Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international Luis Muñoz Marín un mardi matin à 7h30, après un vol de nuit depuis Paris sur JetBlue. L'humidité m'a frappée dès les premières secondes en descendant de l'avion — une chaleur épaisse, presque palpable, qui colle à la peau. San Juan m'attendait avec ses bruits de circulation dense et des odeurs mélangées de gaz d'échappement et de fleurs de frangipanier. Notre hôtel, l'Andalucia Boutique à Old San Juan, était situé à deux rues de la Plaza de Armas. La chambre donnait sur une petite cour intérieure, et dès le premier soir, nous avons découvert l'intensité des bruits nocturnes : chiens errants qui aboyaient jusqu'à minuit, motocyclistes sans silencieux, conversations aux fenêtres des voisins. Rien de dramatique, juste la vraie vie urbaine caribéenne. Première semaine : Old San Juan et ses rues en penteLe mercredi matin, nous nous sommes levés tôt pour explorer les callejones (petites rues) pavées. Nous avons pris un café au Café Convencia vers 6h30 — un cortadito pour 2,50 dollars, servi dans une tasse épaisse, sucré juste comme il faut. Les murs pastel de la vieille ville (bleus, roses, jaunes délavés) commençaient à peine à recevoir la lumière directe du soleil. Le moment marquant de cette première semaine a été notre visite au Castillo San Felipe del Morro un jeudi après-midi vers 16h. Nous avons grimpé l'escalier principal sous une chaleur écrasante — 34 degrés, dirais-je. Le gardien nous a expliqué que la forteresse avait changé 17 fois de main entre Espagnols et Britanniques. En haut, le vent puissant qui soufflait depuis l'Atlantique rendait difficile la marche. J'ai perdu mon chapeau et l'ai vu rouler sur le parapet. Un touriste australien a ri et m'a dit « Bienvenue à Porto Rico ». C'était absurde et amusant. Nous avons mangé plusieurs soirs à El Jibareo, un petit restaurant de cuisine locale dans le même quartier. Les mofongos (bananes plantains écrasées avec ail) coûtaient environ 12-14 dollars. Le goût — terre, ail puissant, soudain tempéré par une sauce faite de tomates et d'oignons caramélisés — m'a rappelé que j'aime vraiment cette nourriture, contrairement à ce que je croyais avant. Direction El Yunque : trois jours en forêtLe dimanche matin, nous avons loué une voiture chez Enterprise (point de location à côté du Marriott). Le trajet jusqu'au parc national El Yunque se fait en 45 minutes en prenant la route 191 nord depuis San Juan. Erreur de ma part : nous avons pensé laisser la voiture au parking et faire une petite randonnée vers la Cascada La Mina. « Petite » s'est avéré être un euphémisme — deux heures et demi dans l'humidité maximale, la gorge qui brûle, les vêtements trempés d'une sueur mêlée à la pluie. Nous avons logé deux nuits au guest house El Verde — tenu par Marta, une Portoricaine âgée d'environ 60 ans qui vendait du café frais le matin et des pasteles le midi. L'eau était souvent tiède le soir, la douche peu puissante. Mais Marta connaissait chaque sentier de la forêt et nous a conseillé d'éviter le jeudi, jour où arrivent les groupes touristiques massifs en bus. Mercredi, nous sommes montés jusqu'à la Cascada Big Pool. L'eau était glacée — choc thermique brutal au sortir d'une forêt étouffante. J'ai senti l'odeur de pourrissement de feuilles très dense sous mes pieds, un truc de forêt tropicale qui ne s'oublie pas. Des portoricains locaux nous ont montré où nager sans danger, loin des rochers pointus. Un homme nous a offert de la piña colada maison à partir d'une glacière — 5 dollars pour deux verres. Nous l'avons acceptée en souriant timidement. Retour à San Juan : plages et galèresNous avons quitté El Yunque le vendredi et passé les deux derniers jours à Flamenco, une plage à Culebra accessible en ferry. Problème : le ferry de 10h depuis Fajardo était complet, overbooké. Nous avons attendu celui de 16h, assis dans une station minimaliste, sans climatisation. Le trajet lui-même, 45 minutes, nous a donné le mal de mer — les vagues de l'Atlantique ne plaisantent pas. Flamenco Beach en revanche valait l'attente : eau turquoise (enfin, pas « turquoise paradisiaque », juste une eau vraiment claire, très claire), sable blanc avec des petites coquilles. Nous avons mangé des friture de poisson (mojarra frita) chez Dinghy Dock pour 18 dollars le plat. Le poisson était croquant, servi entier, les yeux fixes sur nous. C'est délicieux mais déstabilisant. Le dernier jour, avant notre vol de retour dimanche à 14h, nous avons traîné à Old San Juan une dernière fois, bu un dernier cortadito et acheté du rhum local (Ron del Barrilito, 25 dollars la bouteille).
Les bons plans repérés sur place.
Cascada Big Pool à El Yunque (mercredi matin) — eau glacée, silence de la forêt, pas de touristes à 9h
Old San Juan, rues Norzagaray et Cruz (coucher de soleil sur le port, caféines locales à chaque coin)
Castillo San Felipe del Morro (aller le jeudi après 16h quand les groupes repartent, monter les escaliers avant 15h)
Restaurant El Jibareo pour les mofongos (12 dollars, goût authentique, petite salle locale)
Plage Flamenco à Culebra (ferry depuis Fajardo, arriver tôt, eau claire mais avec courant)
Photos — San Juan et El Yunque
Et au final.
Porto Rico nous a marqués par son mélange de vie réelle, chaotique, bruyante, et de paysages vrais. Ce n'était pas un club de plage fermé. Les gens sont directs, chaleureux mais pas théâtraux. À retenir : l'humidité tue vraiment, surtout en randonné. À refaire sans hésiter, mais avec plus de respect pour la chaleur.
