Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport Diori Hamani de Niamey un jeudi matin vers 9 h 30, complètement désorientés par la chaleur qui monte déjà à 38 °C même à cette heure. Notre taxi collectif Toyota Corolla blanc déglinguée a traversé la ville en slalomant entre les motos et les charrettes. Le chauffeur parlait un français approximatif mais nous a montré où chercher les bons restaurants en pointant du doigt. Nous avons déposé nos sacs à l'Hôtel Gaweye, rue de la Sirba à Niamey, une bâtisse coloniale avec des murs couleur ocre et un ventilateur qui ressemblait à une arme nucléaire les premières nuits. Le marché de Niamey, particulièrement le quartier de Talladjé en fin d'après-midi, m'a frappé par son bruit : des centaines de voix qui crient les prix, des motos pétaradantes, et des vendeurs qui vous hèlent à chaque pas. L'odeur était écrasante—un mélange de poisson séché, d'épices brûlées et d'essence qui s'écoule des bidons. On a goûté les brochettes de viande (brochettes) auprès d'un vendeur ambulant près de la mosquée de Niamey : 500 francs CFA les trois brochettes, saveur intense de sel et de charbon. C'était bon mais j'avais des crampes le lendemain. C'est un truc qu'on peut pas trop ignorer quand on voyage—l'eau, c'est vraiment la question numéro un. Le mercredi, nous avons pris la minibus SNTV depuis la gare de Niamey direction Agadez. Dix-huit heures assis sur un siège qui ne s'inclite pas, avec le type à côté qui prenait les trois quarts de la place. La route traversait le désert du Ténéré, complètement plate, monotone, époustouflante par son immensité. À Agadez, vers 2 h du matin, on a débarqué chez Hôtel de l'Air, une petite structure sympathique tenue par un Français qui savait tout sur les circuits touristiques. Il nous a conseillé le restaurant La Maison du Touareg pour dîner : couscous à la viande de chameau pour 3 500 francs CFA, riz au poulet pour 2 500. La viande était tendre, mais rien de transcendantal. La découverte du désertOn a pris contact avec Ahmed, un guide touareg qu'Hôtel de l'Air nous a recommandé. Trois jours en 4x4 Toyota Hilux, départ à 5 h du matin. Il faisait tellement froid à cette heure qu'on tremblait avec nos sweats, impossible de l'imaginer en débarquant la veille. Le thermomètre a grimpé à 42 °C vers 14 h. On s'est arrêtés dans un petit village erg de Bilma pour essayer la soupe locale, une sorte de bouillon de lentilles avec pain sans levain. Ahmed a chanté quelque chose en tamasheq pendant qu'on mangeait, assis par terre sur des nattes. C'était étrange mais touchant, un moment où on s'est sentis vraiment ailleurs. L'un de nos pneus a éclaté près de l'oasis de Timia. Ahmed a dû le réparer avec des bandes de chambre à air et du caoutchouc brûlé. On a attendu deux heures sous le soleil, incapables de faire grand-chose. C'est là que j'ai réalisé combien on dépendait du guide, combien la situation pouvait basculer vite si quelque chose se passait vraiment mal. Ahmed restait calme, roulant une cigarette à la main. À Timia même, on a bu du thé à la menthe sucré préparé par la femme d'Ahmed dans sa maison de banco. L'odeur du bois brûlant, l'humidité bizarre d'une oasis en plein désert—ça crée une sorte de désorientation physique. Retour à NiameyDe retour à Niamey après une semaine, on s'est offert un jour de repos au Complexe Touristique de la Plage de Niamey, sur le Niger. L'eau était chaude et terreuse, pas claire du tout. Les gens du coin nageaient tranquillement. On y a mangé du riz au poisson local, du capitaine selon le vendeur, pour 2 000 francs CFA. Vraiment frais, le petit filet sortait probablement de l'eau une heure avant. Avant de partir, on a pris des artisanats au marché d'Agadez : tissus indigo touareg, sculptures en bois. Le vendeur nous a surcoté de 25 % au premier prix, on a négocié ferme mais jamais on saura si c'était vraiment juste. C'est une question qui vous taraude après. L'avion Air Burkina de retour décollait à 17 h 45 de Niamey. Vol cahoteux, trois heures jusqu'à Ouagadougou, puis correspondance.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Talladjé à Niamey (fin d'après-midi, avant 18 h) : poisson séché et épices, vrais prix locaux
Hôtel Gaweye à Niamey (rue de la Sirba) : propre, petit-déj inclus, ventilo bruyant mais efficace
Circuit 4x4 Timia-Bilma avec Ahmed (guide touareg, demander à Hôtel de l'Air) : 3 jours, 90 000 francs CFA
Restaurant La Maison du Touareg à Agadez : couscous chameau à 3 500 francs, terrasse vue sur la mosquée
Oasis de Timia : thé menthe chez l'habitant, moment hors du temps, environ 1 000 francs CFA
Photos — Niamey et Agadez
Et au final.
Le Niger m'a laissé épuisée mais pas déçue. Agadez et le désert restent gravés, mais Niamey m'a semblée bruyante et chaotique sans vraiment nous offrir de repères culturels clairs. La chaleur constante finit par user, et les risques sécuritaires (même si nous n'avons rien eu) restaient une angoisse sourde.
