Comment ça s'est passé.
Arrivée à Douala : le chocJe débarque à l'aéroport international de Douala à 6h30, épuisé après 8 heures de vol avec Air France. La chaleur frappe d'un coup : 28°C et 80% d'humidité. L'air sent le carburant diesel et quelque chose de sucré pourri que je n'identifie pas encore. À la sortie, un chaos organisé de taxis jaunes et d'emmerdeurs qui proposent des chambres. Je négocie mon trajet vers le Pullman Douala (environ 45000 CFA, soit 70 euros) avec un chauffeur qui me montre d'abord le tarif sur son téléphone, puis demande le double. On négocie et je paie 35000. C'est là que je comprends : au Cameroun, le prix affiché est une blague. Douala est immense, sale, bruyante. Les buildings côtoient des bidonvilles de tôle. Les klaxons dominent tout. Les petits restaurants de rue, les « points chauds », vendent du poisson grillé enrobé de fumée de charbon. Une odeur de vie intense. J'ai commandé du makala (poisson fumé avec du riz) au restaurant du coin, rue Hédi Comoé : 3000 CFA (4,50 euros). C'était sec et délicieux à la fois. Limbe, la ville oubliée au bord de l'océanAu jour 3, j'ai pris un minibus pour Limbe, au sud-ouest. Trois heures de route cahoteuse avec Garanti Travel (compagnie locale). Le minibus s'arrête tous les 5 km pour embarquer des gens. On était 25 dedans, prévu pour 14. Le gars à côté de moi gardait ses poules dans un sac en plastique. Limbe, c'est une petite station balnéaire presque morte. La plage de Limbe Beach Resort était vide à 14h. L'eau était noire à cause du sable volcanique. J'ai nagé quand même : frais, salé, une petite brise de l'Atlantique qui soulageait la moiteur du jour. Le soir au Restaurant Olympe Mont Cameroun (surplombant la côte), j'ai mangé du ndolé (sauce aux épinards et cacahuètes) avec du poisson fumé : 7000 CFA. Le cuisinier traînait. On a attendu 45 minutes. Pas grave, j'ai parlé avec d'autres voyageurs, des Belges venus faire de la rando. Ils m'ont averti sur le Mont : la montée est brutale, surtout après 3000 mètres d'altitude. Le Mont Cameroun : galère et beauté en même tempsAu jour 5, départ à 4h du matin du refuge de Buea pour le Mont Cameroun (4095 mètres). Le guide coûtait 50000 CFA pour deux jours. On dormait dans des huttes sans électricité. Le premier jour, on monte pendant 7 heures. Je sentais chaque pas après 3 kilomètres. Les jambes brûlaient, le cœur cognait. À 2500 mètres, l'air change : plus frais, mais aussi moins d'oxygène. Mon guide, Emmanuel, m'expliquait les cratères anciens, le paysage lunaire. Au jour 2, réveil à 3h. Le lever du soleil depuis le sommet à 5h30 : le ciel passe du noir presque bleu au rouge, puis orange. On voyait les îles de São Tomé en bas, minuscules. C'était vraiment beau, malgré la fatigue et le froid (environ 3°C au sommet). J'avais apporté un pull de rando trop léger. Grosse erreur. La descente, c'est l'enfer. Les genoux. Chaque pas est une décision. Un gars de mon groupe a eu une crampe et on a dû ralentir d'une heure. On est rentré à 17h. Douche, puis ndolé à nouveau. Je ne m'en lassais pas. Yaoundé, trop courtTrois jours à Yaoundé. La capitale sent la poussière rouge (latérite). Le Musée National était fermé pour rénovation (je n'ai pas vérifié avant, grosse bêtise). J'ai vu la Cathédrale-Basilique de Marie-Reine des Apôtres (entrée libre), un vrai bâtiment monumental, au cœur de la ville, mais ça manquait de contexte sans guide. Au marché Mvog-Betsi, c'était du contrôlé-chaotique : tomates, mangues, tissus, chaussures knockoff. Les vendeurs te harcèlent moins qu'à Douala. Moins d'énergie générale. À Elig-Essono, j'ai trouvé un bon hôtel (Sigma) à 30 euros la nuit, wifi correct. Douzième jour : refluxLe retour a été morne. Vol Brussels Airlines en retard de 3 heures. C'est ça le Cameroun : des moments durs, mais quelques images qui restent. Les gens sont directs. Pas de faux-semblant. Ça plaît ou ça plaît pas, mais on sait où on en est.
Les bons plans repérés sur place.
Le Mont Cameroun : lever de soleil au sommet (levé à 3h, ça vaut le coup mais prendre des vêtements chauds)
Limbe Beach Resort : plage volcanique noire, calme total, eau de l'Atlantique à 24°C
Marché Mvog-Betsi à Yaoundé : fruits frais, chaos organisé, meilleur ndolé de mon séjour (4500 CFA)
Restaurant Olympe Mont Cameroun : vue sur la côte, poisson grillé, attendre c'est normal
Minibus Garanti Travel Douala-Limbe : expérience locale authentique (3h, 5000 CFA), paysages d'Afrique centrale
Photos — Douala / Buea / Mont Cameroun
Et au final.
Je suis rentré fourbu mais satisfait. Le Cameroun n'est pas un spa touristique. C'est un pays où tu dois négocier, t'adapter, supporter la chaleur. La montée du Mont m'a humilié puis rendue forte. Par contre, les deux jours perdus à Yaoundé sans vraiment rien faire, c'était frustrant. Et l'arnaque au taxi de l'aéroport me goûte encore.
