Comment ça s'est passé.
Arrivée le 14 février à 14 h 30 à l'aéroport international de Douala. Déjà la sensation collante : 28 °C, 85 % d'humidité. La piste sent le fuel et la terre mouillée. Pas de tapis roulant aux bagages, on se retrouve à attendre une heure que nos sacs apparaissent sur une table en bois. Premier conseil : faire ses valises léger. Transfert en taxi vers le quartier de Bonanjo. Le chauffeur, Jean-Claude, fume sans arrêt et démarre à chaque feu rouge comme s'il échappait à la police. Trajet de 12 km en 45 minutes malgré les bouchons. Prix négocié : 5 000 francs CFA (environ 7,50 euros). L'hôtel Sawa Plaza, rue Joffre, surplombe le port. Chambre 304 : vue sur les cargos, climatisation qui grince, eau chaude 3 jours sur 4. Les premiers jours : port et marché DeidoDès le 15, visite du quartier portuaire. Le Cameroun joue un rôle commercial énorme en Afrique centrale, et ça se voit. Les poids lourds, les conteneurs, les grues : tout bouge. Senteur de sel, d'huile moteur et de crevettes mélangées. On croise des pêcheurs qui reviennent avec leurs filets vers 6 h du matin. Le spectacle vaut le coup d'oeil, mais pas de balade touristique organisée : on marche, on regarde, on discute avec les gens. Le marché Deido, c'est l'entrailles de Douala. Allez-y avant 7 h pour éviter la cohue. On y croise des légumes qu'on ne reconnaît pas (les niébés, les gombos), des poissons fumés à la sauce pimentée qui brûle les narines. J'ai acheté une mangue pour 300 CFA (0,45 euro). Elle était sucrée, juteuse, mais on me l'a enveloppée dans du papier journal au lieu d'un sac. Détail qui m'a marqué : une femme vendait des escargots vivants en tas, elle les secouait régulièrement pour qu'ils ne se figent pas. Moment surréaliste. Galère N°1 : le bus vers BueaLe 17 février, décision de monter à Buea voir le Mont Cameroun. Gare routière Nkondengui, quartier Akwa. Compagnie Guarantee Coach, départ annoncé à 7 h. On arrive à 6 h 45. Le bus est censé partir à 7 h, mais il faut attendre que 47 places se remplissent (sur 50, discipline locale). Départ réel : 9 h 12. Trajet 70 km en 3 h 15, sinueux, avec un arrêt inattendu au village de Muea pour acheter des cacahuètes grillées. Tarif : 3 500 CFA (5,30 euros). À l'arrivée à Buea (capitale du Mont Cameroun), le chauffeur annonce que « la montée démarre demain matin, il faut dormir ici ». Contrainte absorbée : hôtel Mount Fako, 20 000 CFA la nuit (30 euros). Douche à l'eau froide (la température était 15 °C en montagne). Levé à 4 h 30 pour la montée. Guide local, Théodore, 55 ans, en tongs usées. On grimpe 4 h en silence. À 3 000 mètres, l'air devient sec, les jambes brûlent. Sommet atteint vers 9 h. Pas de nuages, vue dégagée sur l'Océan atlantique, les villes en contrebas. Théodore me montre les traces de lave de l'éruption de 2000. Il parle peu, mais son expérience se voit. Descente en 2 h 45. Les genoux en ont pris un coup. Repas au restaurant Le Sawa à Buea : poulet grillé avec riz gluant, sauce arachide, 4 500 CFA (7 euros). Nourrissant, mais pas raffiné. Retour à Douala : temples et vie quotidienneRetour en bus le 18. Cette fois, départ quasi à l'heure. En chemin, découverte de petits villages avec des églises blanches, des enfants qui vendent des mangues sur le bord de la route. Ambiance bien moins électrique qu'à Douala. Les derniers jours à Douala : visite de la Cathédrale d'Akwa (construite en 1890, style gothique terne), promenade à Douala Bonaberi. Passage au restaurant Chez Paul, rue Joffre, spécialiste du ndolé (viande avec épinards et arachides). Plat servi chaud à 5 000 CFA (7,50 euros). Les viandes ne sont jamais très fraîches au Cameroun : demander ce qui vient d'être cuit. Moment marquant (négatif) : le 20, perte de mon portefeuille dans un taxi. Panique justifiée. Appel à l'hôtel, qui a contacté le chauffeur. Récupération miracle 6 heures plus tard, avec 100 euros manquants, mais cartes intactes. Leçon : porter son argent en trois endroits différents. Odeurs mémorables : le marché Deido (poisson fumé + terre mouillée), l'auto-école militaire près du port (diesel + sueur humaine)Sons : klaxons de nuit dans les rues de Bonanjo, cris des vendeurs du marché, bruit de la pluie sur le toit ondulé de notre chambre d'hôtelGoûts : piment frais du Cameroun (bien plus corsé qu'en France), eau de coco fraîche du marché (1 000 CFA)
Les bons plans repérés sur place.
Marché Deido à l'aube : arriver avant 6 h 30, négocier les prix, observer les vendeurs de poisson fumé
Montée du Mont Cameroun depuis Buea : guide local indispensable, départ 4 h 30, prévoir 8 h aller-retour
Port de Douala : déambulation libre rue Joffre et avenue Foch, pas de visite guidée nécessaire, simplement marcher
Restaurant Chez Paul (rue Joffre) : ndolé et viande de chevreau, aller en fin d'après-midi quand tout est frais
Gare Nkondengui pour bus régionaux : négocier avec les touts, arriver tôt le jour du départ, ne pas faire confiance aux horaires affichés
Photos — Douala
Et au final.
Douala m'a surpris : moins touristique qu'attendu, vivante et fatiguante à la fois. Les gens sont généreux, curieux, mais le chaos des transports et l'humidité constante usent vite. Le Cameroun n'est pas facile d'accès, mais c'est précisément ce qui rend le voyage réel. À recommander aux voyageurs patient et curieux, pas à ceux qui recherchent du confort.








