Comment ça s'est passé.
On a décidé de partir en septembre (printemps austral), période idéale. Vol Air France jusqu'à Santiago, arrivée vers 23h30. L'aéroport Comodoro Arturo Merino Benítez est en banlieue, à 15 km environ. Taxi officialisé jusqu'à l'hôtel Singular Santiago (rue Lastarria) : 25 000 pesos, soit environ 30 euros. La chambre était petite mais la vue sur les Andes en fond de cour valait le coup. Première vraie journée à Santiago. Levé à 6h pour ne pas gâcher, on a flâné dans le quartier bohème de Bellavista avant que la foule ne débarque. Petit-déjeuner au Café Tal (coin Lastarria et Pio Nono) : un cortado et un pan de queso pour 4 500 pesos. Pas fantastique mais correct. Le fromage était sec, presque élastique. Ce qui m'a surpris : l'odeur de gaz d'échappement qui flotte partout à Santiago. Pas désagréable, juste prégnant. On a monté à la Terraza Bellavista en funiculaire (numéro 19, 2 200 pesos aller-retour) pour voir la ville. La vue était étouffée par une brume de pollution, malgré les promesses des guides en ligne. La galère des transports et le marché Deuxième jour, on s'est perdus en cherchant le Mercado Central (rue 21 de Mayo). Le métro Santiago est bon marché (780 pesos le ticket simple) mais confus si on ne connaît pas les correspondances. On a pris la ligne 1 en mauvaise direction et on a dû redescendre. Le marché lui-même était un chaos de poissonniers et de touristes. On a commandé une cazuela de mariscos au restaurant Donde Augusto (fond à gauche du marché) : 14 000 pesos pour un plat de fruits de mer en sauce avec pain. C'était salé, très salé, mais les crevettes étaient fraîches. On voyait des hommes manutentionner des boîtes de poissons à 6h du matin, scène peu commune en Europe. Santiago, c'est aussi le Palacio La Moneda. On a attendu 45 minutes pour une visite guidée gratuite (départ 10h, 14h, 16h). Le bâtiment en lui-même est sobre, moins impressionnant que ce qu'on attendait. Cour intérieure bien gardée, tapisseries anciennes, c'est correct. Plus intéressant : le Musée d'Art Précolombien (Esplanada nord), 10 000 pesos l'entrée. On y a passé 2 heures. Les poteries et les textiles Mapuche étaient bien mis en scène. Vers le nord, l'Atacama enfin Jeudi 6h du matin, bus avec LATAM pour San Pedro de Atacama. On avait hésité avec Sky Airline (moins cher de 30 euros) mais LATAM était plus fiable selon les avis. Vol interne, 3h, 89 000 pesos par personne. Vue aérienne sur la cordillère des Andes, franchement magn— non, c'était juste blanc, glacier partout. Le désert est apparu d'un coup : ocre, complètement vide. Atterrissage à Calama, puis transfert en navette partagée (30 000 pesos pour 2, 1h30 jusqu'à San Pedro). San Pedro de Atacama nous a choqués. On s'attendait à un village, on a trouvé un village très organisé pour touristes. Hôtel Atacama Cultura (rue Caracoles) : 65 euros la nuit pour une double avec patio. Pas démesuré mais pas donné non plus. Restaurants à la pelle, agences de trekkings partout. On a eu un moment sympa en marchant au hasard vers 18h : le soleil descendait lentement sur les montées de sel, le ciel virait orange, rose, puis mauve. Le vent s'était calmé et les sons du désert remontaient (croassement de quelque chose, peut-être un oiseau). C'était réellement tranquille. Excursions Atacama Nous on voulait des randos sans agence. Raté : les accès aux sites (Laguna Cejar, Valle de la Luna, Salar de Atacama) sont contrôlés par des checkpoints. Forcément passé par une agence locale (Atacama Nomada), 180 000 pesos pour deux jours complets. Guide parlait espagnol et mauvais anglais, ça s'est débrouillé. Jour 1 : leverdu soleil à l'Ojo del Salar (petit lac de montagne, 4 300m d'altitude). Départ 5h, route cahoteuse pour arriver à 6h30. Température : -8°C, on grelottait même avec pull et veste. Le lever était bon. Puis Tebinquinche (autre lagon), déjeuner de bocadillos tièdes, bien décevant. Valle de la Luna l'après-midi (coucher, grosse classique). C'était multicolore, c'est vrai, mais très visité. Douche à 17h à l'hôtel. L'eau était minéralisée, on sentait le sel partout. Jour 2 : Laguna Cejar. On s'est baignés dans l'eau turquoise (17°C, correcte). Très salée, on flotterait dessus. Le paysage des montagnes bleues en arrière-plan était sympa. Salar de Atacama en fin de journée (plats de sel blanc pur, horizon illimité). On y est restés jusqu'au crépuscule. En vrai, c'était un moment marquant, pas la beauté mais le silence et l'espace. On ne voyait pas d'autre humain à la ronde. Dernier jour à San Pedro avant le retour : marché artisanal rue Caracoles (tissus, objets de bois, pierres). Bière locale (Austral) au bar La Tiesta vers 19h, 7 000 pesos le demi-litre. On a discuté avec d'autres voyageurs (couple belge, une fille australienne). Restauà La Estaka pour le dernier repas : empanadas de queso y huevo, 5 000 pesos chacune. Correct. Le retour à Santiago en bus longue distance 23h (VBus, autobus pas neuf mais fiable), on a dormi 5 heures. Retour à Paris le lendemain.
Les bons plans repérés sur place.
Musée d'Art Précolombien (Esplanada, Santiago) – les textiles Mapuche justifient vraiment la visite
Termes naturels de Puritama (accès depuis San Pedro, 25 km) – eau chaude à 60°C en plein désert
Laguna Cejar – se baigner flottant dans l'eau turquoise au coucher du soleil
Mercado Central Santiago (rue 21 de Mayo) – chaos total mais fruits de mer frais et bon marché
Salar de Atacama au crépuscule – immensité blanc cassé, zéro signal réseau, vraiment autre chose
Et au final.
Le Chili, c'est franchement deux mondes différents : Santiago encombré et pollué d'un côté, Atacama minimaliste et épuisant de l'autre. On ne regrette rien. Le seul vrai point noir, c'est la pollution à Santiago et les galères de transport quand on sort des circuits touristiques. Mais l'Atacama aurait pu justifier le voyage à lui seul.