Comment ça s'est passé.
Arrivée à Niamey par Air Algérie, vol DE 701 à 23h45. L'aéroport Diori Hamani n'a pas de jetway, on descend sur le tarmac sous une chaleur qui tape à 34°C même en novembre. Les douaniers sont lents mais corrects. J'ai pris un taxi officiel depuis le comptoir de la mairie (4500 FCFA pour rejoindre le centre) plutôt que les rabatteurs qui nous harcelaient. Hôtel Niamey : 65 euros la nuit, chambre avec clim qui fonctionne à peu près. Le restaurant de l'hôtel sert du riz sauce arachide correcte (2500 FCFA). La vraie découverte a été le marché de Niamey-2, vers 7h du matin. Les odeurs de grillades, de tomate pourrie et d'encens se mélangent. J'ai commandé du mil à la sauce d'oignon au vendeur Mamadou (demander à côté de la mosquée, impossible de se tromper) : 1000 FCFA, servi dans un plateau émaillé bleu. C'était salé, un peu trop, mais authentique. Le musée du Niger m'a déçu. Fermé deux fois sur trois, les vitrines étaient poussiéreuses. On arrive à entrer le jeudi après 14h, 3000 FCFA l'entrée. Les statues Nok sont belles mais mal éclairées. J'y suis allé avec un guide local (Issouf, contacté via l'hôtel) qui connaissait les histoires cachées derrière les pièces, ça change tout. Le trajet Niamey-Agadez en minibus (SNTV, compagnie semi-officielle) : cauchemar. Bus Urbus immatriculé AA 2341 NK. Départ prévu 6h, je me suis pointé à 5h30, et le bus n'a quitté le gare de Wadata que vers 8h15. Chaleur infernale dedans, pas de clim. Le chauffeur écoutait du raï à fond, impossible de dormir. En route, panne de la pompe à eau près de Dosso vers 13h. Attente 45 minutes sous l'arbre. Un enfant vendait des petits pains chauds (500 FCFA) : je les ai avalés sans vraiment les apprécier, trop stressé. Arrivée à Agadez à 21h30. Douze heures de trajet pour 460 km. Ne pas refaire. Agadez : capitale de l'Aïr. Hôtel Tellem (38 euros, dortoir avec moustiquaires) situé près de la Grande Mosquée. La mosquée elle-même (édifice du XVIe siècle, 5000 FCFA pour entrer avec guide) est imposante, son minaret en argile domine la ville. On la voit de partout. Le soir, les muezzins psalmodient vers 18h30, le son voyage jusqu'à l'hôtel. C'est envoutant, même si je ne suis pas croyant. Excursion dans l'Aïr organisée par l'agence Timidria (rue du commerce, à côté du marché). Trois jours dans le désert pour 450 euros avec guide Abdoul, chameau, cuisine au feu. Les nuits étaient froides (15°C), on grelottait sous une couverture épaisse. J'ai vu les formations rocheuses de l'Aïr au lever du soleil (5h45) : formations géologiques hallucinantes, ocre et noir. Le moment marquant : Abdoul m'a montré un fossile de poisson incrustée dans une roche. Il disait « ici, c'était l'océan, il y a 100 millions ans ». Moment de vertige historique, assis sur une pierre dans le silence complet du désert. Le gros problème : une arnaque à l'agence. On m'a fait payer 120 euros supplémentaires une fois sur place pour un « permis de bivouac » qui n'existait pas. Je me suis énervé, Abdoul a réagi avec calme et m'a remboursé 80 euros sans discuter. Les 40 euros perdus restent une amertume. Nourriture à Agadez au restaurant Tin Tafaras (place du marché) : couscous avec sauce viande-légumes pour 2800 FCFA, correcte. Le café du coin (noir, très fort) : 300 FCFA. L'eau à demander partout (en bouteille fermée, 500-800 FCFA selon les vendeurs). Retour à Niamey en bus Gazelle, plus petit, plus rapide (8h) mais plus inconfortable. Arrivé intact le jour avant mon vol.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Niamey-2 à l'aube (riz sauce arachide, 1000 FCFA, vendeur Mamadou près de la mosquée)
Minaret de la Grande Mosquée d'Agadez (XVIe siècle, 5000 FCFA l'entrée avec guide, 18h30 appel à la prière spectaculaire)
Bivouac dans l'Aïr (3 jours avec Abdoul, formations rocheuses à 5h45 du matin, 450 euros via agence Timidria)
Musée du Niger jeudi après 14h (vitrines poussiéreuses mais Nok magnifiques, 3000 FCFA, guide Issouf recommandé)
Marché d'Agadez (pains chauds 500 FCFA, tissus indigo, chaotique et vivant)
Photos — Niamey / Agadez
Et au final.
Niger m'a donné ce que je cherchais : solitude désertique, gens généreux mais marchands. Niamey reste un peu sale et désorganisée, les transports sont une plaie. Agadez et l'Aïr valaient le coup malgré l'arnaque.
