Comment ça s'est passé.
Levée à 5h30 à l'hôtel Fierro (San Telmo) pour attraper le bus 93 qui descend vers La Boca. Le soleil arrivait à peine, la rue était vide sauf pour les livreurs de medialunas. J'ai grillé une première cigarette en regardant les murs peints de la Caminito, cette fameuse ruelle où tous les touristes se font prendre en photo. Franchement ? C'est devenu un peu usine à selfies, avec les tango dancers qui posent contre les murs colorés pour 50 pesos la photo. Mais le matin, avant 8h, c'était juste à moi. Le premier vrai moment marquant, c'était au restaurant Bàsico (Perú 1098). On m'a servi un asado de tira pour 380 pesos (environ 12 euros). Les côtes traînaient dans la graisse, encore fumantes de la parrilla. J'ai senti cette odeur de bois brûlé qui reste trois jours sur les vêtements en Argentine. On m'avait prévenueque l'asado c'était sacré ici, mais comprendre intellectuellement et avoir de la viande qui fond en bouche, c'est deux choses différentes. Buenos Aires : où j'ai appris qu'on ne dit pas « buenos aires » mais « bouens aïres »J'ai passé 6 jours dans la capitale. Logée au Fierro (250 dollars la nuit, simple mais propre, accueil un peu froid). Le deuxième jour, j'ai pris le collectivo ligne 24 pour monter à La Recoleta. Classique, je sais. J'ai visité le Cementerio de la Recoleta, cette ville de morts qui ressemble à Versailles. Eva Perón est là-bas, dans une tombe avec des plaques dorées. On peut pas vraiment entrer dedans, mais on tourne autour et c'est étrange comme sensation, cette intimité forcée avec des gens qui ne savent pas qu'on regarde leur dernière adresse. J'ai raté le coucher de soleil au MALBA (Musée d'Art Latinoaméricain) parce que le métro ligne D était fermé pour travaux. Galère numéro un. J'ai du prendre trois bus différents pour y arriver, arrivée à 18h45 pour une fermeture à 20h. J'ai eu 75 minutes pour voir Frida Kahlo et les muralistes mexicains. Pas idéal. L'entrée coûte 200 pesos. Le tango, ça m'a décue franchement. J'ai payé 1500 pesos pour un « authentique spectacle » au Café Tortoni (Avenida de Mayo 825). C'était une vraie mise en scène, hommes en costumes serrés, femmes en robes rouges, violon qui gémit. Beau, oui, mais j'aurais voulu voir des gens qui dansent vraiment, pas une chorégraphie pour touristes. Les locaux dansent tard, dans des petits endroits, vers 2-3 du matin. Difficile d'y accéder si on ne connaît personne. Mendoza : les vendanges, la chaleur et une panne de minibusVol Aerolíneas Argentinas depuis Ministro Pistarini (c'est comme ça qu'on l'appelle, pas Ezeiza). 2h de vol. Le vin était gratuit, ça au moins c'était honnête dans une économie qui part en vrille. Mendoza change complètement. J'étais descendue au Diplomatic Hotel (150 dollars, très bien pour le prix). C'était décembre, la saison des vendanges. Sec, 38°C à midi. Les montagnes en arrière-plan, marron-ocre, sans un arbre. Les rues sont larges, plantées d'acacias, mais l'ambiance est moins dense qu'à Buenos Aires. J'ai loué une voiture Renault Clio chez Budget pour trois jours (270 dollars). Galère numéro deux : elle a eu un problème de refroidissement entre le vignoble Catena Zapata et celui de Carmelo Patti. Restée bloquée 45 minutes sur la Route 40 avec l'air climatisé qui ne fonctionnait plus. En décembre, ça sent. A attendu une dépanneuse qui ne parlait pas un mot d'anglais. On s'est sortie avec des gestes et du espanol phonétique. Catena Zapata valait franchement le coup. Leur Malbec 2019 à 15 dollars (merveilleux), et on pouvait le boire en terrasse face aux Andes. J'ai pris le Adrianna Vineyard Malbec : 1400 pesos la bouteille en magasin après. La nuit à Mendoza sentait sec et poussiéreux. Très peu de pluie ici. Je me suis assise au restaurant Azafrán (Chile 1330) : empanadas de carne (180 pesos), provoleta (fromage grillé, 220 pesos) et un verre de vin rouge local qui coûtait 80 pesos. C'était simple, gras, satisfaisant après deux jours en voiture. Le moment marquant numéro deux : le lever du soleil sur les vendanges. Levée à 6h à Maipú, petite région viticole à côté de Mendoza. Les cueilleurs arrivaient vers 6h30, paniers en osier. Le sol était rouge de raisin écrasé. Les oiseaux commençaient à faire du bruit. C'était pas du marketing, juste du boulot répétitif, mais voir la chaine entière du vin avant de le boire, c'était concret. Le retour à Buenos Aires en bus a pris 14h (bus Chevallier, 1800 pesos). J'aurais dû rester une journée de plus, la route était longue et mauvaise. Panne d'air clim dans le bus aussi (blague récurrente en Argentine, semble-t-il).
Les bons plans repérés sur place.
La Caminito avant 8h du matin (quand les touristes ne sont pas là, juste les peintres qui se réveillent)
Asado de tira au Bàsico, Perú 1098 (380 pesos, vous sentirez la viande 3 jours après)
Catena Zapata à Mendoza : Adrianna Vineyard Malbec en terrasse face aux Andes (1400 pesos en magasin)
Cementerio de la Recoleta le matin (gratuit, juste la respiration des morts et les angelus des pigeons)
Route 40 à Mendoza en fin d'après-midi (les montagnes virent au violet, inévitable et sans filtre)
Photos — Buenos Aires & Mendoza
Et au final.
J'ai aimé l'énergie des gens, la nourriture sans détour, et le vin qui coûte rien. Buenos Aires peut être un peu superficielle pour les touristes, et les routes entre les régions fatiguent. A refaire, probablement, mais plus courte et moins axée sur les spots connus.








