Comment ça s'est passé.
Arrivée à Granada : première secousseLevé à 5 h 30 à l'aéroport Augusto C. Sandino de Managua. Vol Iberia correct, mais l'attente des bagages a duré 45 minutes. Bus First Class (compagnie locale, 15 USD par personne) pour Granada. Le trajet, censé durer 45 minutes, en a pris deux à cause d'un nid-de-poule qui a crevé un pneu du minibus devant nous. Arrivée finalement à 10 h à Granada. L'hôtel Beaded Bed, rue Calle La Calzada, s'avère sympa : 45 USD la nuit pour deux lits et un ventilo qui tourne en permanence (la clim était en panne). Le gérant, un type jovial d'une quarantaine d'années, nous recommande le restaurant El Club pour le déjeuner. Les saveurs locales et les dégâts de l'eauEl Club propose un casado (plat complet : riz, haricots, viande) à 3,50 USD. J'ai pris celui au poulet. C'était honnête, rien d'exceptionnelle, mais la sauce de tomate maison avait une acidité prononcée, presque agressive. À côté, un Toña (bière locale) pour 1,50 USD. L'odeur du ciment humide de la cuisine nous a saisi dès l'entrée — Granada souffre de l'humidité tropicale, même en saison sèche. Moment marquant et galère : le deuxième jour, en explorant la Cathédrale de Granada (la Catedral Metropolitana, XVIe siècle), nous avons découvert que le système d'évacuation d'eau se déversait directement sur le parvis. Un enfant a glissé juste devant nous. Le gardien a haussé les épaules. Cette eau stagnante puait l'égout ancien. Ça rappelle que la restoration des monuments n'est pas une priorité ici. Îles de Solentiname : calme avant la tempêtePrise d'un collectivo (minibus non climatisé, 8 USD) depuis la gare de Granada pour San Carlos, puis bateau local vers l'archipel de Solentiname. Le trajet des îles était chaotique : le moteur du bateau a calé deux fois. Une demi-heure de retard. Sur l'île de Mancarrón, nous avons passé la nuit à la Posada El Cisne, 38 USD, chambre simple sans eau chaude, mais propriétaire francophone qui cuisine lui-même le dîner : filet de tilapia du lac, plantains frits, riz blanc. Le tilapia était excellent, frais, la chair tendre. Prix : 10 USD l'assiette. Le lever du soleil sur le lac Cocibolca à 6 h du matin valait vraiment le détour. Températures fraîches (17-18°C), brume qui se lève lentement. Silence absolu sauf les cris des oiseaux — une autre sensation : l'humidité chargée d'odeur végétale, de décomposition organique, très prégnante. San Juan del Sur : surcommercialisationRetour à Granada après trois jours, puis route vers San Juan del Sur en bus local (empresa Traslú, 12 USD, 4 h 30 de trajet). La côte Pacifique du Nicaragua : moins touristique qu'on ne le craignait, mais San Juan del Sur devient clairement un point nodal pour les surfeurs et backpackers. Bars à Margarita, hostels hors de prix (20 USD le dorm). Nous nous sommes installés à l'hôtel Morgan's, rue Calle Central, 52 USD la double. Resto sympa en bas, El Timón, où nous avons mangé un ceviche mixte (crevettes + poisson blanc) pour 8 USD. Le ceviche était bien aigre, peut-être trop de citron, mais frais. Ici, contrairement à Granada, l'ambiance est touristique, presque étouffante. La plage de San Juan del Sur elle-même ? Noire (sable volcanique), un peu décevante après les photos. Penderie et retourDernier jour à Ometepe, île du lac Cocibolca. Ferry depuis Granada (14 USD, 2 h de traversée, bateau Ometepetl de la compagnie Transportes Lacustres). Nous avons loué des vélos pour 5 USD chacun et fait le tour partiel de l'île. Odeur de terre mouillée et de bungalows en bois pourri. Un moment de fatigue et de déception : le volcan Concepción était voilé de nuages. Nous espérions une excursion d'ascension, impossible. Repas d'adieu au restaurant Comedor Doña María, petite maison qui sert les habitants. Gallopinto (riz et haricots noirs mélangés) avec œufs brouillés, 3 USD. Propre, simple, le goût du Nicaragua quotidien.
Les bons plans repérés sur place.
Île de Mancarrón, Solentiname : petite église coloniale rouge en bois et pêcheurs locaux le matin
Cathédrale de Granada (Calle Cuesta de la Catedral) : intérieur austère, vue sur les toits depuis le sommet
Marché de Granada (Mercado Central) : fruits de saison, bruits de négociation, senteur de bananes mûres écrasées
Lac Cocibolca en ferry matinal à 6 h 30 : brume volcanique et silence absolu
Restaurant El Timón, San Juan del Sur : ceviche frais, terrasse avec vue sur la baie chaotique mais vivante
Photos — Granada
Et au final.
Le Nicaragua m'a marqué par son désordre authentique et son accessibilité financière. Les moments vraiment beaux (lever de soleil, rencontres avec les habitants) contrastent avec une infrastructure fragile et une certaine usure urbaine. Granada mérite sa réputation, mais j'aurais apprécié une meilleure organisation locale et moins de pièges touristiques à San Juan del Sur.








