est à 10 minutes en taxi (3 dollars). On s'est baignées dans une eau trouble mais tiède. À proximité, le restaurant Apoyo Spanish School Café sert un café avec cardamome qui change tout (2 dollars). On a aussi visité le marché central de Granada, bondé, bruyant, avec les vendeurs qui vantaient leurs fruits à haute voix. On y a acheté des mangues pour 0,50 dollar l'unité.
Les bons plans repérés sur place.
Calle La Calzada à Granada : longer cette rue pavée le matin avant 8 h pour éviter les touristes
Îles de Solentiname : l'église en bois de Mancarrón et le silence du lac le soir
Restaurant Café de los Sueños : commander le tilapia grillé, pas trop manger avant (portions généreuses)
Lancha privée au coucher du soleil sur le lac Cocibolca : négocier le prix directement avec les pêcheurs (30-40 dollars pour 2 personnes)
Marché central de Granada le matin : mangues fraîches et jus de canne à sucre frais pressé
Photos — Granada
Et au final.
Granada reste une base solide pour explorer le sud du Nicaragua. Les îles de Solentiname valent le coup si on aime la solitude et les galères de transport ne dérangent pas trop. Par contre, le manque de logistique claire entre les coins (aucun site gouvernemental à jour pour les horaires de bus) et la sécurité en ville le soir m'a stressée.








