Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international de Douala un lundi matin à 7h30, étouffés par l'humidité et l'air conditionné qui soufflait trop fort dans l'avion. La première impression : du chaos organisé. Les taxis grillaient les feux, les vendeurs de jus de citron frais proposaient leurs breuvages dès la sortie de l'aéroport (500 francs CFA, soit 75 centimes d'euro). Nous avons pris un taxi jusqu'à l'hôtel Sawa (rue Joffre, centre-ville) où la clim fonctionnait à peine. La réceptionniste nous a expliqué que les coupures de courant étaient fréquentes le soir, ce qui s'est confirmé dès le premier jour. Douala sent l'océan mélangé aux gaz d'échappement. Le port gronde en permanence. Nous nous sommes perdus en cherchant le marché Ndogpassi dès le mardi matin : un dédale de ruelles où les marchands vendaient des vêtements, du poisson fumé (l'odeur était presque insoutenable, acre et salée), des fruits exotiques qu'on ne reconnaît pas. Un homme nous a proposé de fausses cigarettes de luxe, ce qu'on n'a compris que deux heures plus tard. Galère classique, perte de 3000 francs CFA. La montée vers le Mont CamerounJeudi matin, levé à 4h30 pour prendre la route vers Buea, la ville de montagne. Le trajet dure trois heures en minibus (ligne Douala-Buea, environ 3500 francs CFA par personne). Le minibus était rempli, les gens échangeaient des blagues en pidgin anglais et en français. À Buea, nous avons fait appel à un guide local via l'hôtel Mount Fako (chaîne moyenne, correcte, 25 000 francs CFA la nuit). Le guide, Celestin, parlait quatre langues et connaissait chaque pierre du chemin. La randonnée sur le Mont Cameroun dure deux jours. Nous avons campé à mi-hauteur (environ 2000 mètres) dans des refuges rudimentaires. La nuit, le froid était intense, on sentait l'altitude même sans altimètre. Au sommet (4095 mètres), on a atteint le point le plus haut à 6h du matin. Pas de brume, juste une vue immense sur la côte. Le moment marquant : voir le soleil éclairer d'abord l'océan avant d'atteindre les vallées. On était silencieux pendant dix minutes, épuisés et subjugués par la simplicité de ce qu'on voyait. C'était un moment où on n'a rien pensé d'autre que « c'est ici, maintenant ». Retour et derniers joursSamedi, descente longue et douloureuse pour les genoux. Au restaurant du Mont Fako, nous avons mangé une soupe d'arachide avec du poulet (5500 francs CFA, délicieuse et rassasiante) et du riz blanc, arrosé de jus de papaye frais. Le cuisinier, Yves, nous a expliqué comment on doit piler les arachides à la main, ce qui prend une heure. Dimanche et lundi, retour à Douala. Nous avons visité la Cathédrale de Douala, un bâtiment blanc imposant du centre-ville, puis passé du temps au boulevard de la Liberté en fin d'après-midi. Les terrasses de café s'animent vers 17h quand la chaleur retombe un peu. Bière Régab au verre (1500 francs CFA) en regardant les gens. Peu de touristes, beaucoup de locaux. L'ambiance est celle d'une vraie ville de travail, pas d'une zone touristique polie. Le dernier jour, on a visité le musée du Mont Cameroun (fermé le lundi, donc mardi de la semaine précédente aurait été mieux). Les collections sont modestes mais les explications du gardien valaient le détour. Vol retour mercredi à 10h15 depuis Douala vers Yaoundé, puis correspondance internationale.
Les bons plans repérés sur place.
Mont Cameroun, randonnée deux jours au refuge de mi-hauteur avec lever de soleil au sommet
Marché Ndogpassi à Douala : flâner le matin, arriver avant 8h pour éviter la foule
Restaurant Chez Josée (rue Kitchener, Douala) : ndolé camerounaise et poulet braisé, dîner vers 19h30
Cathédrale de Douala, centre-ville, visite libre le weekend, 30 minutes de visite
Minibus Douala-Buea, ligne directe quotidienne, 3h de trajet, fenêtres ouvertes et conversations locales
Photos — Douala / Région du Sud-Ouest
Et au final.
Le Cameroun, c'est un pays où il faut accepter l'improvisation et les détours. Le Mont Cameroun était effectivement le point fort du voyage, un moment tangible et difficile. Douala nous a déplu en partie : bruyante, étouffante, peu accueillante pour les touristes débutants. À revenir, oui, mais avec plus de recherche sur les quartiers sûrs et les restaurants établis.
