Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport Arturo Merino Benítez à 14h, sous un soleil qui cognait sec. Le trajet en taxi jusqu'à l'hôtel Presidente dans le quartier de Providencia a pris 45 minutes dans les embouteillages de la Gran Avenida. La chambre donnait sur des toits gris, pas vraiment le décor qu'on imaginait. Premier soir, on s'est traîné jusqu'au restaurant Astrid y Gastón près de la Alameda : pour 85 000 CLP (environ 95 euros), on a eu un menu dégustation correct mais pas transcendant. L'humidité était étouffante à 21h. Le lendemain, levé à 5h45 pour attraper le bus Pullman 636 direction le nord. Trajet de 22 heures jusqu'à San Pedro de Atacama. On a dormi assis, c'était galère. Le chauffeur s'était trompé d'arrêt et nous a déposés à 5km du centre. On a marché en pleine nuit avec les sacs à dos—pas malin. Finalement un mototaxi nous a pris pour 15 000 CLP. La sensation du froid du désert à l'aube, ça, c'était vrai. Peau qui se dessèche d'un coup. À San Pedro, on s'est posés à l'hôtel Desert Adventure, une petite auberge de 12 chambres avec patio intérieur. La proprio, Carmen, nous a recommandé de visiter la Vallée de la Lune en fin d'après-midi pour éviter les tours organisés. On y est allés seuls, loyer de 4WD à 80 000 CLP. Le coucher de soleil sur les formations rocheuses rouges et ocre était vraiment saisissant. Le silence absolu du désert, juste le vent dans les ravins. Pas de « magie », juste du calcaire, du sel et une clarté qu'on ne voit pas ailleurs. Le troisième jour à l'Atacama, on s'est levés à 4h du matin pour rejoindre un groupe à la Laguna Cejar, une lagune salée où on flotte comme à la Mer Morte. Dès 6h, il y avait déjà trois bus devant nous. L'eau était chaude (29°C), très agréable, mais sentait l'œuf pourri—le soufre. Petit-déj après au café Ayllu : café pasable, empanadas au fromage pour 8 000 CLP pièce. On a croisé un couple de Français arnaqué par un « guide » qui leur avait fait payer 120 000 CLP pour une demi-journée sans organisation. On a eu de la chance avec nos réservations. Retour vers Santiago en bus Turbus le 10e jour. On avait envie de vérifier que la capitale avait plus à offrir. Hôtel Lastarria Boutique, chambre spacieuse mais la douche était froide (chauffe-eau cassé, pas réparé). On a traîné dans le musée La Chascona, maison de Pablo Neruda : 8 000 CLP par personne, collections hétéroclites de l'écrivain, intéressant pour 45 minutes. Le quartier Bellavista juste à côté est envahi de restaurants touristiques. On a mangé au marché central, à La Vega, un poisson à la plancha servi avec frites pour 14 000 CLP. Les odeurs de poisson frais et d'oignon grillé, ça résume bien le marché—pas glamour, authentique d'une autre manière. Derniers jours, on a marché dans le quartier résidentiel de Ñuñoa, loin des tours. Boulangerie Bread & Co, croissant très correct pour 3 500 CLP. On a pris le métro ligne 1 vers le sud juste pour voir. Les murs du secteur Santa María de la Cruz étaient couverts de tags et de graffitis politiques—pas le Santiago qu'on vend dans les brochures. C'était cru, un peu angoissant même le soir, mais vrai. Avant le départ, visite rapide de la Basilica de Maipú au pied des Andes. Vue dégagée sur la cordillère depuis le parvis. 30 minutes suffisaient. L'été austral (janvier) combiné à la pollution urbaine créait une brume jaune au loin.
Les bons plans repérés sur place.
Vallée de la Lune (San Pedro de Atacama) : location 4WD et coucher de soleil seul, sans les foules
Marché central La Vega (Santiago) : poisson à la plancha le midi, moins cher qu'en restau
Laguna Cejar : l'eau salée à 29°C, mais arriver avant 6h du matin
Bus Pullman 636 Santiago-Atacama : expérience brute, mais préparez le mal de dos
Museo La Chascona (Bellavista) : 45 min pour 8 000 CLP, curiosité plutôt que grand site
Et au final.
Le Chili, c'est deux pays : un désert du nord minéral et brutal, une capitale chaotique et grise. Le contraste fait la force du voyage, mais il faut accepter que Santiago ne fait pas rêver et que l'Atacama coûte cher (essence, guides, hébergement). On reviendrait plutôt vers le sud, vers la Patagonie, qu'on n'a pas vu.