Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Dubrovnik en fin d'après-midi, le 15 juillet, après un vol de trois heures depuis Lyon sur un Airbus Croatia Airlines. Le bus n°8 nous a menés directement à Pile Gate pour 30 kunas (4 euros). Première impression : l'odeur de sel marin mélangée aux gaz d'échappement des bus, une chaleur humide étouffante même à 19 h, et la silhouette des murailles en calcaire blanc qui se découpe contre un ciel encore orange. L'hôtel Neptun, rue Ilije Sarake, nous avait réservé une chambre avec vue partielle sur le Vieux Port. 480 kunas la nuit, soit 64 euros. Le type à la réception m'a dit que c'était « la meilleure période » pour Dubrovnik. Il avait tort. Les rues étaient saturées de touristes, les terrasses de la Place Luza bondées, et il fallait réserver les restaurants trois jours à l'avance. Les ruelles et leurs surprisesLe deuxième jour, levé à 5 h 30 pour éviter la foule. Nous avons grimpé les escaliers qui longent les murailles côté est, presque seuls. Le silence était remarquable—sauf les cris des goélands et un vendeur qui criait « souvenirrrs ! » depuis une boutique en bas. En haut, le panorama sur les toits en tuile rouge était effectivement spectaculaire, mais l'absence de bancs pour s'asseoir une demi-heure m'a frustré. Déjeuner à 11 h au Restaurant Onofrio, Placa principale. Les pâtes maison (« Pappardelle sa lignje »—poulpe frais) coûtaient 95 kunas (12 euros). Excellentes. Le vinaigre balsamique sur la sauce avait un goût presque aigre, agréable. Vin blanc local, Postup, très buvable. Assis à côté d'un groupe de Belges qui se plaignaient du prix, mais honnêtement c'était juste. Les îles et la galère du ferryMercredi, nous avions prévu une excursion aux îles Élafites (Šipan, Lopud, Koločep) via le ferry Kapetan Luka qui part du port touristique à 8 h 45. Nous étions à la gare maritime à 8 h 10. Le bateau n'est jamais venu. Un marin a dit « moteur problème, revient dans deux heures »—en croate, mais c'était clair. Nous avons attendu quatre heures au soleil, bu trois cafés au bar quai-side à 15 kunas chacun, avant que le ferry arrive vers 13 h. Aucune excuse, aucun remboursement. Nous avons quand même fait l'aller-retour. L'île de Lopud : plage de sable fin près du village, eau à 26°C exactement (j'ai eu froid au début, puis c'était bon). Un restaurant très simple, Taverna Princeza, servi une « brudet » (ragoût de poisson local) pour 120 kunas. Le cuisinier y avait mis du paprika, du safran peut-être, c'était riche et épais. Le retour au ferry à 17 h 15 : bateau plein, gens debout, la traversée sentait la sueur et le sel. Les marchés et les grottesLe marché Gunduliceva Poljana (jeudi matin) : agrumes, tomates, poissons fumés. Des vendeurs qui criaient le prix en même temps, c'était cacophonique mais vivant. Acheté des figues fraîches pour 8 kunas la livre, c'était sucré, presque trop. Une femme âgée vendait du fromage de chèvre « de sa montagne »—40 kunas les 250 g. On ne sait jamais si c'est vrai, mais le goût était rêche et salé, authentique ou pas. Visite à Trsteno Arboretum, à 30 km ouest. Pris le bus n°10 depuis la gare routière, un Autobuss Zagreb bringuebale, 25 kunas. Les jardins sont anciens, un peu négligés. Des fontaines en pierre du XVe siècle, de l'eau qui coule mollement. C'était calme, pas beaucoup de monde. Moment marquant : assis sous un pin parasol, j'ai écouté une Anglaise au téléphone dire à quelqu'un « oui, c'est très beau, mais très touristique maintenant, c'est dommage ». J'ai pensé que nous faisions pareil. Les derniers jours et les doutesSamedi et dimanche, nous avons quitté Dubrovnik pour Cavtat, 20 km au sud. Train côtier très lent, presque une attraction touristique elle-même (18 kunas, 40 minutes). Cavtat est plus petit, moins encombré, avec une baie en demi-lune. Vin rouge Dingac au restaurant Pod Velo, 80 kunas le verre, goût riche et tannique. Marché local le dimanche matin : six vendeurs, trois clients. Les prix affichés en deutsch-marks et kunas, comme si le temps s'était arrêté. Nous avons raté le bus de retour le dernier jour (numéro 10, 6 h 15) et avons dû prendre un taxi privé pour 280 kunas pour atteindre l'aéroport. Le chauffeur a dit que le tourisme détruisait Dubrovnik, que c'était mieux « avant »—il voulait dire avant 1991, probablement. Conversation inconfortable. Je n'ai pas su répondre.
Les bons plans repérés sur place.
Murailles de Dubrovnik au lever du soleil (5 h 30) : quasi seul avec les goélands, panorama sur les toits rouge-brique
Îles Élafites via ferry Kapetan Luka : plage de Lopud, brudet à la Taverna Princeza, eau turquoise à 26°C
Marché Gunduliceva Poljana le jeudi : figues fraîches 8 kunas, fromage de chèvre montagnard, vendeurs qui crient
Trsteno Arboretum (bus n°10, 30 km) : jardins du XVe siècle, fontaines en pierre, pin parasol centenaire
Restaurant Onofrio, Placa : pappardelle sa lignje (poulpe frais), 95 kunas, vinaigre balsamique aigre-sucré
Photos — Dubrovnik, Croatie (Yougoslavie)
Et au final.
Dubrovnik et les îles valent vraiment le détour, les odeurs d'Adriatique et le vin blanc blanc local resteront en tête. Mais la surcharge touristique est réelle, les transports peu fiables, et on sent une certaine lassitude chez les habitants. À revenir hors juillet-août, clairement.
