Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Niamey en fin d'après-midi, le 12 février. La piste de l'aéroport international Diori Hamani était en travaux (c'était surréaliste : des ouvriers avec des pelles manuelles sous 35°C). Le vol Air Niger depuis Paris avait deux heures de retard. Dès la sortie de l'avion, l'air chaud et poussiéreux m'a pris à la gorge, un mélange de chaleur sèche et d'odeur de carburant qu'on ressent longtemps après. Notre hôtel, le Tenere Hotel rue de Dosso, n'était qu'à 15 minutes en taxi du centre. Le patron, Amadou, nous a conseillé de nous reposer avant d'explorer. La première vraie galère : pas d'eau chaude les deux premiers jours (le système était en panne). C'était franchement désagréable après un vol épuisant. Les ventilateurs tournaient à fond, mais à 37°C dans la chambre, ça changeait peu. Marché de Niamey et premier choc sensorielLe 13 au matin, levés à 6h30, nous avons pris un taxi collectif (2000 FCFA par personne, environ 3€) jusqu'au Grand Marché près de la Grande Mosquée. L'odeur d'épices, de poisson sec et de cuir frappait fort. Les cris des vendeurs, les négociations, les bêlements des chèvres : c'était un mur sonore. J'ai acheté des tissus indigo aux motifs géométriques chez Fatima, une vendeuse de 60 ans qui m'a fait un prix sympa (45000 FCFA pour 3 mètres, soit 70€). Nous avons mangé des beignets à la viande (beignets à l'arachide, 500 FCFA) chez une dame sans enseigne, juste un petit feu de bois. C'était chaud, gras, délicieux. Vers midi, nous avons visité le Musée National du Niger rue de Dosso (3000 FCFA d'entrée). Les collections sur l'empire de Songhaï étaient intéressantes, mais les salles n'avaient pas l'air climatisé. Un gardien s'endormait près des vitrines. Pas vraiment organisé, mais on sentait l'effort. Route vers Agadez : 18 heures de galèreLe 14 février à 6h du matin, départ en minibus avec la compagnie Azalai de Niamey vers Agadez (2000 km). Le minibus, prévu pour 8 personnes, en contenait 14. Plus deux sacs de riz sur le toit. Le chauffeur, Ibrahim, fumait des cigarettes sans arrêt. Les routes jusqu'à Maradi étaient bonnes, mais après Maradi, c'était du sable et des pistes. À Maradi (arrêt de 45 minutes), nous avons mangé de la soupe d'arachide avec riz au restaurant Le Carrefour (1500 FCFA). Vraiment savoureux, épicé juste ce qu'il faut. Après Maradi, le paysage devient désertique. Les arbres s'espacent, la couleur du sol passe à l'ocre. Vers 16h, le minibus a eu une crevaison. Arrêt 2 heures en plein désert, 45°C. Pas d'ombre. Nous avions acheté 5 litres d'eau à Niamey, c'était juste. Pendant que les mécaniciens réparaient, une dame du village voisin est venue nous vendre du thé à la menthe (bouilli dans du sable, littéralement) pour 200 FCFA. Le goût était étrange, légèrement sucré, mais revigorant. Nous sommes arrivés à Agadez à 1h du matin. C'était long, usant, et je n'avais pas dormi 24h. Agadez : le silence du SaharaL'hôtel Aïr, rue de l'Indépendance, était simple mais propre. 15000 FCFA la nuit (23€). Le 15 février à l'aube (5h30), nous nous sommes levés pour voir la ville avant le chauffeur extrême. La Grande Mosquée d'Agadez, avec son minaret de 27 mètres en banco (terre cuite), dominait tout. C'est un des rares monuments du Nigeria (ah non, du Niger) intact depuis le 15e siècle. L'intérieur était simple, frais grâce à l'épaisseur des murs. Un moment fort : prier (ou rester assis) dans ce silence, avec juste la lumière qui passait par les petites fenêtres carrées. Le muezzin a appelé à la prière de l'aube, et la voix résonnait sous la voûte. Nous avons passé deux jours entiers à Agadez. Le marché local était moins frénétique que celui de Niamey. Nous avons acheté du natron (sel minéral, 1000 FCFA) et des dattes de très bonne qualité chez Ahmed (petit vendeur sans échoppe fixe, juste une natte par terre). Le soir, café au Café Sahel (600 FCFA le café noir, amer), assis dehors, regardant les ombres s'allonger sur le sable. Pas de touristes. Juste nous et quelques hommes âgés. Retour à Niamey et bilanLe retour en minibus le 17 février était un peu moins terrible (le chauffeur avait changé, moins de fumée). Nous avons visité la Réserve Naturelle de Dosso (20000 FCFA l'entrée pour deux) en jeep avec un guide local. C'était vrai que les giraffes étaient là, les éléphants aussi, mais de loin. Beaucoup d'attente, très peu d'action. Pas à la hauteur du prix. Avant de partir le 19 février, dernier dîner au Restaurant Tellit (route de Dosso) : poisson grillé, sauce arachide, riz (7500 FCFA). C'était bon, bien préparé. Le Niger ne donne pas l'impression d'être touristique. Les gens étaient gentils, mais sans intérêt commercial apparent.
Les bons plans repérés sur place.
Grande Mosquée d'Agadez : minaret de banco du 15e siècle, intérieur glacial et calme le matin
Grand Marché de Niamey : chaos organisé près de la Grande Mosquée, indigo et épices, vendeurs agressifs mais honnêtes
Minibus Azalai Niamey-Agadez : 18 heures mémorables, crevaison en plein désert, thé au sable à 45°C
Café Sahel à Agadez : terrasse sans électricité, café noir très amer, vrai silence du désert
Beignets du Grand Marché : 500 FCFA la portion, frits à la viande, servis par une dame sans enseigne
Photos — Niamey / Agadez
Et au final.
Deux semaines difficiles mais marquantes. Le Niger reste compliqué d'accès (les routes, l'eau, la chaleur). Agadez, c'est l'essentiel à retenir : une paix qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Le reste (Niamey, les parcs) était plus ordinaire que prévu.
